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Interview - Brain Dead

17 janvier 2009 | Par : Quentin Meignant

Le film avec le plus de têtes détruites de tous les temps !

Kevin Tenney est ce que l’on peut appeler un petit génie. Véritable passionné de cinéma, il remporte un Emmy Awards alors qu’il est encore aux études. Il entame alors une carrière qui, après Ouija, le mènera tout droit au légendaire Witchboard en 1986, film qui fera sa renommée. Il enchaîne alors avec Night of the Demons qui marquera les esprits avant de multiplier les petites productions.

En 2006, il crée sa propre boite de production, Prodigy Entertainment, avec son ami Greg McKay, dans l’optique d’offrir une séquelle digne de ce nom à son Witchboard chéri. Histoire de faire connaître sa boîte, il décide néanmoins d’entamer sa carrière de réalisateur/producteur par Brain Dead, un zombie flick ultra-gore. Se targuant d’être le film avec le plus de têtes démolies de toute l’histoire, Brain Dead fait et fera encore du bruit.

Pour en savoir plus, partons à la rencontre d’un passionné du genre qui ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin...

Bonjour Kevin. Vous êtes entré dans le monde de l’horreur avec les fameux Witchboard et Night of Demons. Quel est le meilleur souvenir de votre carrière entamée sur les chapeaux de roues ?

J’ai toujours voulu faire des films. Déjà durant ma scolarité, je voyais une ruelle et je me disais : « Ce serait un lieu cool pour un film ». Quand j’étais en sixième, Bell & Howell sortit avec une caméra super 8 qui pouvait être branchée à un enregistreur de cassette ; la caméra se synchronisait avec l’enregistreur chaque fois que tu appuyais sur ON. Donc tu branchais l’enregistreur au projecteur et la cassette synchronisait le son et l’image projetée. Il n’était bien sûr pas question d’un quelconque montage après coup et tu devais tout tourner à la suite. J’ai supplié mes parents de m’offrir la caméra, le projecteur et l’enregistreur de cassette pour Noël et, malgré le prix élevé, ils ont accepté. S’ils ne l’avaient pas fait, je ne serais sans doute qu’un simple vendeur de voitures à l’heure actuelle ! Ma première production fut donc un film de gangsters de 20 minutes,mettant en scène mes camarades de sixième se faisant passer pour des adultes. C’était vraiment affreux, mais cela m’a rendu accro à la réalisation dès cette époque.

Après l’école secondaire et l’obtention des prix Associative Arts Degrees en drame et de Télécommunications dans mon collège local, j’ai rejoint l’Université de Californie du Sud.J’ai essuyé 3 refus du Film Department, mais je les ai tellement harcelés que j’y suis arrivé ! L’année suivante, j’ai fait un film de préparation à la licence, War Games, qui remporta un Emmy Awards. Et, deux ans plus tard, mon film de fin d’études, The Book of Joe, fut projeté à Hollywood et encensé par l’ensemble de la communauté cinématographique. J’ai alors obtenu un agent à l’ICM,mon propre bureau au Columbia Studio Lot, et un marché concernant 3 films avecle producteur/réalisateur Ivan Reitman (Ghostbusters, Stripes) alors que j’étais encore à l’université. J’ai écrit un scénario complet au cours d’écriture de scripts, il s’intitulait Ouija. Ce n’était pas le premier scénar de long-métrage que j’écrivais, mais c’était par contre mon premier script horrifique. Un de mes camarades de classe connaissait une personne impatiente de faire son entrée dans le business du cinéma. Il lui a alors montré mon scénar et il a bien aimé. Il commença à réunir des fonds pour Ouija alors que j’étais encore à l’école. Il ne me restait plus grand chose pour obtenir mon Master quand il m’a appelé pour me dire qu’il avait réuni l’argent nécessaire. Donc, j’ai quitté l’école pour Ouija, lequel a été rebaptisé Witchboard, mon premier film professionnel. Sans avoir mon Master, j’avais donc dirigé mon premier long-métrage qui eut les honneurs d’une cinquième place au box-office avec 1100 projections en une petite semaine à travers tout le pays. Le rêve devenait réalité et c’était l’aboutissement de tout un travail. Après bien des années, je me rappelle encore le plaisir éprouvé sur ce premier plateau de tournage.

D’où vous est venue l’idée de créer Brain Dead, le film avec le plus de têtes explosées de l’histoire du cinéma ?

Je doute que nous ayons explosé plus de têtes que dans certains autres films. Je pense qu’il n’y a en fait que deux têtes explosées. Mais, pour le reste, elles sont déchirées ou mises en morceaux.J’ai en fait demandé à un ami d’école, Dale Galineau, de m’écrire un scénario. Dale me pondit Slash, l’histoire d’un groupe de personnes coincé dans une cabane abandonnée au milieu de nulle part. Ces derniers se retrouvent aux prises avec une araignée géante mangeuse d’hommes venant des bois environnants. Les dialogues étaient supers et les personnages incroyablement amusant, mais cette araignée géante était impossible à créer avec un petit budget (en 1989, après Witchboard et Night of the demons). Des années plus tard, j’ai fondé ma propre boîte de prod, Prodigy Entertainment, avec mon partenaire Greg McKay. J’aimais toujours le script de Dale, mais l’araignée posait encore problème. Celui-ci a été résolu quand nous avons décidé de changer l’araignée en zombie et que nous avons transformé le scénario pour en faire Brain Dead.

Toutes ces têtes explosées, c’est vraiment gore. Combien de litres de sang avez-vous utilisé ?

Honnêtement, je ne sais pas. Mais c’était vraiment beaucoup.Il y en avait sur tout et tout le monde ! Nous étions constamment en train de nettoyer dès que la caméra s’arrêtait !

Quels artifices avez-vous utilisés pour ne pas que toutes ces explosions semblent monotones ?

Je ne voulais pas concevoir Brain Dead comme un monotone Zombie flick de série passant de tirs dans la tête à d’autres tirs dans la tête. C’est malheureusement trop souvent le cas dans les films d’horreur low budget. Je voulais un film cool, des morts bien gores et que donc, chaque blessure à la tête soit différente ; une tête explose à coups de shotgun, une autre est déchirée en deux du front au menton, un gars se retrouve avec un trou dans la tête,un autre est décapité,... Par ces choix, j’ai l’espoir que chaque mort soit un choc et une surprise.

La première projection du film s’est déroulée le 17 octobre 2007 au Terror Film Festival. Quelles ont été les réactions du public ?

Je me suis arrangé pour assister à 6 ou 7 de la vingtaine de festivals dans lesquels Brain Dead a été projeté. Et, chaque fois, la réaction du public a été incroyable.Il a ri et crié à chaque instant. Le public de San Fransisco a hurlé de plaisir à la projection et l’une des projections anglaises a fait l’objet d’une standing ovation. Et j’ai aussi entendu que les publics

Déjà 5 récompenses, dont celle de meilleur long-métrage à Rhode Island, c’est un beau succès. Espériez-vous un tel résultat en sortant le film ?

Actuellement,nous avons en fait gagné 9 récompenses et sommes nominés pour une dixième. C’était le premier film de notre compagnie et nous avons fait ça avec un très très petit budget, donc nous sommes enchantés de notre succès. Quand nous avons commencé à nous adresser aux festivals, nous espérions juste être acceptés par une partie d’entre eux. Maintenant, le films est joué un peu partout depuis l’année passée et nous avons eu de très bons retours. De plus,nous avons gagné 4 récompenses du meilleur film, 4 des meilleurs effets spéciaux et un du meilleur scénariste. Et on a encore une nomination pour le meilleur scénario.

Dans un film pareil, les special effects make-up sont très importants. Comment s’est déroulée votre collaboration avec le spécialiste Gabriel Bartalos ?

Nous avons été en étroite collaboration, nous avons mis au point les effets réels et photographiés. C’était important, mais chaque film que nous avons fait avant étaient tournés en 35 mm. Pour faire des explosions au shotgun, tu remplis une tête modelée avec des explosifs et tu filmes l’explosion en mouvement lents. Tu dois shooter comme ça, parce que l’explosion est violente et que ça réduit directement la tête en morceaux. Tournée en temps réel, la tête semblerait simplement disparaître. Mais Brain Dead est notre premier métrage digital, et les caméras digitales ne peuvent pas shooter les mouvement lents nécessaires pour capter une explosion de tête. Donc, Gabe a entaillé des têtes modelées et les a fait sauter avec de l’air comprimé. Cela permettait que les explosions soient assez lentes que pour être capturées par des caméras digitales.

Les photos de tournage sur le site officiel semblent indiquer que vous avez pris un pied d’enfer en tournant. Comment s’est déroulée la fabrication du film ?

Nous avons tourné Brain Dead en 19 jours, sous une température de 135 degrés farenheit. Les conditions étaient difficiles, mais j’ai passé un bon moment. Tu fais sauter des choses et tu traînes avec de superbes filles toute la journée. Comment ne pourrait-on pas trouver ça fun ? J’ai eu pas mal de jobs très physiques avant d’entrer chez USC, y compris dans la construction, et j’ai toujours dit : « Mon pire jour sur un plateau est toujours bien meilleur que mon meilleur jour sur un chantier ! »

Vous avez créé voici peu la société Prodigy Entertainment. Dans quel but ? Avez-vous déjà de nombreux projets ?

Nous avons créé Prodigy Entertainment pour réaliser un autre scénario de moi, The Board. Je l’ai originellement écrit pour être une séquelle de Witchboard, mais le distributeur était effrayé car il était elle était tout à fait différente de l’original. Bien sûr, c’est lui qui a fait appel à moi, mais il a insisté pour que je fasse un film dans la lignée du premier. Donc The Board a été mis en sommeil et j’ai dirigé Witchboard 2. Mais quand nous avons formé Prodigy Entertainement, nous voulions faire The Board avec un plus gros budget. Avant de pouvoir financer de projet, nous avons décidé de réaliser Brain Dead. Mais Greg et moi avons obtenu les droits de Witchboard, donc maintenant, nous pouvons mettre sur pieds un remake, que j’écrirai et réaliserai peut-être. The Board sera donc la séquelle du remake, il est déjà écrit et prêt à être mis en boîte !

Le tournage de votre prochaine production, Night of the demons d’Adam Gierasch (Autopsy) est en cours. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Quand Greg et moi avons obtenu les droits de Witchboard de la part de la Blue Rider Pictures, ces derniers nous ont offert une option libre pour Night of the Demons. Greg et moi avions déja parlé à Seven Arts Entertainment pour le financement du remake de Witchboard mais nous avons été incapables d’en convenir les termes. Dès lors, nous avons trouvé des accords pour Night of the Demons. Nous en avons récemment terminé la production. Le scénario a été écrit par Jace Anderson et Adam Gierasch qui a aussi endossé le rôle de réalisateur. Tout le monde est vraiment excité et nous espérons une sortie au cinéma aux Etats-Unis, mais on serait déjà heureux si les fans appréciaient autant le remake qu’ils ont aimé l’original. Et on promet de tout faire pour ça !

(Interview réalisée par Mae-Nak)

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