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Interview - Il faut bouffer la dinde !

21 février 2009 | Par : Quentin Meignant

Interview exclusive de Jordan Downey !

Black Sheep avait ses mouton tueurs, Isolation ses vaches mutantes, Eclosion ses cafards intrusifs et désormais, Thankskilling sa… dinde tueuse ! Nouveau projet fou mettant en scène un animal courant pétant les plombs et s’en prenant à un casting ahuri, Thankskilling pourrait bien, à l’instar du fabuleux Black Sheep, faire beaucoup de bruit lors de cette année 2009.

Doté d’un pitch surréaliste (cinq étudiants célébrant Thanksgiving verront leur fête gâchée par une dinde tueuse qui a décidé de faire des siennes), Thankskilling est le produit de l’imagination perturbée d’un jeune prodige de 22 ans, Jordan Downey. Ce dernier s’était déjà signalé en 2007 par le très bon court Craw Lake qui faisait preuve d’une bonne tenue du rythme ainsi que d’un travail exceptionnel au niveau de l’image. D’ailleurs, Downey dit être « fier de Craw Lake, de ce qu’il est et de ce que j’ai bien fait. » Ce premier projet, « pris tout à fait sérieusement, j’ai storyboardé chaque plan et j’ai pris des heures et des heures à travailler… », fait place à un second, nettement plus débridé qui devrait connaître les joies des festivals.

Si tout « dépend juste du deal que nous avons avec notre distributeur », Downey a la furieuse envie de faire parler de son film à travers le monde, lui qui est si fier du résultat de ce low budget. « Thankskilling a été fait rapidement, à très bon marché, et avec l’idée de faire ça aussi stupide que possible », déclare-t-il, avant d’ajouter  : « Si quelque chose était compliqué, il était décidé dans mon esprit de chercher la solution la plus simple et la moins coûteuse. Je suis vraiment fier de Thankskilling et de sa fabrication. »

Véritable fanboy, adepte des petites productions, Downey a décidé d’agir sur Thankskilling en s’inspirant de « mauvais films » dans le sens non-péjoratif du terme. « Thankskilling a été fait pour le seul motif de divertir. Si vous riez, c’est parce que c’est amusant ou parce que c’est mal fait. Je suis très heureux que cela soit totalement absurde », se plaît-il à annoncer avant d’ajouter que ses références principales se situent du côté de quelques Charles Band, The Ginderdead Man et Evil Bong, mais aussi de Jack Frost et Chucky.

Citant aussi comme influences au niveau de l’humour South Park et Sickanimation.com, Downey place donc explicitement son métrage sous le signe du délire total, véritable déluge d’insultes et de répliques rigolardes. D’ailleurs, quand il parle de son volatile homicide, il avoue volontiers que « son esprit et son humour la rendent plutôt sympa », ajoutant par la même occasion qu’elle « jure tout le temps, a un esprit totalement perturbé, et évite par n’importe quel moyen les coups de shotgun en s’élançant dans les airs. »

Bref, si Thankskilling se veut avant tout un Z bien barré et rigolard, il y a de fortes chances que le métrage plaise à beaucoup de monde dès novembre 2009, mois probable de la sortie en DVD. D’ici là, espérons que le film se livrera à nous par le biais de différents festivals et que Downey nous régalera. A 22 ans, il n’a en tout cas pas fini de le faire !

INTERVIEW DE JORDAN DOWNEY

22 ans et déjà un premier long-métrage, c’est une fameuse prouesse. Quel est votre parcours jusque là ?

Thankskilling était déjà en tournage quand j’étais au collège. J’ai grandi en Ohio en regardant beaucoup de films low budget et j’ai déménagé à Los Angeles pour fréquenter l’Université Loyola Marymount, où j’ai commencé à travailler sur le plus de plateaux possibles. Chaque week-end, j’étais sur le plateau, j’aurais manqué les travaux scolaires pour les tournages et j’ai perdu le sommeil. La plupart de ms amis sortaient en soirée et traînaient en ville, moi j’étais sous les spots et je courais comme un dératé dès le matin. Après deux ans à ce rythme, j’ai commencé à faire mes propres films, le premier étant Craw Lake. L’année de mon diplôme, Kevin Stewart, qui a co-écrit Thankskilling avec moi, et moi avons décidé de chercher des capitaux pour faire un film d’horreur low budget pendant les vacances.

Vous avez débuté par les maquillages sur quelques courts. Est-ce une véritable passion ou le moyen d’introduire les plateaux de tournage ? Vous voyez-vous plutôt réalisateur ou responsable des maquillages dans l’avenir ?

Faire les effets, c’était juste un moyen pour moi de travailler sur les plateaux et de faire quelque chose d’unique, moi le fan de films d’horreur. Ma vraie passion, c’est l’écriture et la réalisation. Mais regarder les autres tourner pendant que je faisais mes effets a été un bon enseignement pour moi. Avec des connaissances basiques pour les effets, le budget nécessaire, il y a moyen de faire quelque chose d’efficace au possible, ce qui est essentiel, surtout dans le genre horrifique.

Craw lake est votre premier court-métrage. Il raconte la lutte d’un père pour retrouver sa fille, lutte qui le met aux prises avec des monstres. Un court-métrage intense et de qualité. A-t-il rencontré un beau succès en festival ?

Oui, je suis fier de Craw Lake, de ce qu’il est et de ce que j’ai bien fait. Il a été au Los Angeles Screamfest, c’était un de mes souhaits depuis le départ, même s’il y a beaucoup de festivals qui n’ont pas incorporé mon court à la programmation. De plus, Kevin, qui l’a filmé, a gagné une récompense de meilleure photographie à un autre festival. Les festivals continuent, mais n’importe qui peut le voir car il est désormais en ligne (CLIQUEZ ICI).

Craw lake joue surtout sur l’ambiance, assez anxiogène. Thankskilling risque d’être diamétralement opposé. Ne fut-il pas compliqué pour vous de changer de registre à ce point ?

Non, pas vraiment. Thankskilling, pour moi, c’était un type de réalisation totalement différente. Craw Lake, je l’ai pris tout à fait sérieusement, j’ai storyboardé chaque plan et j’ai pris des heures et des heures à travailler… Thankskilling a été fait rapidement, à très bon marché, et avec l’idée de faire ça aussi stupide que possible. Vraiment, les 2 films étaient complètement opposés. Si quelque chose était compliqué, il était décidé dans mon esprit de chercher la solution la plus simple et la moins coûteuse. Je suis vraiment fier de Thankskilling et de sa fabrication.

Quels seront, selon vous, les plus gros points forts de Thankskilling auprès du public ? Le délire s’annonce en tout cas haut en couleur, dans quelle optique doit-on exactement entamer la vision de votre film ?

Thankskilling a été fait pour le seul motif de divertir. Si vous riez, c’est parce que c’est amusant ou parce que c’est mal fait. Je suis très heureux que cela soit totalement absurde. Je suis vraiment content que le tournage soit accompli. C’est le film parfait à regarder tard le vendredi soir avec les amis en buvant un coup. C’est une sensation culte et l’occasion d’amasser le plus de fun possible ! Les spectateurs s’attendent à rire pour une absurdité low budget et peuvent se préparer à ce titre à bon nombre de surprises !

Votre Dinde tueuse paraît fort sympathique. A-t-elle un petit nom ? Quelles sont ses particularités ?

Nous n’avons jamais songé à un petit nom pour elle, elle est donc juste connue sous le nom de Dinde. Elle était principalement inspirée des méchants de Chucky et Gingerdead Man. Elle jure tout le temps, a un esprit totalement perturbé, et évite par n’importe quel moyen les coups de shotgun en s’élançant dans les airs. On ne peut pas l’atteindre avec des munitions conventionnelles, quel que soit le temps qu’on y met. Son esprit et son humour la rendent plutôt sympa je pense…

Les films d’animaux fermiers tueurs abondent : Black Sheep, Isolation, … Est-ce que ceux-ci ont été le catalyseur du projet et votre principale source d’inspiration ?

Voyez-vous, ces films sont tous très bons, et notre inspiration vient plus particulièrement des « mauvais films ». Nous avons loué plein de choses dans les rayons blockbusters et un jour on a vu un film terrible avec une belle couverture, c’est alors que nous avons commencé à parler de faire le nôtre. Nous avons trouvé que la meilleure voie à suivre était Thanksgiving et les vacances car c’était une des fêtes les moins xploitées par les films d’horreur. A la fin, les films qui nous ont inspirés le plus sont Uncle Sam, Jack Frost et des films récents comme Gingerdead Man et Evil Bong. Notre sens de l’humour a quant à lui été influencé par South Park et Sickanimation.com.

Thankskilling est typiquement le genre de film recherché par les festivaliers. Prendra-t-il part à quelques festivals en 2009 ?

J’espère que ce sera le cas. Il a déjà été joué à Sacramento au festival Merry Scary Horror Winterland en novembre. La suite dépend juste du deal que nous avons avec notre distributeur.

Quels étaient exactement vos moyens et le nombre de jours de tournage dont vous disposiez pour Thankskilling ?

Le budget était bas… très bas ! Je ne peux pas dire quel était exactement le budget, mais peut-être que nous pourrons en parler un jour. Le tournage principal s’est déroulé sur 11 petits jours et nous avons shooté 90% du film durant cette période. Bien entendu, cela faisait souvent 20 heures de travail par jour pour le casting et le staff. Il y avait juste quelques effets et la séquence de clôture que nous avons dû reshooter. Nous les avons recommencés en 2 ou 3 jours dans les deux mois qui ont suivi le tournage principal.

Avez-vous déjà trouvé un distributeur national et international pour votre film ? Quels seraient vos arguments pour convaincre les acheteurs potentiels ?

Nous sommes en pourparlers avec le distributeur que nous croyons être parfait pour nous. Je ne peux pas encore dire qui c’est, mais je pense que les fans seront heureux. En espérant que le deal concernant Thankskilling sera bientôt terminé et que le film sera, comme prévu, dans les bacs en novembre 2009 !

(Interview réalisée par Mae-Nak)

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