Interviews

Interview Lee Gordon Demarbre (Smash Cut)

3 novembre 2008 | Par : Gore Sliclez

Un rêve devenu réalité...

Un film regroupant des acteurs cultes comme David Hess (La dernière Maison sur la Gauche, La Maison au fond du parc, Zodiac Killer), Michael Berryman (Vol au-dessus d’un nid de coucous, la Colline a des Yeux, The Devil’s Rejects), un réalisateur non moins culte Herschell Gordon Lewis (Blood Feast, 2000 Maniacs) et une star du porno (Sasha Grey) vaut incontestablement le détour. Et quand celui-ci est réalisé par un réal adulé au Canada pour ses films de série B, voire Z, CinemaFantastique.net prend les devants et se démène pour vous offrir une interview décalée avec un Lee Gordon Demarbre éminent sympathique et qui s’est prêté au jeu avec sincérité. Auteur des films déjantés comme Harry Knuckles, Jesus Christ Vampire Hunter ou encore Vampiro : Angel, Devil, Hero, le réal canadien voit son rêve se réaliser grâce aux participations de ses héros du cinéma dans son film et tout particulièrement un Herschell Gordon Lewis venu cabotiner dans quelques scènes…

Vous êtes considéré comme un réalisateur de films de série B culte au Canada mais en Europe on vous connaît moins. Pourquoi cela ?

Ya, je dois encore casser les portes dans le marché européen. Bientôt j’espère. Mes films fonctionnent plutôt bien dans les différents festivals de cinéma au Canada. En étant un cinéaste indépendant vous ne faites pas que réaliser des films ; vous devez encore les défendre de bout en bout. Au Canada j’y ai mes entrées, mais à l’étranger c’est une plus grande gageure. Je ne crois pas que je puisse le faire moi-même ; je crois que j’ai besoin d’un distributeur Outre-mer. Pourquoi pas, cette interview pourrait m’aider…

Vos premiers films ont un petit côté Blaxploitation et grindhouse non ? Vous êtes fan ?

Je me souviens de la première fois que j’ai entendu la chanson générique de Shaft ; j’étais dans un bus en route vers New York avec mon professeur de cinéma. Celui-ci jouait la musique du film sur sa stéréo. Ma vie changea à ce moment-là ; je savais que je devais voir ce film aussitôt revenu à la maison et, devenu obsédé, j’allais passer le reste de l’été à visionner ce cinéma black. La Blaxploitation me mena ensuite à la Sexploitation qui me fit découvrir Russ Meyer, Henry Paris, Andy Sidaris, Jess Franco, Joe D’amato et bien d’autres encore. Yes … j’adore le cinéma de genre !! Il est tout à moi. C’est dur d’être inspiré par les films d’Hollywood parce que le marché Hollywoodien est lui-même produit selon le "Star System”. Je ne suis pas du tout inspiré par le prochain Bruce Willis ou le dernier Tom Cruise par exemple. Le cinéma d’exploitation, quant à lui, m’inspire à différents niveaux. Quand je vois un film de Sammo Hung j’ai envie de faire un film de King-fu, quand je regarde Mad Max, j’ai envie de faire un film de course poursuite en voiture, quand je vois The Beyond j’ai envie de faire un film de zombie et enfin quand je regarde Emmanuelle and The Last Cannibals j’ai envie de baiser Laura Gemser. Désolé, j’ai envie de faire un peu la minute érotique là (rires)…

Provocateur, nihiliste, anarchiste…quel serait selon vous le qualificatif qui vous correspond le mieux ?

Actuellement aucun de ceux là. Je n’en veux aucun d’ailleurs.

Pourquoi avez-vous créé votre propre société de production Odessa Filmworks ?

Je devais. Je suis papa maintenant... et je dois gagner ma vie.

Votre dernier film raconte l’histoire d’un réalisateur méprisé par la critique, qui décide un jour de se faire justice en massacrant ses ennemis afin d’utiliser leur cadavre dans ses films. Une façon très personnelle de vous venger de ces critiques ?

Non, c’est d’abord une façon très personnelle de me venger de ces producteurs et investisseurs qui ont démoli mon projet de film abandonné depuis. Pendant deux ans j’ai essayé de faire un film d’action en Jamaïque intitulé Black Kissinger avec Fred "The Hammer" Williamson. Bordel, c’était parti pour devenir un grand film. Mais nos producteurs en Jamaïque et nos investisseurs aux States nous ont baisé. Ce fut une grande période de frustration dans ma vie et tout ça m’a donné de l’inspiration pour créer Smash Cut. Et puis, au delà de tout, je voulais depuis longtemps faire un film en hommage à Herschell Gordon Lewis.

Comment avez-vous fait pour attirer des acteurs cultes comme David Hess et Michael Berryman ? Comment étaient-ils ?

David Hess était mon premier choix pour le premier rôle dans Smash Cut. J’avais donné le script à David et lui ai demandé pour le rencontrer à Los Angeles. Nous nous sommes tout de suite compris comme par mimétisme et sommes devenus amis depuis cette rencontre.
Quant à Michael Berryman, je lui ai téléphoné chez lui et lui ai envoyé le script ; pareil pour Ray Sager et Herschell Gordon Lewis. J’ai rencontré Ray Sager sur Myspace. C’était incroyable cette facilité de pouvoir rencontrer mes héros et ô combien ils étaient réceptifs. C’était une expérience fascinante de caster pour ce film.

A quand Burt Reynolds dans un de vos films ?

Je veux faire une séquelle au film Le Fauve sorti en 1973 avec Burt Reynolds. J’adore le personnage et Shamus est mon film favori de Burt Reynolds. Dans Shamus, celui-ci interprète un détective dépressif ; avec un scénario idéal il peut encore jouer ce personnage. Je dois encore envoyer ce script à Mr. Reynolds mais ça reste un rêve.

Pauvre Michael Berryman coiffé d’une perruque ridicule…

Tout dans Smash Cut est à contre-courant. David Hess (acteur culte de La Dernière Maison sur la Gauche) n’attaque pas de femmes dans ce film, Sasha Grey (l’actrice porno) garde ses fringues et Michael Berryman (le plus fameux cannibale du grand écran) a des cheveux. J’espérais ainsi que Berryman serait plus réceptif à mon scénario et à ce projet "low cost" si son personnage était différent de tout ce qu’il avait déjà joué. Je voulais offrir à Michael un rôle décalé et fun. J’ai suggéré une perruque et Michael a suggéré de faux sourcils. Nous nous sommes énormément amusés à créer ensemble ce personnage et je pense que d’une certaine façon c’est ce qui m’a permis d’avoir un des plus grands acteurs vivants en ce monde dans mon film à petit budget.

Les hommes seront ravis avec la présence de Sasha Grey non ? Elle vient d’être également engagée pour un film avec Soderbergh…

J’adore Sasha Grey. Et pourtant je ne suis pas un grand fan du porno. Il y a pas si longtemps de ça je détestais le porno tout simplement parce que je trouve celui-ci ennuyant. Mais par contre j’adorais les films érotiques comme les Emmanuelle par exemple ainsi que l’Emmanuelle noire version italienne, les films de Henry Paris (Radley Metzger) et n’oublions pas Russ Meyer. Le porno, dans de nombreux cas, tue les films érotiques ; Bon Dieu je haïssais le porno pour cela. Depuis j’ai découvert les films de Belladonna. Belladonna a changé ma vision du porno. Elle m’a fait réaliser que les femmes prenaient le dessus dans l’industrie du porno et pour la première fois les hommes devenaient des objets dans le X. Belladonna est devenu une de mes réalisatrices de films érotiques préférée, je ne voyais (ne voulais voir) qu’elle dans ses films. Mais tout ça c’était avant... Sasha Grey.
Le film qui a changé ma vie : Fetish Fanatics 4. Je me vois encore téléphoner à un ami (connaisseur du porno) et lui demander son avis à propos de Sasha ; il n’avait jamais entendu parler d’elle. J’ai directement été sur le web pour en savoir un peu plus. Ce que j’ai trouvé c’était une jeune femme persuadée d’être autre chose qu’une simple actrice porno, plutôt comme une véritable artiste. Ses goûts cinématographiques, musicaux et autres m’ont beaucoup impressionné surtout qu’à l’époque elle n’avait que 18 ans. Je savais alors que je devais travailler avec elle. Je l’ai contacté et elle fut directement réceptive à mes mails. Nous nous sommes rencontrés à Los Angeles et je lui ai donné une tonne de films de Herschell Gordon Lewis car je voulais qu’elle aborde Herschell de la même façon qu’elle fait habituellement pour... Jean-Luc Godard ! C’est ce qui l’a décidé. C’était peu après que sa carrière explose dans le porno faisant d’elle une star du X se permettant de faire tout ce qu’elle voulait. Elle me raconta alors que Steven Soderbergh voulait la caster pour un rôle principal dans son nouveau film. "Mon Dieu" me suis-je dis, "Sasha a des choses à faire bien plus intéressantes que de travailler avec un p’tit réal comme moi". Mais heureusement, Sasha ne nous a jamais abandonné. Elle a passé deux semaines à Ottawa pour tourner Smash Cut et ce furent les deux plus grandes semaines de ma carrière cinématographique. Je respecte Sasha de la même manière que pour un autre artiste, pas comme une actrice porno, mais comme une des personnes les plus spirituelles que j’ai rencontré.

Votre film est un hommage à Herschell Gordon Lewis. Pourquoi ? Il a d’ailleurs un petit rôle…

J’ai toujours mis quelque chose de Herschell dans mes films. God, il représente une grande partie de ce pourquoi je suis tombé amoureux du cinéma et pourquoi je voulais faire des films. J’étais jeune et véritablement obsédé de ses films. Quand j’ai rencontré Ian Driscoll (le scénariste) nous étions dingues de lui. Plus tard, il y a eu deux remakes et un sequel des films de Lewis : Blood Feast 2 que Lewis a réalisé et que celui-ci a toujours détesté et deux remakes qui selon moi ont raté leur objectif. Je ne peux pas dire qu’ils étaient mauvais, ils ne rendaient pas suffisamment hommage à cet homme qui inventa tellement de genres et inspira tant de réalisateurs. Je voulais donc faire une "love letter", une déclaration à Herschell en forme de film pour le remercier de m’avoir inspiré et rendre ainsi hommage à son œuvre, pas seulement ses films gore mais aussi l’entièreté de son travail. Smash Cut commença alors à devenir le projet idéal pour moi. Je communiqua autour du projet avec Herschell pendant quelques années. Il m’invita chez lui à plusieurs occasions pour discuter des idées du film. En fait, c’est même lui qui vint avec le titre Smash Cut. Finalement, ce fut un rêve de le faire venir à Ottawa pour jouer dans le film. Et quand vous regarderez le film, je ne pense pas que vous trouverez qu’il a un petit rôle. Herschell interprète Fred Sandy, un producteur de télévision et le boss de Sasha Grey dans le film. C’est également lui qui introduit le film et joue l’animateur radio à travers le film. Bref l’investissement de Herschell Gordon Lewis dans le film est énorme et je pense que vous serez d’accord quand vous verrez ce film.

Votre deuxième prénom est aussi Gordon. Un hasard ? Une prémonition ?

J’ai toujours rejeté mon deuxième prénom car les gens pensaient directement au Gordon de Sesame Street. Ensuite, je me suis rendu compte que je partageais mon prénom avec un de mes réalisateur floridiens préférés. Je commença donc à m’en servir dans mes premiers films mais préférais l’ignorer dans mes films dramatiques ou des documentaires. Mais Herschell est toujours dans mon esprit quand je fais un film peu importe le genre.

Comment est perçu le cinéma de genre au Canada ? Il a l’air de reprendre du poil de la bête…

Quand les gens pensent horreur au Canada ils pensent inévitablement Cronenberg. Pourtant on porte un regard condescendant sur le cinéma de genre ici. Notre industrie dépend beaucoup des subventions gouvernementales et rarement les films de genre en bénéficient. Malgré tout, ces films d’auteurs pédants (artsy-fartsy films) qui reçoivent généralement ces subventions du gouvernement atteignent rarement une forte audience dans notre pays. Bref, à la fin de la journée, les zombies gagnent toujours, merci à eux.

Quels sont vos références cinématographiques ?

Sammo Hung, Sam Peckinpah, Russ Meyer, Jackie Chan, Joe D’amato, Enzo G. Castellari, Jess Franco, Belladonna et bien sûr Herschell Gordon Lewis. Ah oui et le gars qui a réalisé Police Academy...

Que voudriez-vous dire aux geeks français ?

Bon Cinema. Et...vous avez raison à propos de Jerry Lewis...he is a genius !

TRAILER DE SMASH CUT

Commentaires

Je ne le savais pas, c’est cool !

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