Interviews

Interview Sacha Feiner et Maxime Pasque

31 octobre 2008 | Par : Gore Sliclez

Focus sur deux réals prometteurs...

Ça fait maintenant quelques semaines que CinemaFantastique.net vous parle d’un court métrage belge complètement décalé et non dénué d’intérêt : « Ce matin, un lapin… ». Derrière celui-ci : Sacha Feiner et Maxime Pasque de chez Sachamax, deux jeunes réals ambitieux autant que talentueux que les « Biffeurs » retrouvent chaque année durant le festival bruxellois via leurs montages personnalisés et réadaptés des grands standards du cinéma juste avant la projection officielle. Mais Sacha et Max sont bien plus que deux passionnés du cinéma de genre, ce sont aussi deux artistes qui ont bien l’intention de prouver à tout le monde qu’ils ont du talent. Et pourquoi pas…en 2009, ce sera peut-être LEUR film qui sera diffusé sur grand écran. En attendant, la course contre-la-montre est lancée et nous les encouragerons autant que faire se peut en commençant déjà par cette interview qui tombe à pic pour mieux les connaître…

Sacha et Maxime, pouvez-vous nous raconter vos parcours respectifs ?

Sacha - Après ma sortie de Graphisme à la Cambre en 2005, une option que j’avais réussi à détourner vers l’animation et le cinéma et durant laquelle j’avais réalisé plusieurs courts-métrages et vidéos interactives (mon boulot de fin d’études au obtenu le prix annuel "coup de coeur" et les meilleurs résultats au jury), j’ai erré au fil de mes inspirations pendant un an, réalisant quelques courts et dessins animés (tout en exécutant des travaux alimentaires de graphisme en traînant la patte). Mon premier gros boulot professionnel (en restant personnel), celui dont je suis le plus fier à ce jour, a été la série de sci-fi animée "World in Progress", présentée en avant-programme au BIFFF 2007.

Max - Mes études secondaires terminées je me suis inscrit dans un court préparatoire aux examens d’entrée de l’insas et de l’iad ou j’ai co-réalisé "Tu ne tueras point", mon premier court métrage, avec un de vos plus prestigieux chroniqueur. L’année suivante je suis rentré à l’IAD avant d’en ressortir à peine un an plus tard. Ensuite des amis m’ont présenté au groupe Soldout que j’ai suivi en concert en tant que vidéaste archiviste pendant 6 mois, avant de co-réaliser leur clip "I can’t wait". J’ai aussi réalisé un clip pour Sharko et dans la foulée une pub pour la pièce "les monologues du vagin". Tout ça ne me plaisait pas beaucoup et j’ai commencé à me poser pas mal de questions. Et puis d’un coup je me suis lancé sur trois projets hyper emballant qui m’ont redonné goût à la réalisation : Furor Absurdüs, un documentaire sur Jean-Jacques Rousseau, le cinéaste de l’absurde, que je suis en train de monter avec mon cousin, les SACHAMAX trailers et "Ce matin, un Lapin" bien sûr !!!

Sacha peux-tu nous raconter la genèse de ton remake des Gremlins (voir trailer plus loin) et le succès d’estime rencontré par la suite ? Plus tenté de faire le maquillage ou bien de la réalisation dans le futur ?

Il s’agit d’une séquence alternative réalisée pour le DVD de Gremlins 2... oui, c’est assez pointu mais pas si gratuit. Il y avait en salles à l’époque un passage où les gremlins envahissaient la cabine de projection, qui avait été mis à jour pour la VHS mais pas pour le DVD. Je savais que Joe Dante, le réalisateur, regrettait que cette séquence n’ait pas été actualisée pour le support et j’ai saisi ma chance de prendre le train en marche pour un éventuel Gremlins 3 ; la mode des remakes et suites tardives faisant rage... Le succès a été assez retentissant sur Youtube (tapez "gremlins fan film"), et de très nombreux blogs et sites pros ont écrit des articles dessus... certains ont même proposé des pétitions pour que je réalise Gremlins 3... une rumeur qui a été jusqu’à m’annoncer en tant que réalisateur officiel sur certains sites...!
Ce fut un casse-tête assez inextricable pour caser toutes les interactions, et une très belle expérience d’effets d’incrustations et de manipulation et fabrication de marionnettes. Par contre, si les effets spéciaux m’intéressent, il est clair que la réalisation prend largement le dessus ; ce que je veux avant tout, c’est mettre en images ce que j’ai à dire sur des sujets qui me tiennent à coeur. Je me sens bien plus "artiste" que technicien.

Les louanges de Joe Dante sur ton Myspace c’est aussi un des tes montages ?

(fous rires) ... J’ai eu la chance de connaître un réalisateur amateur qui se rendait à une convention où Dante signait. Il a été assez aimable pour lui présenter ma séquence sur place. Dante semble vraiment l’adorer ; il a fait passer le lien au tout-Hollywood et j’ai reçu les félicitations personnelles de Rick Baker, qui m’a déclaré avoir voulu utiliser les mêmes techniques que moi sur le film en 1990, ce qui était bien trop lourd pour les ordis de l’époque...
Toujours est-il que Dante voudrait l’intégrer officiellement au film lors de sa prochaine ressortie en DVD. Nous sommes en pourparlers...

Comment vous êtes vous retrouvés à réaliser ces séquences très personnelles pour le BIFFF ? Remettez-vous ça pour 2009 ?

Sacha - Mes épisodes de "World in Progress" de 2007 sont pour moi beaucoup plus personnels que les Sachamax, mais il faut reconnaître que, vu le peu de support du festival malgré un succès public et critique assez impressionnant, je n’avais plus envie de réitérer un tel investissement (six mois à temps plein voire débordant, une vie sociale et amoureuse réduite à néant...).
Moi et Max avions repéré sur le web un ou deux recut trailers qui nous ont donné envie de nous frotter au défi de montage que cet exercice représente, et je lui ai proposé qu’on collabore sur le projet.

Max - On s’est vraiment beaucoup amusé sur ces capsules qui ont eu énormément de succès mais on compte proposer un truc différent pour l’édition 2009 histoire de pas faire deux fois la même chose.

Vous pouvez nous décrire comment vous préparez une séquence ?

Max - Vu qu’on savait que le tournage serait très serré par rapport à ce qu’on attendait des plans on a storyboardé le film en amont avec notre chef op pour perdre un minimum de temps sur le set en ayant exactement la même idée du film tous les trois. Lors du tournage il n’y avait pas vraiment de recette. Soit Sacha s’occupait des acteurs pendant que je m’occupait de la préparation du plan, soit l’inverse. Ca c’est passé très naturellement, sans en avoir discuté avant.

Quelles sont vos références cinématographiques à tous les deux ?

Max - Je bouffe de tout mais ma came c’est le cinoche bis italien des années 60 et 70 avec une préférence pour le western. J’idolâtre ce genre, je collectionne tout ce qui s’y rapporte et j’essaye d’aller le plus possible à Almeria, aux studios Texas-Hollywood, où les meilleurs westerns ont étés tournés. "Il était une fois dans l’Ouest" est à mes yeux le plus grand film jamais réalisé. Je me retrouve à deux doigts de chialer à chaque fois que je me le mate. J’adore aussi les gialli, les polars super brutaux à la Umberto Lenzi (rââââ je suis fan de ce malade de Maurizio Merli), les Peplums et tout le cinéma underground japonais. Mes héros se nomment Leone, Corbucci, Castellari, Argento, Bava, Fulci, Carpenter, McTiernan, Miike,Tarantino, Rodriguez, Tony Scott et je voue un culte à Jerry Lewis en tant qu’acteur et réalisateur.

Sacha - Ma référence ultime reste Brazil de Gilliam, pour moi le Prix Nobel de Cinéma, à se damner, à tous les niveaux... ainsi que, pour leur discours, tous les films de sci-fi politique énervés à la Carpenter ou Verhoeven... mais sans verser dans l’actioner bourrin ; il me faut du contenu ; j’aime peu de films uniquement esthétiques ou techniques, sauf quand la forme se transcende pour devenir autre chose... comme chez Kubrick, Leone ou Argento, quoi. De manière générale, j’aime surtout la subtilité et les films... exigeants, dérangeants, inconfortables, chiants, à la Haneke, l’horreur dans le détail à la Polanski des 70’s, les Yeux sans visage, etc... mais aussi la poésie d’un"Taste of Tea" (les asiatiques sont l’avenir du cinéma, vraiment) ou des (tout) premiers Burton.

Maxime, tu te lances pour la première fois dans la réalisation d’un court métrage et très vite tu t’es retrouvé confronté aux mêmes problèmes inhérents à tout réal débutant sans budget. Tu peux nous en expliquer un peu plus ?

Max - J’ai déjà réalisé des courts, mais jamais un projet de cette ampleur, avec autant de machinerie, une équipe aussi importante et sur une telle durée. En plus d’avoir de gros problèmes pour financer le film on a du faire face à pas mal de défections très tardives. Notre directeur photo et notre chef op se sont désisté à 3 semaines du tournage et Alysson Paradis, qu’on avait adoré dans "A l’intérieur" et qui était partante pour interpréter un chasseur, à du annuler à 6 jours de la date fatidique pour respecter ses engagements sur un long métrage. Ces contres-temps auraient pu mettre en péril la qualité du métrage mais ils furent au contraire bénéfiques en de nombreux points. Jérôme Zvonock, notre chef op, était passionné par le projet. Il avait tout compris dès la lecture du scénar a assuré sur le plateau avec les moyens mis a sa disposition et a, en prime, amené avec lui une flopée de techniciens aguerris et acquis à la cause du film.

Sentez-vous la pression monter tous les deux ?

Sacha - C’était ma première expérience de plateau avec équipe complète en tant que réalisateur, mais la pression que j’éprouve en réalisant un projet en animation seul dans mon studio est beaucoup plus grande. Ce n’est pas une question de se déresponsabiliser, mais une équipe change tout, lors du tournage du moins. Lorsque l’on sait ce que l’on veut, qu’on comprend le projet, qu’on est un minimum honnête avec soi-même et qu’on arrive à faire passer ce sentiment à l’équipe, je pense que la pression n’a pas lieu d’être... en tout cas dans ce cas-ci je ne l’ai globalement pas ressentie, sauf crises passagères...

Max - De la pression j’en ai eu, beaucoup même, mais avant le début du tournage. De nombreuses personnes ont donné de l’argent pour que le film puisse se faire et je dois avouer que j’y ai pas mal pensé avant de lancer le premier "ACTION". Là je me sens très bien, sans pression. J’ai juste très envie de travailler sur le montage du film.

Pourquoi Rochefort comme lieu de tournage ?

Max - Marie et Maja, respectivement directrice de prod et régisseuse(ainsi que productrices), sont partie en repérage à la recherche d’un gîte pouvant héberger une équipe de 35 personnes se situant près d’un grand domaine où on pourrait tourner tranquillement. Elles l’ont trouvé à Rochefort où L’échevin de la chasse local à gentiment mis le domaine de chasse de la ville à notre disposition. On a eu beaucoup de chance et la possibilité de travailler dans d’excellentes conditions.

Une ou l’autre anecdote ?

Max - Le dernier plan tourné du film nous a donné quelques sueurs froides. En gros on devait simulé un jet de sang violent, causé par une explosion de tête, dans la tronche de Bugsy et on avait droit qu’à un seul essais. Kevin portait la dernière prothèse et la lumière baissait à vue d’oeil. On s’est planté lors des trois premières tentatives, mais on a eu du bol que l’hémoglobine passe carrément à côté de Bugsy. Heureusement le troisième essais fût le bon.

Sacha - Un de nos acteurs, que je ne citerai pas, secret professionnel oblige, a déféqué un soir, en string de cuir, une carotte crue sur la table pendant le repas de l’équipe. C’était bon enfant et fort amusant. Sauf quand il s’est dirigé vers moi, la carotte à la main. Là ça a été moins amusant.

De combien de personnes se compose l’équipe de tournage ?

Max - L’équipe était composée de 35 personnes. Comme ça, ça peut paraître énorme, mais on pouvait encore facilement doubler un ou deux postes sans que cela ne soit du luxe. Notre maquilleuse à failli y laisser sa santé mentale et notre accessoiriste a perdu quelques années de sa vie sur ce tournage.

Qui est à la base du très réussi travail de maquillage sur Bugsy Bundy ?

Max - C’est un boulot collégial. J’ai d’abord dessiné le personnage de mon côté en me concentrant sur sa tronche et son look. Puis Maud Roegiers s’est attelée à la sculpture des prothèses et la confection des oreilles. Sacha à quant à lui bossé sur les jambes de Bugsy dont il a eu l’idée de la morphologie a un mois du tournage. Morgan Lefèvre s’est courageusement occupé de la pose des prothèses et du maquillage de Bugsy pendant toute la durée du tournage...

Sacha - ... oui, malgré des prothèses vraisemblablement réalisées à la va-vite sur un coin de table, je m’y connais suffisamment pour le dire. Comme je suis arrivé sur le projet en dernière minute, j’ai été mis devant le fait accompli, et j’ai eu des doutes sur le maquillage au début, mais l’expérience aidant, il s’est amélioré au fil du tournage, et je pense que le rendu global sera fidèle à ce qu’il devait être. Quant aux pattes... étant donné que je les ai conçues de telle manière qu’une partie des jambes de Kevin doit être effacée en post-production, je vois arriver de beaux jours d’After Effects devant moi...

Quelles sont les prochaines étapes ?

Max - Terminer "Ce matin, un lapin" à temps pour être présent au BIFFF 2009 et monter le docu sur JJR. Après Sacha et moi on va se lancer dans l’écriture d’un long métrage. Il y a un mois on est allé à Paris pour rencontrer Frank Ribière, le patron de La Fabrique de Films, qui avait beaucoup aimé les SACHAMAX trailers. On lui a montré nos différents boulots, causé avec lui, et il nous à demandé de lui pondre un scénario de long. On va pas avoir le temps de s’emmerder.

PHOTOS : Lisa Carletta

Gremlins VS the Exorcist (Sacha Feiner)

Teaser de "Ce Matin, un lapin..."

Commentaires

très bon site, il est en favoris depuis maintenant quelques mois :)

acheter pièces or

50 francs semeuse achat pièces d’or achat or paris pourquoi acheter de l’or or physique comment acheter de l’or 5 francs semeuse. Investir dans l’or ou dans l’argent, acheter des pièces en OR ou en ARGENT : site de pièces en or

5 août 2012 | Par Marta

Youhouhou... abi qu’il sorte de son terrier !

2 novembre 2008 | Par father_kojak

Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
Suspiria
2018
affiche du film
Cam
2018
affiche du film
Halloween
2018
affiche du film
The Night Comes for Us
2018
affiche du film
The Predator
2018
affiche du film
La Nonne
2018

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage