Interviews

Interview - Zombie stars

10 janvier 2009 | Par : Chroniqueurs

Des morts-vivants dans la garrigue

Par Dante

Héritiers lointains du legs du néo-zélandais Peter Jackson et fervents passionnés des productions horrifiques, Didier Garcin et Caroline Coulié, sympathique couple marseillais, a sué des litrons de sueur sous les rais ardents du soleil de garrigue pour confectionner sur la durée d’un mandat présidentiel un délire foutraque aux accents zombiesques prononcés. De ses balbutiements à sa finalisation, un quinquennat entier (sauf qu’en l’occurrence les promesses énoncées s’avèrent véridiques), un laps qui évoque forcément celui du Bad taste de leur modèle. « Le projet remonte à un petit moment puisque le premier jet a été écrit en décembre 2001 », expliquent les auteurs. « La Communauté de l’Anneau venait de sortir sur les écrans et les premières émissions de télé-réalité faisaient leur apparition »

Armé d’un budget de 1000 euros qui a été en grande partie dévolu aux maquillages et autres effets spéciaux et fort de leur expérience antérieure sur le court Magnetokill, le tandem se lance corps et âme dans ce projet foldingue qui permet de faire d’une pierre, deux coups en harnachant les figures zombiardes aux décors pittoresques de leur maquis natal. Ce que les réals confessent volontiers, avançant que « ce genre de films n’étant pas légion dans notre région, ça nous a davantage motivés ! Nous avons choisi le ton de la comédie et la parodie pour mieux tourner en dérision notre critique de la consommation. Et c’est cette ambiance décalée et tarée qui nous a permis de nous éclater sur ce tournage caniculaire, perdu dans la garrigue provençale. »

En résulte un délire bordélique, véritable patchwork des multiples influences tant cinématographiques que littéraires chères aux cinéastes qui y ont injecté leurs influences romériennes tout en se domestiquant à leur apposer un décalage jacksonien. Evitant l’écueil de l’ultraréférence rébarbative et désincarnée, Zombie stars propose plutôt une bouillie étrangement achalandée virevoltant entre pamphlet sociologique et dérision outrancière. De qui écorner quelque peu l’étiquette télévisuelle de la Canebière entachée par les accélérations ultrasoniques de son taxi Peugeot et les amourettes romancées de son Plus belle la vie

L’INTERVIEW DES REALISATEURS

Pour commencer, parlez-nous un peu de cette « incroyable production », d’où vient- elle ? Et quel est son but ?

Le soleil de Marseille nous a trop tapé sur la tête alors que nous prenions l’apéro, il y a de ça quelques années. Nous étions une bande de collègues œuvrant dans deux associations au sein desquelles nous réalisions des courts métrages.
Nous avons décidé de fusionner et avons terminé ensemble la post-production de "Zombies Stars". Le but de "L’Incroyable Production !" est de continuer dans la réalisation de courts et longs métrages auto-produits, mais surtout de boire l’apéro.

Le long métrage Zombie stars est depuis un mois disponible sur internet, parlez-nous un peu de la genèse de ce projet un peu décalé (voire même taré).

Le projet remonte à un petit moment puisque le premier jet a été écrit en décembre 2001, La Communauté de l’Anneau venait de sortir sur les écrans et les premières émissions de
télé-réalités faisaient leurs apparitions... Étant passionnés de films de zombies, il nous est venu naturellement
l’envie d’en faire un long métrage.
Avant le tournage, nous nous étions fait quelques mois auparavant la main sur un premier
court métrage de fiction « Magnetokill » et on bouillonnait à l’idée de
nous lancer dans ce pari un peu fou compte tenu de nos moyens et de
notre expérience.
De plus, ce genre de films n’étant pas légion dans notre région, ça nous a davantage motivé !
Nous avons choisi le ton de la comédie et la parodie pour mieux tourner en dérision notre critique de la consommation.
Et c’est cette ambiance décalée et tarée qui nous a permis de nous éclater sur ce tournage caniculaire, perdu dans la garrigue provençale.

Un film de zombies marseillais, c’est tout de même pas courant. Dans l’ensemble comment les gens ont reçu le film ?

C’est d’ailleurs dommage qu’il n’y ait pas plus de projets de ce style dans notre ville car ce ne sont pas les espaces naturels ni la lumière qui manquent !
Dès son lancement sur internet de nombreuses personnes ont joué le jeu et téléchargé le film, ce qui fait vraiment plaisir !
Globalement le film est reçu comme un gros délire bordélique parodiant et référençant les genres. Ce n’est ni plus ni moins ce qu’on a voulu faire et on souhaite qu’un maximum de personnes le découvre encore !

La musique a une place très importante dans Zombie stars, comme dans vos autres courts métrages, pourquoi y avoir apporté un tel soin ?

Didier : Comme pour nos influences cinématographiques, la musique a une place très importante, qui nous passionne autant que les films. Et justement certaines œuvres sont devenues cultes pour moi, en grande partie grâce à la musique. Je joue de plusieurs instruments et j’ai essayé de composer sur nos images. Rapidement le clavier s’est imposé à la manière de Fabio Frizzi, Goblin ou Carpenter. J’ai enregistré toutes les musiques de nos courts métrages et de Zombie Stars sur un vieux 4 pistes analogique...

Zombie stars porte de nombreuses références à pas mal de domaines considérés « geeks » (jeu vidéo, heroïc fantasy et bien sur film de genre), mais quelles sont vos influences principales ?

Nos influences principales sont celles que tu as citées, à commencer par les films gore mais à caractère humoristique ou les zombies de Romero. Les films et l’humour anglais sont également une influence. La littérature d’heroïc fantasy est comme une religion pour nous et les jeux vidéos interviennent lorsque nous nous mettons en mode "nolife".

On sent dans Zombie stars et dans vos courts-métrages (spécialement Hors champ), une critique de la société actuelle (télé réalité, mode, etc…), vous considérez-vous comme engagés ?

Engagés peut-être pas, mais révoltés surement ! Il est vrai que certains sujets nous tiennent à cœur comme la consommation, les médias ou bien l’environnement. On profite de nos films pour exprimer ça de manière ironique.

Presque toutes vos œuvres sont pas mal gore, c’est un univers que vous aimez ou vous pourriez aller vers autre chose ?

Le gore, surtout tourné à la dérision, nous a permis de nous exprimer sur le plan créatif ; on s’est vraiment éclaté à confectionner les effets spéciaux et les mettre en scène de manière humoristique !
On aime autant le gore qu’on pourrait aimer le film d’animation, d’aventure ou dramatique. Mais ce que nous affectionnons par dessus tout, c’est la comédie fantastique et les projets à venir iront dans cette direction.

La question rémanente : que pensez-vous du cinéma de genre français actuellement  ?

De plus en plus de films de genre sont réalisés en France, ce qui signifie sans doute que les producteurs ont enfin décidé d’être moins frileux et surtout ont compris qu’il y avait un réel public en demande. La France a sans doute encore un peu de route à faire pour perdre tous ses tabous face au cinéma de genre, mais nous sommes déjà satisfait de l’évolution de ces dernières années.

Des rêves, des espoirs quant à votre carrière future ?

Faire des films encore et encore, quels qu’en soient les moyens...

A quand la prochaine production ?

Nous planchons actuellement sur le scénario d’un futur long métrage. On sait pas encore quand le tournage commencera, mais la caméra nous démange déjà !

Un grand merci à Dante et longue vie à Cinéma Fantastique.net !C’est quand vous voulez pour boire l’apéro !!!

(Interview réalisée par Dante)

LE TRAILER

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