Interviews

Interview d’Axelle Carolyn (livre It lives again !)

13 octobre 2008 | Par : Damien Taymans

Reine des ténèbres

Axelle Carolyn est une touche-à-tout : mannequin, journaliste et actrice. La belle connaît d’ailleurs une double actualité avec d’une part une apparition dans le film The Descent 2 et plus important encore la sortie de son premier livre « « It Lives Again ! » qui revient sur la nouvelle vague du cinéma d’horreur des années 2000. Interview vérité de la BELge expatriée…

Axelle, tu viens d’enchaîner des rôles dans des courts-métrages horrifiques (Red Light, I Love You, Horrorshow) et un rôle plus important dans The Descent 2. Comment évolue ton jeu d’actrice et est-ce le début d’une nouvelle carrière ?

Une nouvelle carrière ? Oui, certainement. Je me suis lancée professionnellement il y a quelques mois, et depuis, entre les tournages, les auditions et les exercices, c’est devenu un temps plein, du moins depuis que j’ai fini mon livre. On verra où ça mène, mais c’est plutôt excitant pour le moment. J’ai déjà pas mal de courts métrages et quelques longs (dont Blood and Roses et The Descent 2) à mon actif, et j’ai quelques projets en vue.

Tu es également mannequin, écrivain et journaliste occasionnelle… comment arrives-tu à gérer tout ça ?

Mannequin, c’est plus pour m’amuser que vraiment en tant que pro. Je n’accepte une séance photo que si le thème m’amuse. Je ne travaille pratiquement plus comme journaliste. J’ai plutôt l’intention de me concentrer sur l’écriture de fiction. La combinaison actrice/écrivain est plus naturelle qu’il n’y parait et me convient vraiment bien. Ca répond à deux aspects distincts de ma personnalité : j’ai besoin d’être sur un plateau, d’être entourée, d’avoir un travail un peu physique… mais je ne serais jamais satisfaite sans écriture. J’aime être maquillée par des professionnels et porter des robes coûteuses, mais j’adore aussi passer ma journée en pyjama devant mon ordinateur.

Ton livre « It Lives Again ! » décrit le renouveau du cinéma d’horreur et de la nouvelle vague de réalisateurs depuis le début des années 2000. Comment expliques-tu cette résurgence ?

Le succès des films d’horreur est cyclique ; on passe par des alternances de grande popularité et de moments creux. Je pense que ça dépend de deux facteurs : un (ou plusieurs) réalisateurs qui débarquent avec des idées fraîches, et un climat socio-politique propice (récession, terrorisme, etc). Ici, après le 11 septembre, on a connu en parallèle la vague de remakes de films japonais après The Ring, et la vague de films d’inspiration seventies, comme House of 1000 Corpses, Wrong Turn, Cabin Fever… et tout est plus ou moins parti de là.

Selon toi, ces nouveaux réalisateurs (Splat Pack) sont-ils aussi doués que leurs illustres prédécesseurs (Carpenter, Romero, Argento etc.) ?

Difficile de comparer des réalisateurs qui ont fait deux ou trois films à d’autres qui en ont fait une douzaine… Je pense que le terme « splat pack » reflète plus un mouvement dans le cinéma d’horreur, une mode par laquelle le genre est passé, qu’un groupe de cinéastes. Neil, Eli, James et Leigh, Alex Aja… ils ont tous l’intention d’évoluer, ils ne vont pas se contenter de faire des films gore et des survivals toute leur vie. Et puis, il y a pas mal de réalisateurs très prometteurs qui ne font pas partie de ce mouvement : J.A. Bayona, Mike Mendez…

On a parfois l’impression que le cinéma de genre actuel est un perpétuel hommage rendu aux œuvres d’antan et non un renouveau créatif. Qu’en penses-tu personnellement ?

Chaque génération bâtit sur les acquis de ses prédécesseurs. C’est normal, sinon on repartirait constamment à zéro ! Carpenter, Craven, Romero… se sont tous inspirés de Tourneur, Hitchcock et les autres maîtres qui les ont précédés. Le tout, c’est d’y apporter sa touche personnelle.

Est-ce un feu de paille ou bien un phénomène qui va perdurer ?

Il y a toujours un moment où le public se lasse, où les producteurs tournent en rond. Jusqu’au prochain succès et la nouvelle vague…

Pourquoi le livre débute-t-il à partir du nouveau millénaire ? Penses-tu que le cinéma d’horreur des années 90 était mauvais ?

Non. Mais chaque décennie semble avoir ses caractéristiques propres, liées à l’air du temps, aux événements internationaux et à une série d’autres facteurs. J’ai voulu me pencher sur la vague qui a commencé vers 2002-2003, et j’ai inclus 2000-2001 par souci de cohérence et pour montrer les antécédents de ce succès.

Pour toi, qui est le chef de file de cette nouvelle vague ? Quel est le film qui incarne le mieux ce renouveau ?

C’est vraiment complètement une question de goût. Il y a énormément de films de qualité qui sont sortis depuis 2000, et je ne pourrais pas dire lequel a eu la plus forte influence sur les autres. Personnellement j’ai adoré The Devil’s Backbone de Guillermo Del Toro, The Others d’Amenabar, ou dans des genres différents, May de Lucky McKee, Bubba Ho-Tep de Coscarelli, REC de Balaguero et Plaza… Plus récemment, j’ai beaucoup aimé The Midnight Meat Train… Et puis, The Descent et Dog Soldiers, bien évidemment ! Je n’ai pas inclus Doomsday par contre, je ne le considère pas comme un film d’horreur.


Que penses-tu de cette décentralisation du cinéma d’horreur vers d’autres continents comme l’Europe, l’Australie, l’Asie etc. ? L’innovation du genre ne se déroule-t-elle pas du côté de l’Europe avec un pays comme l’Espagne qui tente d’apporter quelque chose de neuf ? La photo de L’Orphelinat de Juan Antonio Bayona qui fait la couverture de ton livre semble le démontrer…

C’est formidable que des pays comme la France s’y mettent finalement. En Espagne, ça s’est déjà amorcé dans les années 90, et il faut reconnaitre que l’évolution est remarquable. L’Espagne a la chance d’avoir une grosse société de production et distribution, Filmax, qui croit aux films de genre et qui n’a pas peur de prendre des risques. En Asie, la vague semble être passée. C’est intéressant que ce mouvement ait été pratiquement global, mais je ne pense pas que l’innovation vienne particulièrement d’un côté ou d’un autre. L’Europe est en bonne position, mais les Etats-Unis ont produit une impressionnante série d’excellents films, qui ne doivent pas être noyés par la quantité de navets qui sont aussi venus de là.

Que penses-tu de l’arrivée du 3-D ? Est-ce la révolution de demain comme le pense Alexandre Aja avec son futur film Piranha ?

J’en doute. Ca me semble plus être un gadget qu’une révolution. Mais je n’ai pas encore vu le nouveau procédé, et je ne suis pas prophète…

Peux-tu nous détailler ton rôle dans The Descent 2 ?

Je joue l’infirmière dans l’hôpital où se passe la première partie du film. Au départ j’avais une mort assez extraordinaire, et c’est pour ça que j’ai voulu auditionner pour ce rôle, mais la scène a été coupée quelques jours avant le début du tournage. Damn.

Comment s’est déroulé le tournage ?

Je sais qu’une partie a été tournée en extérieurs, évidemment, mais l’essentiel était en studio. Et mon rôle était entièrement en studio, en tout cas.

Le film est-il une suite continue du premier opus ?

Oui, et à ma connaissance, elle fonctionne aussi bien avec la fin d’origine que la fin tronquée de la sortie américaine.

Qu’est-ce qui diffère The Descent 2 du premier ?

Mmmh… Le fait que c’est un autre film, avec majoritairement d’autres acteurs, un autre scénariste et un autre réalisateur ?

Neil Marshall a-t-il eu un droit de regard sur le film ? A-t-il vu les rushes ?

Neil avait un droit de regard s’il le souhaitait et comme le tournage se passait pour l’essentiel à cinq minutes de là où on habitait à l’époque, il a visité le plateau plusieurs fois. Mais à part l’un ou l’autre conseil, il a laissé Jon faire son film comme il l’entendait. Il était clair depuis le départ que Jon et le scénariste James Watkins savaient ce qu’ils faisaient, donc il s’est tenu un peu à l’écart.

Le film de Neil a connu un succès phénoménal à sa sortie. N’est-ce pas trop dangereux de réaliser une suite à un film devenu culte ?

L’avenir le dira… Mais dans tous les cas, ça ne retirera rien au succès du premier. Et c’est intéressant de voir quelqu’un d’autre apporter une vision fraîche à l’histoire et aux personnages.

Comment s’est passée la collaboration avec Jon Harris pour qui c’est son premier film ?

Très bien. Mon rôle s’est tourné dans les trois premiers jours, et Jon avait déjà l’air sûr de lui, à l’aise, et a réussi à boucler les trois jours en avance sur l’horaire. Il était clairement dans son élément.

Le film est-il aussi noir que le premier ?

Aucune idée. Honnêtement, je n’ai pas voulu lire le script en entier. Je lis pas mal de scripts, et ça gâche un peu la vision du film, en fin de compte. Pour The Descent 2, je pourrai me payer le luxe de le découvrir quand il sera fini, sur le grand écran.

Tu n’as pas eu envie d’interpréter un des monstres ?

Oh non. Jouer un crawler, c’est être rasé de la tête aux pieds, maquillé pendant plus de quatre heures chaque jour, puis se promener tout nu et couvert de boue et de gelée sur un plateau glacé pendant le reste de la journée. Très peu pour moi !

(Interview réalisée par Gore Sliclez)


Pour commander le livre It lives again d’Axelle Carolyn, une seule adresse :

www.telos.co.uk

Commentaires

intéressante cette interview. et bon dieu qu’elle est jolie (axelle, je parle) !!!!

13 octobre 2008 | Par jp22

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