Interviews

Interview de Matthias Olof Eich (réalisateur de Break)

6 novembre 2008 | Par : Damien Taymans

Survival métissé

Néophyte complet dans le milieu du cinéma, le teuton Matthias Olof Eich décide un beau jour de se lancer dans la grande aventure en réalisant son propre film. Devant les refus de producteurs peu rassurés par l’amateurisme du réal, Matthias prend le taureau par les cornes et monte à lui tout seul son premier long métrage baptisé Break, survival influencé par des classiques comme Délivrance. Au programme, des meufs, des rednecks, des morts, tout ça en milieu sylvestre canadien. Que demander de plus ?

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos débuts filmographiques ?

Bien, je n’ai jamais visité la moindre école de cinéma ou quelque chose de similaire. Je suis un charpentier et j’ai commencé ma carrière dans le business du cinéma en construisant quelques plateaux et scènes pour la télévision et le théâtre. Dans les années 90, j’ai eu la possibilité de faire partie d’exhibitions européennes pour les préquelles de Star Wars, des épisodes 1 à 3. Je possédais l’une des plus grandes séries d’Europe concernant cette collection et une foule de costumes. Quand la campagne publicitaire s’est arrêtée, j’ai vendu l’entièreté de ma collection à un collectionneur privé de l’univers Star Wars et j’ai utilisé cet argent pour monter notre compagnie cinématographique.

Nous avons commencé en tournant des clips musicaux et publicitaires pour quelques compagnies locales et des musiciens du cru. Durant ces années, j’ai écrit quelques scripts et nous avons toujours essayé de convaincre des producteurs de nous rejoindre et de nous permettre de faire un film de fiction. Mais nos avances tombaient toujours à l’eau pour les mêmes raisons. Aucun ne croyait en nos capacités de faire un film, étant donné que la réalisation de courts-métrages et de spots publicitaires est totalement différent de construire un film destiné au grand écran. En réalité, ils avaient peur de perdre de l’argent dans nos projets. Du coup, nous avons pensé que la seule possibilité pour leur prouver qu’ils avaient tort était de réaliser un film par nous-mêmes. C’est pour cette raison que nous avons fait Break.

Quels survivals avez-vous pris comme références pour Break ?

Je pense que la référence ultime reste Délivrance. Pas réellement l’histoire narrée mais plutôt la manière de la raconter et de la retranscrire à l’écran. Break n’est pas un Saw ni un Hostel. Nous n’utilisons pas la souffrance comme principal apanage bien que le métrage contienne son lot de violences. Break est un survival classique répondant à la règle habituelle : tuer ou être tué.

Votre casting ne comprend que des femmes, un peu comme le The Descent de Neil Marshall. Est-ce plus excitant de voir des femmes se débattre contre des rednecks ?

Bien entendu ! (rires) Si vous incorporez des hommes, vous avez deux solutions : en faire des minets ou des héros, deux raisons boiteuses à mon sens. Si vos victimes sont des femmes, vous pouvez montrer plus d’émotions et vous vous occupez davantage d’elle. A propos, qui veut encore voir un redneck déchirer en deux un t-shirt masculin ? (rires)

Lili Scackert est une magnifique femme, une actrice douée et elle parle français !!! C’est une déesse ou quoi ?

OUI… Lili possède absolument tout ce qu’un réalisateur désire. Elle est une actrice extrêmement talentueuse et travaille très dur et est toujours concentrée sur son rôle et, comme si ce n’était pas encore assez, elle est absolument stupéfiante. Je suis vraiment désolé de n’avoir pas ses capacités en français dans le film car c’est tellement amusant de la voir jouer dans cette si belle langue…

Deux rednecks terrifiants mènent la danse dans Break. Quels sont vos films favoris dans ce domaine ?

J’en aime énormément mais, si je dois opérer un choix, Délivrance, Wlof creek et Breakdown.

Pourquoi avez-vous choisi d’installer votre action dans la forêt canadienne ? Est-ce à visée d’une meilleure exportation ?

C’est une des raisons. D’abord, il existe déjà quelques films sis dans les bois allemands. Ce à quoi vous ne croyez pas… Des rednecks dans la forêt bavaroise est une chose impossible sauf si tu les veux barbus, buveurs de bière et habillés comme des hippies. Cela aurait été tout à fait différent avec ce que nous avions prévu de tourner. Et cela m’amène à la deuxième raison : pourquoi l’histoire commence à Seattle et se termine dans les bois canadiens. Nous sommes une compagnie indépendante et Break est notre premier film. Nous devons donc prouver que nous sommes capables de créer un film international. Réaliser un film allemand typique n’est pas un projet intéressant pour les futurs investisseurs et leur argent.

Votre teaser montre quelques scènes bien sanglantes. Combien de litres de sang avez-vous déversé durant le tournage ?

Break n’est pas le prototype même du film qui inonde sous le sang. Nous en avons terminé avec l’hémoglobine lors du deuxième jour de tournage. Je pense que nous avons utilisé plus ou moins 30 litres en tout.

Les quatre amies utilisent une caméra et le spectateur est invité à voir à travers l’objectif. Dans cette configuration, les filles sont déjà des cibles… Est-ce un signe ?

Oh, cette idée est géniale, j’aurais dû l’avoir avant vous… La caméra fait partie du rôle de Clares, personnage joué par Thelma Buabeng. Qui connaît, avec la caméra, une mort très agréable et en même temps très triste.

Il y a actuellement une mode de survivals dans le cinéma horrifique (Eden Lake, La colline a des yeux, Les proies, …). Pensez-vous que cette vague va persévérer ou est-ce juste un effet de mode ?

Les adaptations sur grand écran et les blockbusters sont en effet pris dans cette mode qui s’arrêtera dans un futur proche. Mais, pour les films indépendants, cette vague continuera. C’est très facile de tourner ce genre de films. Vous devez juste avoir quelques types aux gueules étranges, des belles filles et un bois… Facile et cheap !

Quelle différence y a-t-il entre votre film et les autres survivals ?

Nous avons essayé de le faire aussi différent que possible, mais c’est une chose que seuls les spectateurs pourront juger.

Pouvez-vous dire un mot pour les spectateurs francophones afin de leur donner envie de voir votre film ?

Le film entier est un désir (rires) mais si vous voulez de bonnes raisons : nous avons quelques magnifiques actrices, un lac, les filles dans le lac (rires), de sympathqiues rednecks et beaucoup d’action…

D’autres projets pour l’avenir ?

Oui, nous avons différents scénarios et avons planifié de tourner l’un de ceux-ci durant l’été 2009, cela dépendra uniquement du succès de Break.

(Interview réalisée par Damien)

Le teaser du film :

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