Interviews

Interview de Michael, président du Week-end de la peur

18 septembre 2008 | Par : Damien Taymans

Le Week-end de la peur, le retour...

Après une première édition haute en couleur présentant des métrages horrifiques hors du commun comme A l’intérieur de Bustillo et Maury et Hatchet d’Adam Green, le Week-end de la peur revient pour une cuvée 2008 qui se déroulera du 26 au 28 septembre toujours en terre méridionale à Sainte-Maxime (5 minutes de Saint-Tropez). Une deuxième édition toujours chargée en produits horrifiques détonants allant des perlouses exclusives aux séries Z qui tachent. Une compétition officielle remplie de métrages qui ont ou vont faire parler d’eux (le magnifique Martyrs, le décalé Tokyo Gore Police, le délirant The Machine Girl, le old school Jack Brooks : Monster Slayer, le sympathique Manhunt et la monstruosité Gutterballs. Une affiche alléchante, complétée par une sélection de 20 courts-métrages francophones desquels feront notamment partie Dead Bones, Total Fury (l’après Bagman !), Roches Rouges, Batman Ashes to Ashes, Os et La Petite Fille qui mordait ses poupées.

Focus sur cette seconde édition en compagnie de son président...

D’où vous est venue cette volonté d’organiser un festival cinéma de genre en province ?

Un soir de l’été 2006, je me baladais près du bord de mer de ma ville. Il y avait un petit marché qui se tenait. Un commerçant vendait de vieilles affiches rétro. L’une d’elles m’a interpellé. C’était l’affiche de LA PLAGE SANGLANTE de Jeffrey Bloom. Elle respirait cette bonne vieille époque du cinéma de quartier avec ses grosses taglines. Ca m’a rappelé les années Avoriaz. Je n’ai pas connu ce festival et encore moins celui du Grand Rex. Plus jeune, je lisais les interviews des gars qui en revenaient, je voyais que les mecs prenaient leur pied à découvrir des films d’horreur et fantastiques lors de ces semaines ou weekends dédiés au fantastique. De ce fait, je me suis dit pourquoi ne pas tenter de créer quelque chose de similaire dans ma région. J’en ai parlé à un ami, Laurent Melki, qui m’a tout de suite encouragé à créer cette manifestation. Mon idée était de créer un week-end plongé dans l’horreur, un évènement convivial se rapprochant de ces deux beaux festivals précités et ce dans le sud. La mer, le sable, les salles obscures, des jeunes femmes qui crient… et où l’on serait maîtres avec mes potes des films qu’on souhaite voir et projeter.

Est-ce plus difficile d’avoir des films étrangers que français à l’affiche de son festival ?

Tout dépend le type d’informations dont tu disposes sur le film. Nous passons toujours par les distributeurs internationaux si le film en possède un. D’autre part, l’ensemble de l’équipe est constituée de fans de fantastique. On parle constamment des futures sorties, de nouveaux projets. Dès qu’une idée de film à contacter nous vient en tête, on ne s’en prive pas.

Travailler avec les Français, je n’irais pas jusqu’à dire que c’est compliqué, ça dépend des sociétés. Certaines ont pris pour habitude de travailler avec un unique festival dont je tairais le nom. De ce fait, même une simple soirée de projection en salle de cinéma se retrouve outre de leur projet de « communication » pour un film qui risque de finir dans les tiroirs du DTV, c’est vraiment dommage. Ou mieux, ils te marchandent le film à la condition que tu sélectionnes un autre film qui ne fait vraiment pas envie. Nous, notre politique, c’est de présenter des films qui nous donnent du plaisir et qu’on a envie de soutenir. Même si nous nous devons d’avoir des partenariats pour survivre, on n’oublie pas d’avoir le dernier mot sur nos sélections.

De l’autre, tu as des distributeurs en or, cette année notre partenariat est reconduit avec Néo Publishing. Voilà l’exemple même du distributeur français qui joue le jeu à fond et reste passionné pour le genre fantastique. En France, on a encore cette mentalité d’oublier qu’il y a d’autres façons de promotionner des films longs métrages en salles. On souffre de gros problèmes concernant l’exploitation cinéma des films classés « horreur » dans notre pays. Pas plus de 70 copies pour Martyrs (énorme buzz cannois), une centaine pour Frontière(s), une trentaine pour The Mist. C’est désolant. Il serait judicieux de soutenir les petites initiatives qui proposent des séances spéciales d’avant-premières de films ou festivals, se montant bénévolement qui plus est, et d’ainsi permettre à un plus large public de découvrir des films qui risquent de ne même pas être à l’affiche dans la région où se tiennent les évènements. Ca va venir…


Comment se fait la sélection ?

Quatre mois avant le jour de l’évènement, nous proposons un appel à soumission de films. Nous contactons aussi les films qui nous font envie. Tous doivent remplir un formulaire et renvoyer l’ensemble des documents que nous demandons. Une fois l’appel fini, nous nous réunissons. Cette année, nous étions 5 à sélectionner les 6 films. Nous avons reçu plus de 80 longs métrages, ce qui est énorme comparé à l’an passé où nous n’en avions reçu qu’une vingtaine.

Quelles sont les difficultés auxquelles tu es le plus souvent confronté ?

Etre partout à la fois. Nous sommes une petite équipe qui, contrairement à l’année passée, est soudée au fer forgé. Cette année, chacun est à son poste.

Mais bien évidemment, il y a une personne qui est au-dessus des autres. Cette année, je conserve le titre de président. Je pense que l’année prochaine, je déléguerai le titre à un de mes fidèles compères pour me concentrer pleinement à quelque chose que je maitrise très bien, la programmation.

Un festival à Sainte-Maxime c’est plutôt original comme lieu, non ?

Quiconque est déjà venu à Sainte-Maxime vous dira que c’est la ville parfaite pour accueillir notre festival surtout en fin de saison estivale. C’est l’une des villes les plus culturelles du département du Var. Nous ne sommes qu’à 5 minutes des plages depuis le cinéma. Quand la municipalité nous a annoncé l’ouverture du Carré Léon Gaumont (comprendre le pôle culturel de la ville), nous savions là que nous détenions, et on l’espère, le lieu convivial et moderne que nous recherchions avec une très bonne accessibilité.

Êtes-vous suivis par l’étranger ?

Oui, même assez suivi. Nous travaillons avec d’autres festivals implantés en Australie, en Espagne mais aussi en Grèce. Chaque film long comme court que nous passons intéresse énormément ces organisateurs. On passe notre temps à critiquer des films qu’on a vu et de ce fait, on s’échange les différentes réactions rencontrées au cours de nos éditions. D’autre part, l’année passée le film HATCHET d’Adam Green qui avait remporté le prix MEILLEUR FILM a travaillé sa promotion en fonction des festivals qui ont projeté le film. Notre festival était alors en ligne principale. C’était plutôt sympa pour nous d’autant que c’était la première édition, cette aubaine nous a permis d’entrer en contact et de négocier des films plus ambitieux cette année.

Les courts-métrages que tu proposes ont-ils des chances d’être distribués ?

La plupart des courts-métrages sélectionnés sont issus du Short Film Corner de Cannes de Mai dernier. Les réalisateurs ont bien évidemment l’envie d’être distribués mais la route est longue jusque-là. L’important pour eux, c’est d’être projeté dans une vraie salle de cinéma, dans de très bonnes conditions, et de rencontrer un public réactif.

Qui est le concepteur de l’affiche 2008 ?

C’est une artiste peintre londonienne, Suzzan Blac. Totalement habitée, c’est une grande fan de l’univers gore et trash de Clive Barker. Ce fut une révélation pour nous quand nous avons découvert ses premiers travaux. Dernièrement, elle a travaillé pour les magazines GIRLS & CORPSES et RUE MORGUE. Si vous ne connaissez pas son travail, je ne peux que vous conseiller de visiter son profil Myspace.

Où en sont Frenchtouch Productions et Terror Project 6 ?

FRENCHTOUCH Productions suit son chemin jusque début 2009. Ensuite, d’autres aventures commencent pour certains des adhérents. FTP est une association qui administre le festival mais aussi le projet « TERROR PROJECT 6 » que vous venez de citer. C’est la dernière année que le festival est régi sous cette association. Notre but est atteint. Nous avons créé plusieurs projets depuis 2006 dans différentes branches culturelles, certains finalisés d’autres le seront différemment. Terror Project 6 est en post-production. Actuellement, Chris Lamot écrit avec Colin Vettier le dernier court métrage de ce collectif de jeunes réalisateurs francophones.

Quels seront les membres du jury et les guests stars 2008 ?

Ce sera la surprise de cette année, il faudra être présent pour savoir qui sera invité.

Nous avons bossé en amont la communication du festival un temps fût-il prévu en Juillet. Mais nous avons rencontré des soucis sur nos dates ce qui nous a conduit à positionner notre festival en septembre. De ce fait, aujourd’hui, nous cultivons le mystère. En même temps, ne vous attendez pas à voir débarquer de grands noms. Nous avons convié des personnalités qui ont une vraie passion pour le cinéma de genre. Vous verrez.

Un hommage à Benoît Lestang est-il prévu ?

Oui, nous allons lui rendre hommage le vendredi.

C’était quelqu’un de très gentil et de très attentif. Il s’impliquait à fond dans son métier. C’était quelqu’un de professionnel qui se gardait bien de critiquer ou de dire de mauvaises choses même si les tournages étaient pénibles. Il savait conserver le secret du métier et faisait du bon boulot. Il était habité par sa passion. Vraiment dommage qu’il soit parti si vite.

Que penses-tu du succès relatif de Martyrs en France ?

Ca me fait plaisir d’autant que plus j’écoute la musique des frères Cortès sur mon ordinateur plus je deviens fan du film.

Les gens en parlent autour d’eux et n’hésitent pas à faire plusieurs kilomètres pour aller voir le film. Si nous avons choisi de passer Martyrs cette année, c’est surtout pour proposer de vivre cette expérience hors du commun que procure le film. C’est un film qui tétanise.

Organiser un festival de genre ce n’est pas se faire plaisir avant tout pour le geek que tu es ?

Déjà, je ne suis pas un geek mais plutôt un cinéphile fantastique. J’aime énormément le cinéma de genre fantastique mais ce n’est pas pour autant que je m’y enferme, m’y étouffe et ne vis que pour lui. Quelque part, c’était un peu un souhait que je réalise, je me donne les moyens de le faire, peut etre pas à l’excellence mais faire en sorte que tout se passe bien. En même temps, ça me permet de faire découvrir des films inédits et de voir les réactions des gens à la sortie des films. C’est quelque chose qui me plaît.

Quel est ton objectif pour le futur du festival ?

Cette année, je privilégie la convivialité et la découverte.

C’était deux thèmes forts de la première édition.

Pour la 3ème édition… bien sûr, j’ai des idées et l’équipe aussi. On a déjà discuté de choses déjà… mais on n’y est pas encore.

Es-tu subsidié par des fonds publics ?

Alors non, pas du tout et même très loin de ça. Avec FRENCHTOUCH Productions, nous avons monté le festival mais aussi Terror Project 6 sans aide. Qu’avec des dons de l’équipe. Nous avons démarché tous les organismes possibles mais il faut savoir qu’il est difficile d’obtenir une aide financière quand on lance un évènement. D’autant que la région dans laquelle on se situe privilégie plus les représentations théâtrales que les festivités liées aux projections de films. Ca va venir… il faut juste avoir de bons retombés. Le Week-End de la Peur commence à faire parler de lui en France mais aussi dans la région. Pour la 3édition qui aura lieu à Halloween 2009, nous espérons un vif coup de main de la ville de Sainte-Maxime.

(Interview réalisée par Gore Sliclez)

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