Interviews

Interview de Tommy Wirkola (Dead Snow)

17 octobre 2008 | Par : Quentin Meignant

Les zombies venus du Grand Nord...

Avec des œuvres telles que Cold Prey ou encore le très old school Manhunt, le cinéma de genre norvégien semble sortir d’une longue hibernation. Fruit du hasard ou nouvel eldorado horrifique ? Peu importe car force est de constater que les cinéastes nordiques savent en tout cas y faire. A ce titre, Dead Snow, du très sympathique Tommy Wirkola, devrait faire parler de lui d’ici peu. Le film sortira dans son pays d’origine le 9 janvier 2009 et traitera d’un sujet qui tient à cœur à tous les fantasticophiles avertis : des zombies nazis s’en prennent à un groupe de jeunes gens partis s’amuser en montagne. Un pitch qui donne réellement envie, tout comme les propos d’un réalisateur qui fera encore parler de lui !

Bonjour Tommy, pourrais-tu nous décrire ton parcours jusque maintenant ?

Certainement. J’ai étudié les médias pendant un an dans ma ville natale, Alta, puis j’ai fait un an d’études en cinéma à Lillehammer. Ensuite, je me suis rendu en Australie pour obtenir un diplôme de producteur de films et TV. Quand j’ai terminé mes études, j’ai commencé, avec mes amis d’enfance et ceux de mon école australienne, la production d’un film low budget, Kill Buljo, à Alta. Il s’agit d’un hommage parodique aux films Kill Bill. Le projet était très intéressant et m’a permis d’acquérir de l’expérience. Il est sorti en 2006 et a eu un grand impact en Norvège mais aussi à l’étranger. Le film est sorti dans 29 pays, parmi lesquels la France (en DVD), l’Angleterre, l’Australie, le Japon mais aussi les Etats-Unis. Le succès de Kill Buljo est la raison pour laquelle on s’est lancés dans l’aventure Dead Snow.

Dead Snow est une histoire de zombies nazis. Quelles ont été tes influences pour créer cette histoire ?

La Norvège possède quelques légendes au sujet de la seconde guerre mondiale. Dans les fjords environnant mon village natal, les nazis ont caché leurs plus gros bateaux, dont le fameux Tirpitz, et les ont utilisés pour menacer les convois entre les alliés et la Russie. Ils possédaient de grosses troupes sur place et étaient dotés d’un équipement à la pointe. Leur présence avait donc un impact considérable sur un petit village comme Alta. Nous avons donc grandi, mes amis et moi, avec des histoires en tous genres au sujet des nazis.

Quand nous avons décidé de faire un film de zombies dans la neige, nous avons tout de suite réalisé qu’un métrage de zombies nazis était sans doute la meilleure voie à suivre. Tout d’abord, parce que l’aspect historique de notre région l’imposait mais, surtout, parce que le concept était alléchant. Qu’y a-t-il de plus diabolique que des zombies ? Des zombies nazis bien sûr !

Personne n’a encore vu Dead Snow jusqu’à présent. Peux-tu nous en dire plus sur le film ?

1945. La Norvège a été sévèrement sinistrée par l’invasion allemande, particulièrement à Øksfjord. Les soldats allemands violent et pillent avec un sadisme incroyable et, en fin de compte, la population en a assez. Ils attaquent les occupants avec les armes disponibles et assouvissent leur soif de vengeance, engendrée par des années de persécution. Ils ont tôt fait de massacrer le gros de la troupe, mais le Colonel Herzog et quelques-uns de ses hommes s’échappent dans les montagnes, où ils meurent de froid…

De nombreuses années plus tard, huit étudiants en médecine se rendent dans les montagnes environnant Øksfjord pour passer leurs vacances de Pâques. Ils ont apporté leurs skis, leur motoneige et, surtout, une imposante cargaison de bière. Tous les ingrédients sont donc réunis pour passer des vacances agréables.

Sara, qui est partie avant tout le monde et qui connaît les montagnes comme sa poche, emprunte une route différente pour se rendre jusqu’à la cabane. Ses amis ne s’inquiètent pas, malgré qu’ils soient arrivés avant elle au logis. Ils ne s’imaginent pas que la jeune fille a été victime de choses d’une cruauté inconcevable, dissimulées dans les montagnes depuis des années. Ils reçoivent alors la visite d’un randonneur mystérieux qui leur conte le sort cruel réservé aux occupants allemands. Soudain, la cabane est encerclée par un bataillon de soldats allemands zombifiés, enthousiasmés par l’idée d’un bon massacre. Une longue nuit attend les héros. Qui pourra survivre à cette douloureuse épreuve ?

Le cinéma de genre norvégien semble connaître un véritable essor après les réussites de Cold Prey et, tout récemment, de Manhunt. Penses-tu que cette gloire est durable ?

Oui, je le pense. La chose étrange, c’est que, dans l’histoire du cinéma norvégien, il y a seulement eu 6 ou 7 films d’horreur au total. C’est vraiment insensé mais la production de films d’horreur a seulement pris vie il y a quelques années en Norvège. Et comme des films comme Manhunt et Cold Prey sont de gros succès, je pense que oui, il y aura encore bon nombre de films d’horreur en Norvège.

Dead Snow aurait été budgétisé à hauteur de 14 millions de dollars. Le film sera donc très ambitieux. Quelles sont justement ces ambitions ?

Euh… Voici un élément important. Il ne s’agit pas d’un budget de 14 millions de dollars comme certains médias l’ont avancé, mais bien de… 14 millions de Couronnes norvégiennes. Cela équivaut plus ou moins à 3 millions de dollars US. C’est donc un assez petit budget comparé aux films d’horreur américains. 14 Millions de couronnes, cependant, c’est plutôt normal pour un film norvégien, même considéré comme le film le plus doté d’effets « réels » de l’histoire du pays. Nous avons donc dû gérer notre budget et dépenser judicieusement notre argent. Mais notre ambition a toujours été de mettre en œuvre un zombie-flick jouissif et d’être les premiers à le faire en Scandinavie.

De la neige, des zombies, des touristes traqués… Doit-on s’attendre à des effets très gores ?

Oui, vous pouvez ! Je vous promets que ce film livre ce qu’il faut de sang et de gore. Je pense que nous avons utilisé quelque chose comme 450 litres de faux sang et le film le démontrera. Il y aura des têtes déchiquetées, des yeux éclatés, des arrachages de bras et de jambes,… Bref, tout ce que nécessite un bon zombie-flick !

Le tournage a duré 42 jours. Comment s’est-il déroulé ? Tourner dans la neige a dû être extrêmement éprouvant, non ?

Oui. Nous avons tourné le film dans le nord de la Norvège en plein hiver. Tout devenait donc affreusement compliqué. Nous avons évité de justesse des accidents mortels de motoneiges et nous sommes restés coincés dans des blizzards. Nous avions nos équipements sans cesse ensevelis sous la neige, nous étions complètement gelés et divers objets se sont cassés à cause du froid.

L’hiver, ici, peut être vraiment terrible et l’ensemble de l’équipe était totalement fourbue à la fin du tournage. Ceci étant dit, je pense que le climat et les conditions vraiment difficiles aident le film. Vous pouvez voir et ressentir la cruauté de la nature, à laquelle est encore ajoutée la peur engendrée par les zombies.

As-tu déjà trouvé un distributeur francophone ? Si non, que déclarerais-tu afin de convaincre des acheteurs potentiels ?

Depuis la semaine passée, le film est en post-production. Nous n’avons pas encore proposé notre film à des acheteurs potentiels. Mais nous avons déjà été contactés par bon nombre de compagnies un peu partout dans le monde. Je pense que nous apportons un projet cool et rafraîchissant avec Dead Snow. Le film apporte du nouveau en matière de films de zombies et les gens devraient être intéressés par le sujet. Il seront sans aucun doute curieux de voir ce que nous avons fait.

En gros, nous avons des zombies, des filles chaudes, des motoneiges, des avalanches et des tronçonneuses. Que demander de plus ?

Dead Snow va-t-il participer à des festivals ?

Oui. Nous pensons que Dead Snow est un film qui pourrait intéresser de nombreux festivals. Donc, nous espérons et nous croyons qu’il sera projeté dans bon nombre de festivals dès l’année prochaine.

Merci beaucoup Tommy et bonne chance pour ce Dead Snow qui promet décidément beaucoup !

(Interview réalisée par Mae-Nak)

Trailer de Dead Snow

Commentaires

Rien à dire, ça donne envie ! J’espère qu’il traversera les frontières ce film !

27 octobre 2008 | Par Masterman

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