Critique de film

pub

Intrus (Les)

"The Uninvited"
affiche du film

Deux sÅ

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les intrus - Remake-up
Par : Damien Taymans

La vague des horror flicks asiatiques, spécifiquement déclinée sous forme de ghost stories, fit des ravages à l’aube du nouveau millénaire. Forcément, flairant les liasses à amasser en toute impunité, les rejetons amerloques ne se firent pas attendre. Récemment, les exemples de ces refaisages désincarnés n’ont cessé de pleuvoir, les majors tentant de récupérer l’asian touch de mille et une manières. Palud et Moreau exhibent une Alba recouvrant la vue et c’est l’assistance qui exhorte le ciel de lui accorder une cécité temporaire. Eric Valette, de son côté, voit son One missed call charcuté de toutes parts par des producteurs omnipotents, au point que l’œuvre en devient illisible. Dès lors, quand les Frenchies ne conviennent plus, les majors drainent des réals du cru et leur imposent des acteurs américains, ultime règle qui mène à l’identification. Ochiai et son immonde revisite du Shutter thaï s’y sont cassé les dents. Nakata également dont la séquelle au métrage de Verbinski se transforme en une pub L’Oréal d’une heure et demi (quelle tignasse cette Samara !). Le fabuleux sud-coréen 2 sœurs ne pouvait faire exception. Remarqué dès sa sortie, c’est finalement dans l’escarcelle de Walter F. Parkes (producteur de l’intéressant remake de Ringu signé Verbinski) que finit l’œuvre destinée à passer à la moulinette hollywoodienne.

L’œuvre originelle, profondément schizophrénique, impose une intrigue complexe parsemée au gré d’un tourbillon d’images émanant de l’esprit de l’héroïne. La toile de fond, conventionnelle à souhait (une maison hantée lambda), explose finalement, délivrant un univers fantasmé par une fillette en plein déni. Désireux de casser les codes, Kim Ji-Woon abuse le spectateur, le berçant dans un monde d’illusions, entreprise d’autant plus fallacieuse qu’il imagine traverser un terrain connu, balisé par les habituels sursauts sonores propres aux productions contemporaines. Devant l’ambiguïté de cet entrelacs d’images volontairement désordonnées, le trio de scénaristes tranchent dans le vif et reconstituent un ensemble plus linéaire mais également plus occidental, suintant d’explicatif. La sortie de l’hôpital psychiatrique d’Anna témoigne de cette volonté de clarifier la narration, quitte à doter d’emblée l’assistance des clés de résolution dès l’entame. Avec Les intrus, le mystère est naïvement déplacé et gravite autour du noyau familial reconstitué. La marâtre acariâtre de l’original laisse place à une belle-doche amène, trop polie pour être honnête, dont la réputation est directement ternie par Alex, la sœur d’Anna (oui, elles sont deux, c’est pas du spoil, c’est dit dans le titre !).

Malgré une photo classieuse et quelques belles prestations d’acteurs, Les intrus finit par se vautrer dans une redondance casse-bonbons. Ponctuée de temps en temps par quelques scènes de trouille hautement prédictibles, souillée par de grossières caractérisations à l’inverse de l’impressionnant travail sur les psychologies du modèle, l’investigation des deux gamines à propos de l’identité de leur mère par intérim devient rapidement répétitive et ne comporte nullement le souffle épique de la quête contre le temps de la jolie Naomi Watts du Cercle. Thomas et Charles Guard, aspirants réals au passif publicitaire imposant, terminent de transformer l’objet en une refonte bâtarde (tantôt enfoncée dans le drame, tantôt dévolue à l’horreur) et vulgarisée à l’excès de l’une des meilleures œuvres sud-coréennes de ces dernières années.

Agréable à suivre dans son ensemble, Les intrus n’en est pas moins une nouvelle illustration (on les compte sur les doigts de Django Reinhardt) de l’étonnante capacité hollywoodienne à recycler et à désincarner des classiques étrangers. En amont, une volonté gerbante de mettre sa mainmise sur une industrie que Cinemaland a fait sienne depuis une éternité. En aval, une relecture qui s’approprie et déchiquète sans le moindre remords.


Critique de Les intrus - Deux soeurs, deux films, deux réussites
Par : Fred Pizzoferrato

Le monde a-t-il vraiment besoin d’un nouveau remake américain (et américanisé) d’un excellent film coréen vieux d’à peine 5 ans ? Sans doute pas mais, heureusement, Les intrus se place aux côtés de The ring parmi les rares relectures réussies d’une œuvre d’épouvante asiatique. Sans chercher à coller au plus près de l’original, les cinéastes en reprennent les grandes lignes, simplifient l’intrigue (pas toujours très claire pour les non familiers) du modèle, y ajoutent de nouveaux développements scénaristiques plutôt réussis et privilégient clairement le rythme, l’action et les frissons à l’atmosphère d’angoisse sourde de 2 soeurs.

Après la mort de sa mère malade et l’incendie accidentel d’une partie de la maison familiale, la jeune Anna sombre dans la dépression et se trouve hospitalisée pour une dizaine de mois. Considérée comme guérie, la demoiselle retourne vivre auprès de son père Steven et de sa grande sœur, Alex, dans leur demeure de la Nouvelle Angleterre.
Malheureusement pour Anna une nouvelle personne a également pris place dans la maison : Rachel, une infirmière ayant veillé sur les derniers instants de sa mère et dont Steven est finalement tombé amoureux. Peu à peu, Anna et Alex en viennent à soupçonner Rachel d’être une tueuse en série dont la spécialité consiste à assassiner des femmes avant de s’emparer des richesses de leurs époux. De plus en plus certaine de la culpabilité de Rachel dans la mort de sa mère, Anna est contactée par les fantômes de trois enfants qui tentent de la mettre en garde et la guide de révélations en surprises.

Les intrus appartient à cette vague récente d’horreur « light » estampillée PG-13, autrement dit quasiment visible par tous. Avec un tel handicap et le manque d’égard (souvent légitime) des fans du genre vis-à-vis des remakes, le métrage semblait destiné à recevoir une volée de bois verts mais, incroyablement, le résultat se révèle franchement satisfaisant. L’intrigue de 2 soeurs fonctionnait entièrement sur l’atmosphère et générait une véritable tension mais ce remake a l’intelligence de repenser le scénario pour le plier aux normes d’une production américaine plutôt que de plaquer un postulat typiquement coréen sur une production américaine. Cela ne va pas sans simplification, certes, mais cette démarche s’avère définitivement plus honnête et satisfaisante qu’une vaine tentative de placer des personnages occidentaux dans une situation difficilement acceptable pour un large public peu familier des procédés narratifs asiatiques.
Un métrage comme The grudge par exemple, échoue à générer le frisson en expédiant un personnage principal américain et rationnel au cœur d’un Japon riche en légendes et toujours très porté sur le surnaturel. Impossible donc de croire une seconde à l’intrigue développée par la suite.

Les intrus contourne le problème en transposant réellement les faits dans une petite ville américaine et en intégrant divers éléments typiquement occidentaux (comme les tueurs en série) à un fil narratif intelligemment développé et plus cohérent que dans 2 soeurs. Attention, cela ne signifie nullement que le présent métrage surpasse l’original mais, en resserrant la narration décousue et atmosphérique (deux termes qui n’ont pas ici d’intention péjorative) de 2 soeurs, les Guard Brothers accomplissent un bel effort de réappropriation d’une œuvre existante. Le scénario ajoute donc plusieurs sous-intrigues permettant de capter l’attention du spectateur au point que même les chanceux ayant vu précédemment le film original se demanderont comment l’intrigue va se terminer. Le frisson, généré par les éléments terre à terre (la crainte de la belle-mère criminelle) et le surnaturel (les fantômes surgissent toujours au bon moment pour un petit sursaut), est entretenu avec soin sans jamais verser dans le Grand-Guignol et retrouve, toutes proportions gardées, la réussite des œuvres à l’ancienne jouant davantage de la suggestion que du démonstratif, à la manière de La maison du diable ou des Innocents par exemple.

Au niveau cinématographique, Les intrus impressionne par la qualité de sa photographie et le soin apporté à l’environnement dans lequel se déroule l’intrigue, en particulier ce lac enchanteur et cette maison dans laquelle, en théorie, « il ne pourrait rien d’arriver d’affreux ».
La montée graduelle du suspense éclate finalement dans un troisième acte rythmé et efficace multipliant les retournements de situation et les révélations bien amenées. Evidemment, l’excellent twist final de l’original coréen se retrouve dans le remake mais la résolution de certaines pistes accessoires demeure tout aussi efficace et convaincante. Signalons aussi que des indices subtils sont disséminés au fil du métrage, montrant que les Guard Brothers ne cherchent pas à tromper le spectateur en l’induisant volontairement en erreur ; au contraire, ils font preuve d’une belle honnêteté à son égard et lui laisse la possibilité d’entrevoir la vérité tant le scénario s’avère bien construit. A la différence de certains films dont le twist ne tient manifestement pas la route (qui a dit Haute tension ?), le final surprenant des Intrus s’avère bien amené et les cinéastes se montrent même plus convaincants que Ji-woon Kim à ce sujet en évitant certains trous du scénario.

En ce qui concerne les acteurs, les charmantes Emily Browning et Arielle Kebbel sont parfaites dans les rôles des deux sœurs et Elizabeth Banks (la Betty Brant des trois Spiderman) se révèle impressionnante en infirmière aussi charmante que redoutable, dont la froide beauté semble cacher un sombre secret. Enfin, David Strathairn, un vétéran vu dans de nombreux rôles secondaires, livre une performance très solide et complète une distribution resserrée permettant un véritable développement des différents personnages proposés et de leurs caractères respectifs.

Si on accepte le postulat initial (remake occidentalisé destiné au grand public), Les intrus constitue une belle réussite et une vraie bonne surprise dont on n’espérait rien au départ. Sans posséder la complexité de l’original, le métrage reste prenant et fonctionne parfaitement, offrant son content de suspense, de tension et de frisson. Une bonne occasion de se consoler des récents ratages que furent les remakes de The eye et Shutter.

Commentaires sur le film

<3

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

J’adore The eye ! Et Les Intrus ne m’a pas déplu ! J’aime bien le côté tordu du dénouement !! . BRAVO ! Même si certaine personne disent que ce film est banal je trouve que LUI au moins est bien réalisé et bien tourné ! Bravo aux acteurs !

2 juillet 2009 à 19:07

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
The Platform
2020
affiche du film
Werewolf
2018
affiche du film
Play or Die
2019
affiche du film
Ça: Chapitre 2
2019
affiche du film
Cities of Last Things
2018
affiche du film
Impossible Crimes
2019
affiche du film
The Soul Conductor
2018
affiche du film
Stray
2019
affiche du film
Dark, Almost Night
2019
affiche du film
The Dead Center
2018

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage