Critique de film

pub

Invasion des profanateurs de sépultures (L')

"Invasion of the Body Snatchers"
affiche du film

Il se passe d'étranges phénomènes à Santa Mira, petite ville de Los Angeles. Le docteur Bennell découvre un corps inanimé dont le visage, aux contours incertains, ressemble étrangement à celui de Jack, un ami. Plus tard, dans un jardin, le jeune docteur voit avec horreur d'immenses cosses s'entrouvrir...

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’invasion des profanateurs de sépultures - You’re the next
Par : Damien Taymans

Le producteur Walter Wanger découvre, en 1954, dans le Colliers Magazine une nouvelle science-fictionnelle et considère immédiatement la possibilité d’en faire une adaptation cinématographique. Après avoir acquis les droits, Wanger soumet le projet à Don Siegel, alors célèbre pour avoir réalisé Riot in Cell Block 11. Doté d’un budget de 400 000 dollars (soit moitié moins que la plupart des œuvres de SF de l’époque) et de quatre semaines de tournage, Siegel signe avec L’invasion des profanateurs de sépultures (traduction idiote à laquelle on préférera la version originale, The Body snatchers) l’une des plus puissantes œuvres de SF de la décennie.

Dans la petite ville de Santa Mira, de curieux événements se produisent : un enfant refuse de retourner auprès de sa mère qu’il ne reconnaît plus, une jeune femme dresse le même constat par rapport à son oncle et une vague impressionnante de malades guérissent à une vitesse fulgurante. Le doute s’installe lentement. Lorsque le docteur Miles Bennell découvre un corps inanimé dont le visage ressemble étrangement à celui de Jack, un de ses amis, la stupeur et l’effroi s’emparent de lui. Les citoyens se comportent de plus en plus étrangement tandis que d’immenses cosses, à l’origine indéterminée, affluent dans les maisons de la cité…

Au fil des minutes, une atmosphère oppressante s’installe, débouchant lentement et insidieusement sur une angoissante paranoïa que le cinéaste suggère en recourant à des plans plus serrés et en accélérant considérablement son montage. Au départ lente et expositive, la mise en scène devient plus vivace et stressante, propice à la amener la peur chez le spectateur. La tension évolue de manière progressive, ponctuée de scènes chocs éprouvantes, jusqu’à l’apothéose finale durant laquelle, affolé au milieu d’une autoroute où il tente en vain de convaincre les automobilistes de l’imminence du danger, le docteur Bennell finit par se tourner vers la caméra pour apostropher directement le spectateur en lui scandant, l’index pointé vers lui : « You’re the next ». Une séquence finale jugée finalement trop tendancieuse et remplacée par un épilogue douteux, favorisant une happy-end peu en phase avec le délire implanté jusque-là. Comme le suggérait le titre originel (« Sleep no more »), L’invasion des profanateurs de sépultures est un véritable cauchemar éveillé qui emprunte la mécanique inverse des terreurs nocturnes puisque les personnages doivent s’abstenir de sommeil pour survivre, logique cauchemardesque intelligemment reprise par Wes Craven pour son boogeyman Freddy Krueger des années après.

La pellicule se distancie des autres créations science-fictionnelles des 50’s qui choisissaient de mettre en scène une invasion extraterrestre plus spectaculaire afin de suggérer de manière univoque l’emprise maccarthyste. Siegel préfère aux fastueuses soucoupes volantes et à leurs rayons destructeurs une invasion insidieuse qui exploite une paranoïa totale de la part du héros qui ne peut se fier à personne et voit même celle qu’il aime rejoindre le camp des « asentimentaux ». D’ailleurs, la critique du cinéaste s’adresse davantage à l’uniformisation de la population américaine post-seconde guerre mondiale qui aspirait à une utopie du citoyen X et finissait par devenir la copie conforme de son voisin.

L’invasion des profanateurs de sépultures, énorme classique du cinéma des 50’s, utilise les mécanismes des films noirs (silhouettes courant sous la lumière des réverbères, angles obliques, zooms sur des visages en sueur, couloirs étroits), dont Siegel était un spécialiste, pour instaurer un climat paranoïaque extrêmement étouffant. Une tension que les trois remakes qui suivirent ne réussirent jamais à égaler.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
Ça: Chapitre 2
2019
affiche du film
Cities of Last Things
2018
affiche du film
Impossible Crimes
2019
affiche du film
The Soul Conductor
2018
affiche du film
Stray
2019
affiche du film
Dark, Almost Night
2019
affiche du film
The Dead Center
2018
affiche du film
Ride
2018
affiche du film
Kasane – Beauty and Fate
2018
affiche du film
Superlópez
2018

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage