Critique de film

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Jessie

"Gerald's Game"
affiche du film

Ils attendaient ce week-end en amoureux mais elle va être confrontée à ses plus grandes peurs...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Jessie - Attache-moi !
Par : Damien Taymans

Gerald est un quinqua qui bande mou. Alors, pour être sûr que son petit lieutenant reste au garde-à-vous durant l’entièreté de l’acte, il met les petits plats dans les grands et crée les circonstances pour une érection infaillible. Il réserve un petit week-end dans sa résidence secondaire, intime au personnel de ne pas y pointer son nez, ingère quelques pilules de cyalis et, cerise sur le gâteau, recourt à son fantasme suprême en menottant sa femme Jessie aux montants du lit. Le hic, c’est que les gélules bleues et les performances, ça fait pas bon ménage et Gerald se paie une sacrée crise cardiaque dont il ne se relèvera pas. Fin de l’histoire. Ah mince, j’oubliais, sa femme est toujours harnachée au pieu sans la moindre possibilité de s’en détacher. Du coup, c’est juste le début de l’histoire...

Réputé inadaptable au cinéma, Jessie (Gerald’s Game en version originale) est avant tout une histoire qu’on aurait pu juger inénarrable dès son origine. L’argument synthétique (une femme menottée à un pieu lutte pour sa survie) n’a pourtant pas empêché le maître de l’horreur d’écrire quasiment 400 pages palpitantes dans lesquelles le lecteur plongeait avec avidité, immergé dans les pensées d’une victime psychologiquement et physiquement torturée. Fidèle au roman originel, le film de Mike Flanagan (Oculus, Hush, Before I Wake) suit la descente aux enfers de son héroïne, hantée par sa conscience qui prend les atours de son mari et d’elle-même. L’incroyable Carla Gugino (Abby Rhodes de Californication) campe à la perfection cette créature en proie à ses démons. Mais pas que... puisque si ses moments sont techniquement comptés si elle ne parvient pas à se libérer, elle est également confrontée à d’autres dangers qui risquent de l’amener de vie à trépas prématurément.

Flanagan, passé expert dans l’art de mêler poésie et trouille (voir l’entièreté de son oeuvre pour s’en convaincre), met au point un huis clos oppressant et nous embarque dans la psyché bouleversante d’une femme bouleversée qui convie à quelque épisode troublant de son existence (la nuit de l’éclipse solaire). Fragile, marqué dans la chair et dans l’esprit, la belle quinqua va se révéler suite à l’acceptation de cette zone d’ombre de sa vie, refoulée dans son inconscient. En somme, King (et par extension Flanagan) se joue du lecteur/spectateur, composant une sorte de théâtre chinois où les apparences et leurs réalités se confondent, où ce que les choses semblent être ne sont pas forcément et inversement (la sorte d’Ankou venue réclamer son tribut lors de la mort).

Jessie est une oeuvre profonde, complexe qui tire une vraie tension, de réels enjeux dramatiques d’une situation a priori filiforme. Ex nihilo, King a réussi à composer une partition aussi terrifiante que bouleversante, ce que retranscrit à la perfection l’époustouflant Mike Flanagan.


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