Critique de film

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Kiss Kiss (Bang Bang)

"Kiss Kiss (Bang Bang)"
affiche du film

Felix a bientôt 50 ans, une carrière de tueur à gages au palmarès certes glorieux, mais de plus en plus émaillée d'erreurs de gâchette et de souvenirs coupables. Pour lui, le moment est venu de raccrocher. Seulement, la profession n'apprécie pas outre mesure cette retraite précoce. Felix devient donc vite la cible de ses anciens collègues, une horde d'assassins déjantés. Pour tout arranger, au moment où il récupère un job (être la nounou de Bubba, un grand garçon de 33 ans, surprotégé par un papa mafieux) sa fiancée lui annonce qu'elle est enceinte. Felix qui jusqu'à présent détestait les enfants, se trouve alors une vocation de grand frère pour le benet de 33 ans. Mais les membre de son ancien gang n'ont de cesse de le traquer. Ils finiront par rater leur cible et tuent Bubba. Pour Felix, le monde s'écroule.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Kiss Kiss Bang Bang - Une comédie qui tue
Par : Nicolas Zinque

Réalisateur peu connu, Stewart Sugg propose en 2001 son deuxième long-métrage : Kiss Kiss (Bang Bang). Cette comédie n’a pas connu une large diffusion et est tombée dans l’oubli. La sortie, 5 ans plus tard, d’un film de Shane Black, à l’intrigue différente, mais portant le même nom et ayant pour vedette Robert Downey Jr., l’a davantage enfoncée. Un malheur, car ce film est un trésor !

Stewart Sugg utilise un concept déjà bien rôdé, celui d’associer un professionnel, toujours sérieux, à un benêt plus pénible à trainer qu’un boulet. Deux personnages que tout oppose et dont la rencontre est source de gags. Dans Kiss Kiss (Bang Bang), Félix (Stewart Sugg), vétéran du crime et pince-sans-rire un peu bougon, se rend compte qu’il n’a plus le niveau. Il décide de se retirer de la profession et de laisser la place à son jeune poulain, Jimmy (Paul Bettany). Pour éponger ses dettes, il accepte de baby-sitter Bubba (Chris Penn), 33 ans, tenu par son père à l’écart du monde. Le bonhomme a tout à découvrir de la vie : les femmes, l’alcool, la cigarette. Et dans ces registres, Félix est le mentor idéal !

L’histoire en elle-même n’est pas révolutionnaire, et utilise beaucoup de situations déjà vues à de nombreuses reprises. Cependant, Stewart Sugg parvient chaque fois à proposer une petite variante, que ce soit sous la forme d’une réaction surprenante des personnages, tous loufoques, ou grâce à une réplique inattendue. En traitant de manière sérieuse une suite d’évènements improbables, il crée ce décalage qui fonctionne si bien. Stewart Sugg fait preuve d’un flegme très… british. L’humour repose également sur les dialogues, écrits d’une main de maitre. Ils sont un modèle en termes d’efficacité et d’économie : les mots tombent toujours juste, jamais un de trop ! Les personnages parlent peu, mais ils le font bien.

Les scènes ne sont pas seulement drôles, elles peuvent être émouvantes. Sans excès, sans verser dans une réflexion profonde, Sugg aborde de nombreux thèmes : la vieillesse, la liberté, l’amour ou encore la paternité. Les personnages, touchants, sont interprétés par un casting exemplaire : Chris Penn (le frère de Sean) et Paul Bettany entre autres. Puis il y a Stellan Skarsgård, impeccable dans son rôle de vieux loubar, usé et désabusé. Ses aspects sombres sont tempérés par son côté loser « inspecteur gadget ». Son interprétation renvoie à celle des acteurs des films noirs, qui mettaient en scène des détectives pas toujours nets. Kiss Kiss (Bang Bang) évoque d’ailleurs les polars des années 40-50, en les replaçant dans une ambiance années 70-80.

A ce sujet, on ne peut que s’extasier devant la bande- sonore du film, variée et colorée. Beaucoup de chansons classiques (« Together we are beautiful », « You’re the First, The Last, My Everything », « Bang Bang », « Feeling Good ») sont présentes sous leur forme originale ou sont réinterprétées pour le film. Les thèmes originaux, un peu funky, portent l’action et contrastent avec la réalisation, sobre et sans fioritures.

Justesse et sobriété sont les meilleurs qualificatifs pour cette comédie réussie. S’il avait fait preuve d’un peu plus d’audace dans son scénario, et s’il avait proposé des situations vraiment originales, nul doute que Stewart Sugg aurait réalisé un chef-d’œuvre. Kiss Kiss (Bang Bang) n’en reste pas moins un bijou, alternant tendresse (le Kiss) et action (le Bang). Fans de bonnes comédies, fans de bons films, plus une minute à perdre !


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