Critique de film

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Knightriders

"Knightriders"
affiche du film

Délaissant le fantastique, Romero imagine les pérégrinations d'une troupe itinérante de motards qui vit selon le code de la chevalerie et organise des spectacles inspirés de la Légende de la Table Ronde

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Knightriders - MMORPG
Par : Seb Lecocq

George Romero, on connaît, on aime et on respecte tous. S’il y a un réalisateur, avec John Carpenter, qui semble faire l’unanimité dans le giron des fantasticophiles, c’est bien le pape de Pittsburgh. On a tous vu et revu des dizaines de fois ses œuvres zombiesques. On avait aussi découvert une autre facette du réalisateur avec des œuvres plus personnelles comme Martin, Bruiser ou La Part des Ténèbres. Durant toute sa carrière, Romero s’est efforcé de prouver, à raison d’ailleurs, qu’il n’était pas qu’un réalisateur de films d’horreur. Son grand truc à lui, c’est plutôt l’analyse sociologique et politique de son époque, le seul élément présent dans tous ses films et une fois de plus au cœur de Knightriders. Qui, comme ne l’indique pas son titre, n’est pas une adaptation de la série K2000 (Knightrider en v.o).

Une fois encore, George Romero est un précurseur. Après avoir anticipé la vague de zombie flick, il précède d’une bonne vingtaine d’années la vague de films de geeks. Il y avait bien eu quelques œuvres issues de la même époque comme War Games, Tron ou Les Goonies mais écrivons-le tout de go : Knightriders est un pur film geek. Un film de geek, avec des geeks, pour les geeks. Les héros en sont de sacrés, les pendants geeks des personnages d’Easy Rider. Jugez plutôt : une troupe de représentation médiévale (des jeux de rôles motorisés et grandeurs nature en somme) vivant hors du temps, hors de la société et en vase clos se déplaçant de petites villes en petites villes afin de montrer leur spectacle. Cette micro-société permet à George de dépeindre les us et coutumes d’une petite communauté, son grand dada, le truc habituel, qu’il refait sans cesse de film en film, pour en tirer des conclusions sur la société occidentale en général, qu’il ne porte pas dans son cœur, et glisser une petite quenelle de 175 au système capitaliste et au rêve américain. Il ne faut pas être grand clair pour voir en cette bande de jeunes gauchistes enfermés dans une société conservatrice, un modèle de rébellion face au système cher à Romero. Mais n’ayez pas peur, tout cela s’inscrit en filigrane d’une œuvre avant tout portée par l’action et la comédie.

Le métrage se situe à mi-chemin entre Spinal Tap et Easy Rider avec de très longues scènes de combats motorisés et autres cascades qui, misent bout à bout, occupent une bonne grosse moitié de métrage. Niveau action, le père Romero assure comme une bête avec des combats rythmés, très lisibles et des cascades qui font mal et n‘ont rien à envier au meilleur du cinéma thaïlandais, pour ne citer que celui-là. Romero s’est clairement fait plaisir avec ce film et, s’il ne sera jamais le plus grand des formalistes, il démontre toutes ses facultés de metteur en scène en composant des cadres dynamiques et énergique donnant à ces scènes d’actions un rythme insensé et une lisibilité dont feraient bien de s’inspirer les actionner d’aujourd’hui. L’ensemble paraît un peu cheap aujourd’hui, spécialement les costumes et les motos customisées, mais le tout est toujours tourné dans l’optique du message du film. Si certains designs sont cheap, c’est pour affirmer et renforcé le côté indépendant et amateur de ces spectacles itinérants. Il ne faut pas oublier que pour Romero, ces personnages sont avant tout des excentriques, des artistes et des libertaires. Il ne peut s’empêcher de trouver des travers aux êtres humains, même les plus réfractaires à l’autorité (une fois de plus durement stigmatisée via le personnage des sheriffs). Le parcours du personnage interprété par Tom Savini est, à ce titre, très intéressant tant il montre le côté Obscure de La Force contenu en chacun de nous.

Knightriders est une œuvre inclassable qui ne ressemble à rien de connu sur écran. Tout ça donnant une espèce d’ode à la liberté individuelle et collective mais avec un fond toujours désenchanté et sombre de la part de Romeroqui vient apporter une nuance à un film profondément rebelle, libertaire et humaniste.


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