Critique de film

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Kung Pow

"Kung Pow: Enter the Fist"
affiche du film

La légende dit que Bruce Lee a débuté son entraînement à l'âge de six ans. L'élu est réputé avoir commencé à l'entraîner alors qu'il n'était encore qu'un foetus. Quand le légendaire Master Pain, malveillant maître Kung-fu, massacre sa famille, l'élu entreprend une quête pour venger la mort des siens.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Kung Pow : Enter the Fist - Et si Bruce Lee s’était pris un spacecake ?
Par : Wizzdumb

Orphelin depuis que Master Pain a liquidé ses parents, l’Elu a du survivre par ses propres moyens. Elevé par des rongeurs, l’Elu a connu bien des misères mais ce self-made ragondin n’oublie pas sa principale raison de vivre : venger ses parents et se payer le scalp de Master Pain, désormais connu sous le nom terrifiant de « Betty »…

Petit génie hyperactif de la comédie US, Steve Oedekerk n’a pas à rougir de son parcours puisque ses méfaits sur grand écran (il a pondu les scénarios du Professeur Foldingue, Ace Ventura : When Nature Calls, Patch Adams, Jimmy Neutron – nominé à l’Oscar en 2002 -, Bruce Tout Puissant, etc…) ont rapporté pas moins de deux milliards de dollars au box-office mondial. Insatiable artisan de l’humour gras, il a également créé une franchise, en passe de devenir culte, avec des courts-métrages parodiques mettant en scène des pouces (au choix Thumb Wars, The Thumbfather, The Blair Thumb Project). Autant dire que le bonhomme a le carreau brouillé, pour le plus grand plaisir des cinéphages décérébrés !

Kung Pow ne déroge pas à la règle et constitue – osons-le dire – l’œuvre de la maturité potache : plus subversif que les coussins péteurs éculés des ZAZ, clairement apparentés pour les geeks francophones à La Classe Américaine (1993) de Michel Hazanavicius dans le détournement de films d’archives, et rappelant The Killer Tongue (Alberto Sciamma – 1996) pour la place de choix qui est réservée à l’appendice labile, Kung Pow est un délice de non-sens et d’absurde. Utilisant des images d’archives de Savage Killers (Yu Wang), film de baston Z taïwanais de 1976 (Shao Lin hu ho chen tien hsia pour les puristes), Oedekerk a pris la place de l’acteur principal par incrustation digitale et a laissé libre cours à un déluge de vannes, s’amusant à doubler tous les autres personnages avec un décalage qui n’a d’égal qu’un mauvais porno italien ou un documentaire ukrainien d’avant-guerre.

Hommage à peine déguisé, c’est tout le cinéma HK des années 70’ qui passe à la moulinette spoof. Les passages obligés, tels que les scènes de combat, l’entraînement de l’élu, la sagesse feng-shui du yoda local, sont tous pervertis par une voix-off complètement barrée ou des dialogues complètement abscons. Tête de turc de cette pelloche sous LSD, Wimp Lo : ce jeune disciple jaloux de l’Elu, a tout appris de travers (« juste pour faire marrer les autres » explique le maître) ses bottes secrètes dans la tatane valent de l’or (le coup de nez dans le coude de l’adversaire, variante du coup de boule sur le pied de l’adversaire), et sa rhétorique virile est à l’avenant : « Moi aussi, je suis un homme : je fais pipi debout ! ».

Et quand Oedekerk ne malmène pas ses personnages, il en profite pour railler le placement outrancier de produits commerciaux dans les œuvres cinématographiques, à l’instar de Maître Tang qui traverse une cour en chantonnant « pub pour Taco Bell, c’est le moment d’une pub pour Taco Bell ! ». Les anachronismes assumés sont bien sûr légions, puisqu’on nous sert de la baston sur fond de U Can’t Touch This de MC Hammer ou du fameux Black Betty de Ram Jam alors que l’Elu est supposé traîner ses guêtres dans l’Asie du 18e siècle.
Histoire d’en rajouter une couche dans ce pot-pourri surréaliste, Oedekerk multiplie également les clins d’œil, reprenant le stop motion réinventé de Matrix (Wachowski Bros – 1999) dans un combat mémorable contre une vache à lait (le côté obscur de Milka) ou encore en demandant conseil à l’oracle léonin Mu-Shu-Fasa qui ne cesse de l’appeler Simba et clôt son intervention par « This is CNN… » (James Earl Jones étant the voice de la chaîne américaine CNN et voix d Mufasa dans le Roi Lion).

Huit ans après, Steve Oedekerk est en train de développer Kung Pow 2 : The Tongue of Fury, annoncé déjà à la fin du premier opus. Mais le zigue prend son temps et continue à se manger des centaines d’heures de films HK pour trouver les scènes idéales. A ce train-là, les ayants droit de Kurosawa seront en train de bouffer les pissenlits par la racine et il pourra allègrement piller Rashomon ou Kagemusha ! Oui bon, on peut toujours rêver, hein…

Kung Pow : Enter the Fist, c’est juste 80 minutes complètement branques à prendre au 65e degré, un hommage déviant au cinéma de genre, un cri d’amour sous un acide d’un gars qui refuse de se prendre au sérieux. A éviter donc si vous cherchez un sujet de thèse ou si vous avez le sens de l’humour aussi développé qu’un janséniste.


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