Critique de film

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L'Ultimatum des trois mercenaires

"Twilight's Last Gleaming"
affiche du film

Le dimanche 16 novembre 1981 s’annonce comme une journée tranquille pour David Stevens. Le président des États-Unis ignore qu’au même moment des évadés de prison sont en train de s’infiltrer dans une base militaire du Montana, afin de prendre le contrôle de neuf missiles nucléaires. Leur meneur, Lawrence Dell, est un ancien général de l’US Air Force condamné pour meurtre. Introduit avec succès dans le silo 3, Dell contacte l’étatmajor et impose ses conditions : de l’argent ainsi qu’une extradition à bord d’Air Force One pour lui et ses hommes. En sus, le renégat ordonne au Président de révéler un document confidentiel sur l’intervention américaine au Vietnam. En cas de refus, les fusées nucléaires seront lancées…

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Trailer - L’Ultimatum des trois mercenaires (1977)
Par : Damien Taymans


L'ULTIMATUM DES TROIS MERCENAIRES - Bande... par CoteCine

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’ultimatum des trois mercenaires - 3 salopards ?
Par : Fred Pizzoferrato

En 1977, Robert Aldrich, alors en fin de carrière, signe un curieux « Twilight’s Last Gleaming » adapté d’un roman de Walter Wager, qui mélange politique-fiction, thriller, anticipation (l’action se situe en 1981) et « film de commando ». D’une durée de 2h24, le long-métrage se plante magistralement au box-office et sort en Europe dans une version largement écourtée. La Grande-Bretagne, par exemple, eut droit à un remontage de deux heures mais, en France, le film se vit carrément ramener à 91 minutes ! Affublé d’un titre référentiel et quelque peu putassier qui évoque immédiatement le plus gros succès commercial d’Aldrich (Les 12 Salopards pour les distraits), cet L’Ultimatum des trois mercenaires perd donc près d’une heure lorsqu’il débarque dans les salles françaises en 1978. L’intrigue se voit, dès lors, resserrée au niveau de l’action pure après avoir été délestée de toutes ses considérations politiques et s’inscrit dans la féconde lignée, tant cinématographique que littéraire, du chantage à l’arme nucléaire.

Un général américain évadé de prison, Lawrence Dell (Burt Lancaster) met sur pied un petit commando composé d’anciens militaires désabusés et s’empare d’un silo de missiles nucléaires situés dans le Montana. Le haut-gradé réclame dix millions de dollars, une fuite à bord de Air Force One, et, surtout, la divulgation de rapports secrets concernant la guerre du Viet-Nam…

Si la restauration du métrage jadis expurgé pour son passage dans les salles plaira aux cinéphiles qui pourront, enfin, découvrir le film désiré par Aldrich, difficile, de manière purement subjective, de ne pas trouver, parfois, le temps long lors des discussions politiques qui émaillent régulièrement l’intrigue. Les militaires rebelles souhaitent, en effet, révéler la vérité sur l’implication (purement propagandiste et inutile) américaine au Vietnam et cette demande entraine de nombreuses palabes et joutes verbales. Une vérité inavouable pour l’Etat-major qui envisage, en dernier recours, de sacrifier le président en personne (un excellent Charles Durning refusant son rôle d’agneau expiatoire) pour déjouer le plan des « trois mercenaires ».

Toutefois, la charge politique virulente ne peut entièrement masquer les carences en rythme d’un long-métrage souffrant d’un réel ventre mou après une entrée en matière électrisante et rondement menée qui voit le commando investir une base militaire et s’emparer de neuf missiles nucléaires. Quelques punchlines plaisantes (« vous voulez dire qu’il possède maintenant une arme nucléaire »… « non, il en possède neuf ! ») trahissent d’ailleurs la nature schizophrène d’une œuvre partagée entre le divertissement de série B et le pamphlet socio-politique acide. Cette attitude ambivalente se retrouve également dans le personnage de Burt Lancaster, lequel passe, à plusieurs reprises, du révolutionnaire exalté au psychopathe prêt à déclencher l’apocalypse.

Utilisant sans vergogne le split-screen, Aldrich dynamite par ce procédé les rares scènes d’action et contourne habilement ses évidentes restrictions budgétaires afin de rendre palpitante une prise d’assaut de la base par l’armée américaine qui pourrait s’achever par le décollage d’une poignée de têtes nucléaires. Si les considérations politiques deviennent un poil redondantes au fil du métrage, la dernière demi-heure, revient, heureusement, à une ambiance plus tendue et s’achève par une fin d’une noirceur et d’un cynisme rare qui devrait enchanter les admirateurs de John Carpenterpériode New York 1997.

En dépit de ses longueurs et problèmes de rythmes qui peuvent décevoir les amateurs de thrillers d’action nerveux, L’Ultimatum des trois mercenaires reste une curiosité intéressante servie par une distribution prestigieuse. Les amateurs de récit paranoïaques, très seventies dans leur approche dénonciatrice d’un possible complot national, devraient par conséquent pouvoir y trouver leur content.


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