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LE RAT DU CLICK - Alien : Isolation, Valley

Une boucle jeu vidéo-cinéma bouclée.

SOMMAIRE

Le The Game : Alien : Isolation (Creative Assembly)
Le Flash de Harder : Valley (Blue Isle Studios)

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INTRODUCTION

La sortie sur grand écran d’Alien : Covenant peut être l’occasion de revenir sur le seul jeu vidéo vraiment digne d’attention dédié au monstre gigérien : Alien : Isolation. Le Rat s’épargnera, et vous épargnera par la même occasion la longue liste des boires et déboires vidéoludiques par lesquels est passée la bête, pour vous proposer une petite relecture du jeu édité par SEGA. Développé par Creative Assembly pour Windows et consoles, puis par Feral Interactive pour Mac et Linux, Alien : Isolation aura été dès sa sortie l’objet d’un malentendu relatif, en raison probablement de choix promotionnels tactiques compréhensibles, mais rétrospectivement pas nécessairement bien venus. Abordé et présenté sous l’angle du FPS et du Survival Horror alors qu’il est avant tout un jeu d’aventure science-fictionnel ; trop souvent comparé à des canons du genre tels que Doom 3 ou Dead Space 1 et 2 ; Alien : Isolation aura autant séduit que laissé mitigé. Or, bien qu’il cloisonne le joueur dans un lieu hostile et claustrophobique paumé au fin fond de l’espace, et en dépit des emprunts qu’il leur fait, l’alien n’est pas vraiment comparable à ces prédécesseurs. Des jeux dont il est certes chronologiquement un successeur, mais dont Alien, le huitième passager reste une source d’inspiration majeure. Alien : Isolation boucle donc une boucle jeu vidéo-cinéma, ce qui en soi est déjà relativement honorable, et rend difficilement défendable d’un point de vue critique une note inférieure à 15/20. Au programme de cette chronique, aussi, le fort sympathique Valley de Blue Isle Studios.

LE THE GAME : Alien : Isolation

(Jeu joué en version Alien : Isolation Collection sur Steam)

On ne ne refera pas ici une présentation complète du jeu déjà disponible sur Wikipédia. Le joueur y incarne Amanda Ripley, la fille d’Hélène Ripley, partie en quête des traces de sa mère sur la station spatiale Sébastopol. Pour une batterie de tests complets, il suffit de cliquer vers Gamekult ou Jeux Vidéo.com. Le Rat se contentera de se porter en faux contre le sévère 6/10 collé par Gamekult, limite inintelligible dans la mesure où ils ont mis un 9/10 à Stasis et un 8/10 aux deux premiers Dead Space. De franches réussites dans leurs parties respectives, certes, mais qui n’ont pas eu à porter un cahier de charges narratif du poids de celui que porte l’alien.

Le point crucial avec Alien : Isolation, est la référence cinéphilique, avec les contraintes narratives que cela implique, et la recherche d’un équilibre en termes de narration interactive. Il faut accorder à Creative Assembly d’avoir su scrupuleusement respecter son cahier de charges, l’insert scénaristique de leur alien à l’intérieur de la saga filmique étant rigoureusement cohérent. Au niveau des ambiances, le jeu renoue, ce qui a été déjà amplement souligné, avec celles du film original de Ridley Scott. Mais il met aussi à profit un héritage vidéoludique (Doom, Dead Space, Resident Evil, mais aussi Lara Croft pour la bravoure du personnage féminin) qui l’entraîne, parfois maladroitement (ATTENTION SPOILER ex : trop d’oeufs sans poule pour les pondre), sur le terrain des films de James Cameron et de David Fincher. La vaste station spatiale est une prison labyrinthique qui sert de ruche, avec des humains et des androïdes qui peuvent se montrer aussi dangereux et violents que l’alien. Amanda Ripley, en quête de réponses sur ce qui est arrivé à sa mère, s’adapte, bricole (collecte d’items, fabrication d’objets), et parfois tue ; elle est tout sauf une victime qui subit un siège.

Le grand frisson horrifique dans tout ça ? Exceptés une première heure de jeu et un final qui vous apporteront vos seules véritables sensations de Survival Horror, n’attendez pas d’Alien : Isolation qu’il vous mette le trouillomètre à zéro. Creative Assembly ne semble même pas s’être donné la peine d’essayer de rivaliser avec l’épouvante distillée par le chef-d’oeuvre de Ridley Scott. Non, l’intérêt foncier du jeu tient avant tout dans sa dimension aventure. Une aventure sci-fi qui au niveau du gameplay présente le mérite de proposer un subtil mélange d’exploration, d’infiltration, de survival, de FPS, et d’alternatives fuite-action-ruse. Une recherche d’équilibre entre ces différents éléments, non exempte de défauts, et qui faute d’un véritable climat d’horreur proprement dit, n’en offre pas moins un exercice de mise sous tension variable suffisamment convaincant et servi par une bande sonore efficace.

Creative Assembly aura pour se faire opéré un choix de moyens homogènes, même si parfois agaçant ou frustrant. Hormis quelques jump scares modérément dosés, les confrontations avec l’alien (dont le level design est assez jouissif), les autres humains et les androïdes, tiennent d’un sempiternel jeu de cache-cache qui compliquera sérieusement l’accomplissement de vos missions et l’exploration de la station (quant à prendre le temps d’apprécier les tags gentiment subversifs qui recouvrent les murs de Sébastopol...). Eviter l’agacement de certaines répétitions de séquences de jeu exige en conséquence quelques efforts stratégiques, aléatoirement payants. Le système de sauvegarde "old-school" par bornes-checkpoints (directement inspiré des machines à écrire et des rubans resident evilien qu’il assouplit), souvent critiqué, participe activement à la tension du jeu. A l’instar de l’interface de jeu alambiquée, et du détecteur de mouvement pas toujours précis. Certains éléments très survival de gameplay, enfin, ont été parfois jugés désuets ou rétrogrades, bien qu’ils fonctionnent encore : devoir pianoter plusieurs fois sur le clavier ou la manette pour ouvrir une simple porte peut paraître absurde et obsolète en soi, mais prend tout son sens avec un alien ou un androïde sur le cul.

VERDICT DU RAT : faut-il au final considérer Alien : Isolation comme un jeu qui s’évertue avant tout à satisfaire une fan base sensible en termes de données esthétiques et narratives ? Il y a de ça. Mais pas que. Car le gameplay mis en place par Creative Assembly, rigoureusement logique quoi qu’on puisse en dire, ainsi que le délicat équilibre recherché (même si parfois manqué) entre ses différents éléments, font de ce jeu, au même titre que Stasis, une des rares alternatives vidéoludiques proposées au Survival Horror spatial de type shoot em up, genre qui rappelons-le à toutes fins utiles, compte bien plus de daubes que de réussites. Assez éloigné, de par sa dimension aventure plus creusée, du bourrinage d’un Doom et de la linéarité d’un Dead Space, l’alien pèche peut-être par trop de générosité, et souffre principalement d’un système de chargement qui rame, d’un level design pas toujours à la hauteur, de quelques séquences de jeu frustrantes ou aux longueurs inutiles, et d’un prix aujourd’hui encore pas franchement compétitif. A pêcher en version collection sur Steam, un jour de bonne promo, ou d’occasion, ailleurs.

Retrouver Alien : Isolation sur Steam

Retrouver Alien : Isolation Collection sur Steam

LE FLASH DE HARDER : VALLEY

Blue Isle Studios avait su sortir de l’anonymat en surfant sur la vague virale d’un mème croquemitaine, le Slenderman. Leur premier jeu connu sur la scène internationale, Slender : The Arrival, développé en étroite collaboration avec Parsec Productions, apportait un semblant d’aboutissement à l’hystérie vidéoludique inaugurée par Slender The Eight Pages.

Avec Valley, cette petite équipe canadienne passe à tout autre chose et à un autre niveau. Ce jeu combine exploration en monde pseudo ouvert, FPS, vitesse, saut, plateforme, aventure et fable contemplative métaphysico-écologique. On ne vous répètera pas ce que vous pouvez entendre dans le test vidéo ci-dessus, vous signalant seulement que Valley a fait depuis l’objet de patchs, et que la combinaison L.E.A.F que l’on revêt, ainsi que le ton foncièrement pacifiste (voire anti-militariste), ne sont pas sans rappeler le sympathique A Story About My Uncle. Pacifiste, écologique, contemplatif, mais sombre aussi, Valley bénéficie d’une superbe réalisation graphiquement et musicale.

Retrouver Valley sur Steam

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