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LE RAT DU CLICK - WRF Studios, histoire d’un pionnier.

Du côté d’un certain William R. Fisher III et des origines du survival horror.

SOMMAIRE

Bill Fisher : de SoftLab à WRF Studios (1988/1994)
WRF Studios et Last Half of Darkness (2000/2015)
WRF Studios depuis 2015 : Steam et le jeu vampirique
Last Half of Darkness : Le site officiel de WRF Studios (fondé en 1988)

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INTRODUCTION : les origines du survival horror

S’il faut bien accorder au Resident Evil de 1996, premier jeu qualifié de survival horror, d’avoir su opérer dans la foulée du Alone In The Dark d’Infogrammes (1992) une fusion décisive entre jeu d’aventure horrifique et jeu d’arcade, les développeurs n’ont pas attendu les années 90 pour verser dans le jeu vidéo intégrant des éléments horrifiques. Ainsi se souviendra-t-on peut-être du jeu d’aventure graphique textuelle The Hobbit de Melbourne House (1982), dont les trolls, qui pouvaient vous tomber dessus de manière punitive à tout moment, constituent une véritable mécanique fossile du survival horror (un jeu qui en outre peut rétrospectivement être considéré comme un des premiers exemples de gameplay émergent). Mais c’est du côté du jeu d’arcade que ceux qui étendent au maximum la notion de survival horror, pour en proposer paradoxalement une compréhension minimale, pensent trouver l’une des toutes premières mécaniques avec Haunted House sorti en 1981 sur Atari 2600. La question de l’usage d’un terme apparu durant les 90’s pour qualifier les jeux vidéo d’horreur sera donc remontée au début des 80’s en prenant Alone In The Dark comme axe charnière.

Si l’emploi rétrograde du qualificatif de survival horror peut parfois sembler abusif, il témoigne cependant d’une véritable recherche des origines du jeu vidéo horrifique, lequel aura puisé à la fois dans la littérature et le cinéma principalement américains et japonais. Dès 1983 sortaient sur Atari 2600 le controversé Texas Chainsaw Massacre, Halloween, ou Frankenstein’s Monster, trois jeux d’arcade opportunistes et bien inoffensifs en eux-mêmes, mais qui ont ouvert les vannes mainstream de l’horreur vidéoludique. Les créatures fantastiques littéraires et cinématographiques allaient pour le meilleur et le pire investir les pixels (cf la petite liste dressée par Survival-Horror.com), dont on retiendra ici les jeux d’aventure textuelle Zombi (le tout premier jeu d’Ubisoft qui est sorti en 1986), directement inspiré du Zombie de Romero, et Gremlins : The Adventure (1985) de Brian Howarth et Adventure International, où le joueur, incarnant Billy, devait venir à bout d’une invasion de gremlins (solution). On remarquera accessoirement que si Jason a débarqué sur les ordinateurs familiaux en 1985 avec Friday the 13th : The Computer Game, c’est en 1988 que cette figure du slasher a fait scandale avec le très violent pour l’époque beat’em’all Splatterhouse de Namco. On signalera enfin que le Sweet Home de Capcom (1989) contient des mécanismes qui seront repris dans Resident Evil.

Adventure, Atari 2600, 1979

Côté point’n’click, la géniale Roberta Williams (qui n’est rien moins que la fondatrice du jeu d’aventure graphique textuelle et de Sierra Entertainment), initialement inspirée par le jeu Adventure de Warren Robinett, réempruntait en 1987 les voies de son Mystery House (1980) avec The Colonel’s Bequest, distillant les frissons du suspense et du thriller façon Agatha Christie. En 1988, Le Manoir de Morteville, même s’il n’est pas un jeu de frissons à proprement parler, réutilisait quant à lui le procédé de l’enquête dans un manoir caractérisant Mystery House. Le début des années 90 n’inaugura rien de véritablement nouveau. Les développeurs passèrent juste à la vitesse supérieure, notamment avec en 1992, Cyberdreams, dont le Darkseed, développé en compagnie du génialicime HR Giger, franchissait le pas de l’horreur psychologique. Un Darkseed II sortira en 1995, la même année que le Phantasmagoria de Roberta Williams, prenant place entre Alone In The Dark et le premier RE.

Sites à consulter :

Les Autres Survival Horror qui propose en outre plusieurs liens vers des sites dédiés au survival horror.

Le top survival horror de Sens Critique

Liste de jeux horreur et malsain de Sens Critique

Bill Fisher : de SoftLab à WRF Sudios (1988/1994)

Sur le terrain indépendant si en vogue aujourd’hui, WRF Studios et le jeu vidéo fantastique confine à l’histoire d’amour underground. Une histoire de pionnier, à l’instar de Roberta Williams, même si le parcours de WRF Studios, pour le moins clandestin, aura eu lieu bien loin des lumières glorieuses de Sierra. C’est en 1988 que Bill Fisher, qui se renomme William R. Fisher III, fonde SoftLab. Dès 1989 sortait un premier jeu sur MS-DOS, Last Half of Darkness (disponible en émulation en ligne). Un jeu d’aventure graphique avec puzzles à résoudre, combinant comme Enchanted Scepters (1984), l’interface Point & Click et un champ texte. Le jeu allait rapidement prendre des airs de franchise, avec deux suites, Last Half of Darkness II en 1992, puis Last Half of Darkness III en 1993, qui à l’instar de Déjà Vu (1985), supprimait totalement le champ texte à la faveur du point’n’click.

1994 aurait pu être une année décisive pour la petite entreprise rebaptisée William R Fisher III Studios, avec la sortie de Death by Dark Shadows, un pastiche honorable du style Prince of Persia, et de The Romantic Blue, qui combine amour romantique et aventure fantastique, et trouve un éditeur qui le publie sur CD-ROM : CrystalVision Brand Software (branche de Micro Star Software). Mais en dépit ce que l’on pourrait considérer comme un succès d’estime relatif, Bill Fisher ne semble pas être un développeur capable de s’adapter aux compromis nécessaires pour travailler avec un éditeur, et sa production tombe dans un black out de 6 ans.

WRF studios et Last Half of Darkness (2000/2015)

En 2000, le studio donne à nouveau signe d’activité sous le nom de WRF Studios en proposant une relecture de Last Half of Darkness. Le jeu troque les pixels pour des montages de photos retouchées (1), use et abuse du jump scare, et se voit agrémenté d’une bande son digne d’une série B gothique de la Hammer. Cette tentative de remake/reboot sortie sur Windows, et entièrement développée et éditée par WRF Studios confirme, même si elle fleure la série Z, que Bill Fisher est habité par la détermination d’un véritable artisan indépendant.

Après un silence radio de trois ans, Fisher livre en 2003 avec Ghostblood un RPG old school plutôt réussi qui préfigure ce que fera WRF Studios à partir de 2015 . 2005 voit la parution d’un puzzle-game Jewels of Black Windows (qui comporte quelques cinématiques fantastiques), et surtout, du reboot Last Half of Darkness : Shadows of the Servants, qui pour tout cheap qu’il soit, est assez bien reçu par les joueurs de point’n’click fantastique. En 2007, sortie de William R. Fisher’s Beyond the Spirit’s Eye, suivi en 2009 de Tomb of Zojir : Last Half of Darkness. Ces trois jeux sont regroupés en 2011 sous le nom de Last Half of Darkness Trilogy. Last Half of Darkness : Society of the Serpent Moon, enfin, qui s’adresse aux puzzle-gamers chevronnés, est édité dans la foulée, et représente à ce jour le jeu le plus abouti techniquement de la franchise (Screen Shots disponibles ici). Il est à noter que l’on y passe du mode de jeu à la première personne jusque là privilégié, au mode de jeu à la troisième personne.

Nouveau silence radio de quatre ans cette fois-ci. En 2015, après avoir été greenlighté, Fisher ressort des ténèbres underground, et embarque en août sur le vaste océan steamien qui fait la joie des productions indépendantes, avec Last Half of Darkness : Society of the Serpent Moon, dont l’acquisition pour la modique somme de 4,99 euros vous offre en contenu additionnel Last Half of Darkness Trilogy.

Retrouver Last Half of Darkness : Society of the Serpent Moon sur Steam

(1) Procédé dont Melting Mindz (connu aussi sous l’avatar Selfdefiant) use et abuse pour ses escape games horrifiques.

WRF Studios depuis 2015 : Steam et le jeu vampirique

Avec son dungeon crawler Bloodlust : Shadowhunter paru en septembre 2015, Bill Fisher se détourne du point’n’click pour renouer avec le RPG qu’il axe sur le jeu vampirique en 3D. Un genre qu’il n’a plus quitté depuis. Bloodllust donne la possibilité d’incarner un vampire homme ou femme pouvant prendre la forme d’une sorcière, d’un voleur ou bien d’un guerrier. Le jeu dispose de statistiques et de compétences évolutives. Il y a du loot. L’histoire non-linéaire propose quant à elle d’explorer des donjons, des tunnels, des égouts et les sous-sols d’un asile dans lesquels se cachent de nombreux pièges et trésors. Le tout se joue en temps réel et à la troisième personne. Bloodlust 2 : Nemesis, sorti en 2018, est une suite orientée Hack’n’Slash. Dernier signe d’activité en février 2019 avec lost city of Vampires (gratuit), qui délaisse totalement le RPG pour un TPS pas franchement concurrentiel où le joueur incarne Van Helsing.

BLOODLUST : SHADOW HUNTER - GAMEPLAY

BLOODLUST 2 : NEMESIS - TRAILER

LOST CITY OF VAMPIRES - GAMEPLAY

Bill Fisher est non seulement un véritable artisan du jeu vidéo fantastique indépendant, mais il en demeure en outre un authentique pionnier. Oscillant, pour emprunter au vocabulaire cinématographique, entre le Z et le Bis, son obstination à développer, en construisant ses propres franchises, des jeux à l’ancienne, finit par inspirer un certain respect. En somme, Fisher est un développeur qui dans le monde de la production horrifique indépendante si en vogue aujourd’hui mérite largement droit de citer sur le terrrain du point’n’click et du RPG

Retrouver Bloodlust : ShadowHunter sur Steam

Retrouver Bloodlust Nemesis sur Steam

Retrouver lost city of Vampires

LAST HALF OF DARKNESS : le site de WRF STUDIOS

Les villages déserts possédés par les forces occultes d’un gemme immémorial vous appellent ? Vous entendez les voix antiques des ténèbres résonner à travers un esprit maléfique qui contamine les singes et maudit les humains ? Vous savez que les fantômes attendent leur heure, cachés dans les ombres et les brouillards ? Vous savez que les vampires règnent sur la nuit et que le Mal peut surgir à tout moment afin de prendre possession des vivants et les emporter dans la souffrance, la folie et la mort ? Oui, bien sûr, vous savez...

Bien que tourné, comme son nom l’indique, du côté des ténèbres, le site anglophone Last Half of Darkness fait preuve de bienveillance visuelle et économique à l’égard de ses visiteurs : présentation soignée, screen shots à foison, story lines, descriptifs détaillés des jeux, et des démos gratuites téléchargeables pour tester la marchandise avant tout achat éventuel. Le site propose aussi des liens vers des critiques.

Visiter le site officiel de WRF Studios

Retrouver WRF Studios sur MobyGames

Retrouver WRF Studios sur Steam

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