Critique de film

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La Nonne

"The Nun"
affiche du film

Enquêtant sur le suicide mystérieux d'une nonne en Roumanie, un prêtre et une jeune novice affrontent bientôt une force maléfique d'une rare violence…

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Trailer - La Nonne (2018)
Par : 

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Nonne - Holy Shit
Par : Samuel Tubez
Tags : Possession

James Wan poursuit l’exploitation de sa saga Conjuring en produisant ce spin-off qui met en scène le démon Valak dont l’apparence est celle d’une terrifiante nonne (voir Conjuring 2 : Le cas Enfield). Une bonne idée, vraisemblablement, puisqu’il s’agit du meilleur démarrage au box-office de la saga tournant autour des dossiers Warren avec 53,5 millions engrangés lors du premier week-end d’exploitation aux Etats-Unis.

Après le premier Conjuring (2013), on avait bien perçu tout le potentiel cinématographique d’un univers interconnecté lié aux enquêtes paranormales des Warren, et l’annonce officielle de divers spin-off nous enthousiasmait autant qu’elle nous inquiétait. Depuis, on a eu droit à deux Annabelle en plastique et un second Conjuring en béton armé. Les films canoniques sont mis en scène par James Wan en personne tandis que les spin-off sont confiés à de sombres faiseurs (John R. Leonetti à qui l’on doit Annabelle et…Mortal Kombat : Annihilation) ou de « jeunes » réalisateurs faisant encore leur preuve dans le genre (David F. Sandberg, qui est derrière Annabelle 2 et Lights Out, ainsi que l’irlandais Corin Hardy qui dirige cette Nonne après s’être fait remarquer avec Le Sanctuaire).
D’un côté des films d’épouvante solides, de l’autre, des frissons faciles du samedi soir. Sans surprise, La Nonne fait partie de la seconde catégorie, enchaînant les jump scares les plus éculés au sein d’un récit incroyablement fainéant. Vous vouliez en savoir plus sur le démon Valak ? Ce film ne vous apprendra pas grand-chose de plus que ce qui a déjà été dit dans Le cas Enfield. Vous attendiez une bonne dose de mystère et un climat anxiogène ? Que nenni. Certes, le cadre choisi (une lugubre abbaye perdue au fin fond de la Roumanie) est gothique à souhait et la photo parfaitement sombre, mais tandis que cette dernière ne sert qu’à mettre en lumière (ou plutôt dans l’ombre) une pléthore de lieux-communs, le décor est quant à lui honteusement sous-exploité. Du gâchis.

Pour cacher un scénario très bis qui ne s’assume pas (un démon enfermé au temps des croisades dans les profondeurs du couvent peut-être repoussé à l’aide du sang du Christ contenu dans une fiole - un clin d’œil à Demon Knight ?), le film enchaîne jusqu’à l’écœurement les jump scares prévisibles, les apparitions dans le dos des protagonistes et nous sert l’une ou l’autre possession grand-guignolesque. De plus, les incohérences sont au programme avec une entité qui peut par moments faire preuve de pouvoirs sacrément puissants (enterrer vivant un prêtre en deux secondes chrono) mais qui, à d’autres, prend bien trop son temps pour se débarrasser d’une sœur novice (la mono-expressive Taissa Farmiga).
Autant dire que l’aura de la Nonne, sacrément terrifiante dans le film de James Wan, en prend un sacré coup. Quid d’ailleurs de son affiliation avec Conjuring 2 ? Une très brève scène d’intro nous rappelle qui sont les Warren et comment ils ont été affectés par Valak et un épilogue encore plus court nous les montre à nouveau aux prises avec le Démon pour bien nous faire comprendre que le Mal ne s’arrête jamais. Tout comme la cupidité hollywoodienne.

In fine, si La Nonne avait embrassé ses velléités bis à la façon du Couvent de Mike Mendez (pour rester dans le même cadre sacré) en versant bien davantage dans les sordides manifestations démoniaques et l’hémoglobine tout en assumant des punchlines over the top (« Holy shit ! » s’exclame un jeune éphèbe lorsqu’on lui dévoile le sang du Christ, « The Holiest », lui répond très sérieusement le prêtre), il aurait probablement été amusant. Et si, d’un autre côté, il se serait véritablement appliqué à raconter une histoire et soigner ses personnages tout comme sa mise en scène (à l’image des deux Conjuring), il aurait pu être un beau ride cauchemardesque. Mais le fait est qu’il n’est ni l’un ni l’autre, étant très mal assis entre deux vieilles chaires sur le point de se briser.

« Désacralisant » complétement l’image terrifiante du démon Valak tel qu’il apparaissait dans Le cas Enfield, La Nonne loupe le coche. Ni fun, ni anxiogène, il accumule les jump scares avec beaucoup trop de fainéantise pour dissimuler un script anémique. Un rendez-vous manqué qui ferait presque passer les deux Annabelle pour de bons films d’horreur.


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