Critique de film

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Les Vierges de la pleine lune

"Il plenilunio delle vergini"
affiche du film

Un archéologue et son frère sont rivaux car ils recherchent tous les deux un anneau légendaire donnant de grands pouvoirs. Alors que Franz retrouve le premier la trace de la bague, il débarque dans le château de la veuve de Dracula. Il découvre que des sacrifices de jeunes vierges y sont pratiqués !

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Trailer - Les Vierges de la pleine lune (1973)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Vierges de la pleine lune - Gothique Sexy Hammer Show
Par : Fred Pizzoferrato

S’il n’est pas le plus connu des cinéastes italiens ayant œuvré dans le bis, Luigi Batzella a cependant une poignée de métrages marquants (pour le meilleur ou pour le pire) à son tableau d’horreur. Dissimulé sous divers pseudonymes (Paolo Solvay, Ivan Kathansky, Dean Jones, Paul Hamus), le cinéaste a exploré les divers genres populaires des années ’60 et ’70, passant du western à la nunsploitation puis à la nazisploitation (le « fameux » Holocauste Nazi) sans négliger l’épouvante érotique (Nue pour Satan) et même, en guise de dernière œuvre (d’ailleurs non créditée), le kung-fu bruceploitation.
Les Vierges de la pleine lune, datant de 1973, s’inscrit davantage dans une veine plus classique de part, notamment, la construction un poil plus rigoureuse de l’intrigue en dépit de ses nombreuses ellipses et invraisemblances. Manifestement inspiré des productions Hammer (et en particulier de leur "Dracula"), le cinéaste en propose ici une vision déviante et bigarrée, dominée par l’érotisme et la bizarrerie.

Deux jumeaux, Karl et Franz Schiller, sont à la recherche d’un légendaire artefact, l’anneau des Nibelungen. Décidé à se l’approprier à tout prix (et surtout avant son frère !), Franz se rend dans le petite village de Ladragu, en Transylvanie, où fut jadis bâti le sinistre castel du comte Dracula. La séduisante comtesse de Vries l’accueille, l’invite à diner et balaie ces lugubres légendes d’un geste de la main avant de séduire le jeune homme qui succombe à sa morsure vampirique. Bientôt, Karl arrive également dans la contrée maudite afin d’interrompre un rite satanique séculaire au cours duquel cinq jeunes vierges sont promises au Malin…

Variation sur les principaux mythes du vampirisme (Dracula est ici l’époux d’une comtesse sanglante manifestement inspirée de Bathory), Les Vierges de la pleine lune constitue une étrange décoction entre classicisme gothique (dans la lignée des productions Hammer mais aussi de la vague italienne initiée par Freda et Bava) et pure exploitation. Le film débute ainsi de manière traditionnelle avant d’être contaminé par des éléments de plus en plus « bis », lesquels, aussi incongrus soient-ils, relançant l’intérêt de cette oeuvrette sympathique. Sans faire de demi-mesure, Batzella convie ainsi château menaçant (celui, bien connu, de Balsorano dans les Abruzzes), chauve-souris géante (un effet spécial risible mais l’intention y est), sacrifices rituels, nymphettes virginales et dévêtues, bain de sang, tombes entrouvertes d’où s’échappent une brume mortifère,… Tout l’attirail charmant d’un fantastique certes désuet mais toujours plaisant répond à l’appel et il est agréable de s’y replonger avec un soupçon de nostalgique indulgence. Les nombreuses scènes de nudité gentiment osées, les passages excessifs qui frôlent le nanar mais rendent l’ensemble sacrément divertissant, la folie communicative d’un final déjanté rendent l’ensemble foutraque et parfois bancal mais également rythmé et rarement ennuyeux. La durée restreinte (à peine plus d’une heure et quinze minutes) aide en outre à maintenir un rythme de bon aloi qui évite les sempiternelles déambulations dans des corridors empoussiérés.
La mise en scène correcte de Batzella, aidé par la photographie toujours somptueuse de Joe d’Amato (qui aurait également participé à la réalisation) subliment pour leur part la vénusté de Rosalba Neri, grande spécialiste du bis italien ici joliment dévoilée notamment dans une scène mémorable où, dans son cercueil, elle reçoit de la part de ses attentionnées séides une affusion de sang qui tavèle d’écarlate son corps dénudé.

Sans être parfait, Les Vierges de la pleine lune saura satisfaire les amateurs de fantastique gothique et les aficionados de l’exploitation, les uns et les autres lui pardonnant son côté bordélique pour apprécier son univers coloré et décadent proche des bandes dessinées pour adultes d’antan. Plaisant.


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