Critique de film

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Living and the Dead (The)

"The Living and the Dead"
affiche du film
  • Année de production : 2006
  • Réalisateurs : Simon Rumley
  • Scénaristes : Simon Rumley
  • Acteurs : Roger Lloyd-Pack, Leo Bill, Kate Fahy, Sarah Ball, Neil Conrich
  • Musique : Richard Chester
  • Genre : Fantastique, Psychologique
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h23
  • Budget : 650 000 dollars
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Prix du Meilleur acteur (Leo Bill), Meilleur réalisateur, Meilleur maquillage, Meilleure image et Meilleure actrice de second rôle (Kate Fahy) au festival d'Austin en 2006 New Visions Award à Sitgès 2006

Proche de la faillite, l'ex-Lord Donald Brocklebank est contraint de vendre l'immense château où il vit avec sa femme et son fils schizophrène James. Cependant, sa femme tombe gravement malade et doit être surveillée toute la journée par une infirmière. James veut absolument prouver à son père qu'il est un adulte responsable. Et c'est alors, en essayant de faire de son mieux, qu'il enferme l'infirmière hors du château. L'état de sa mère empirant, James est envahi par le stress de la situation...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The Living and the Dead - Entre deux mondes
Par : Damien Taymans
Tags : Psychologique

Lord Brocklebank est au bord de la ruine. Son empire se morcèle de toutes parts, son épouse est en phase terminale et son fils trimballe comme il peut sa schizophrénie avancée. Appelé à l’extérieur, le maître de la maison laisse seuls sa femme et son fils aux soins d’une infirmière. Sauf que, James, le fils demeuré, entend prouver à son père qu’il est un adulte responsable et qu’il peut s’occuper seul de sa mère mourante. Se barricadant dans le manoir, James tente de prodiguer les soins nécessaires à sa maternelle mais il est rapidement rappelé par ses pulsions schizophréniques.

Emylia, nouveau distributeur sur le marché DVD, signe un tour de force en proposant d’emblée une incursion dans le genre via une sélection de cinq métrages horrifiques regroupés sous l’appellation « Sélection Extrême ». Force est constater que, si le fait est assez rare que pour être souligné, les œuvres retenues ne s’apparentent visiblement qu’à de sous-productions Z fauchées à l’aura déjà ternie par une naissance tumultueuse ou par une tournée de festivals peu fructueuse. Or, réduire cette sélection à de si simples considérations basées sur des aprioris trop rapidement avalisés reviendrait à passer à côté de l’une ou l’autre péloche éminemment intéressante. Il en va ainsi de ce britannique The Living and the Dead réalisé par Simon Rumley déjà responsable de trois oeuvres en format long (Strong Language, The Truth Game, Club Le Monde) aux accents tout autant fictionnels que biographiques. Touché par le décès de sa mère des suites d’un cancer foudroyant, Rumley transpose sur pellicule le cauchemar qu’il a lui-même vécu, mettant en avant l’agonie de la mère de famille, dépeignant son martyre avec un réalisme détonnant à la mesure du calvaire enduré.

Une agonie qui prend forme dans une atmosphère glaciale trouvant ses racines dans les circonstances de l’action mise en place. James, fils demeuré, incapable de se gérer lui-même, entend s’occuper seul de sa mère souffrante en l’absence du paternel, décrochant pour ce faire le téléphone familial et barricadant toutes les portes de la demeure afin d’empêcher l’intrusion de l’infirmière. Au sein de cet édifice labyrinthique aux murs dénués de tout ornement, symbole de la dégénérescence aristocratique de la famille, les deux personnages coexistent dans un rapport de force mis à mal par l’état de santé de l’un et de l’autre. Fier de son titre de maître de maison, le schizophrène tente maladroitement de veiller sur sa mère, la bourrant de médocs pour accélérer sa guérison et l’abandonnant sans cesse pour se rappeler sa présence quelques minutes plus tard. De son côté, la mère, en phase terminale, est incapable de faire parler l’autorité naturelle qui lui donne l’ascendant sur ce fils incompétent. Les rappels à la raison ne servent de rien : la situation empire de minute en minute à l’instar de la santé mentale du nouveau chef de famille, perpétuellement sur le fil du rasoir. Progressivement, Rumley efface la frontière dressée entre la fiction et la réalité, adoptant des points de vue différents au point de brouiller complètement les pistes et de mêler habilement onirisme et vérité en un patchwork d’émotions tourbillonnants au gré d’images fictionnelles et réalistes.

Rumley parvient avec The Living and the Dead à instaurer un climax ténébreux au sein duquel toutes les références, tous les garde-fous se voient balayés au profit d’une descente aux enfers autant mentale que viscérale. A défaut d’être complètement sous le charme (certains défauts minent l’ensemble comme l’excellent Leo 28 jours plus tard Bill qui cabotine parfois ou les accélérés inutiles censés mettre en avant la dégradation mentale du personnage), on ressort retournés de cette expérience singulière.


Critique de The Living and the Dead - Le fou du Lord...
Par : Gore Sliclez

Attention bijou ! Venu de nulle part, passé totalement inaperçu dans nos contrées francophones, il aura fallu un petit éditeur indépendant (Emylia) pour nous racheter et visionner enfin en DVD ce film ovni venu tout droit de la campagne anglaise.

The Living and the Dead (titre pourtant peu inspiré) est une immersion totale dans le monde décalé et terrifiant de la schizophrénie que le réalisateur Simon Rumley a voulu reproduire dans ce drame familial où un enfant atteint de la maladie devient soudainement source de tous les dangers pour ses parents.

Dans une vaste demeure castrale, son propriétaire, Donald Brocklebank, époux dévoué et touchant se retrouve confronté à la maladie très grave (cancer ?) de son épouse et à la folie destructrice de son fils James. Une situation dramatique que Rumley arrive à retranscrire de façon bouleversante mais surtout très crue dans son film. Un destin révoltant dans sa fatalité qui touche ces trois personnages et les plonge dans un quotidien pitoyable que l’austérité des murs défraîchis et nus du château vient accentuer. Et quand James décide de ne plus prendre ses médicaments (qui l’aident à contrôler ses psychoses) et se retrouve seul avec sa mère suite au départ du père, la situation tourne à l’horreur sans nom. L’infirmière devant venir à domicile se retrouvant dans l’impossibilité de rentrer…

Le réal s’attarde alors dans des scènes d’une crudité dérangeante et qui vous bouleversent à l’extrême. Nancy, couverte de ses excréments, devenant la marionnette d’un enfant dangereusement malade et obligée de se dévêtir devant celui-ci. Rien ne nous est épargné dans le sort misérabiliste de cette famille touchée de plein fouet par le drame. Mention spéciale également donc à ce trio d’acteurs qui a eu le courage de se mettre en danger dans des interprétations difficiles et ingrates. Enfin, Rumley filme la folie de James par des accélérés et des gros plans névrotiques tournés comme Requiem for a Dream, œuvre de comparaison inévitable d’un point de vue technique.

Mais l’allusion s’arrête là et c’est tant mieux car nous avons au final un film qui se démarque, qui nous émeut, balancé à la face du spectateur comme un coup de poing inattendu et fataliste à l’instar de ce final terrible et injuste qui ne vous laissera pas indifférent. The Living and the Dead est une œuvre irrévérencieuse, émouvante, décalée et forte comme l’Angleterre a si souvent l’habitude de nous offrir ces derniers temps pour notre plus grand bonheur…


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