Critique de film

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Le Livre d'Eli

"The Book of Eli"
affiche du film

Un homme solitaire évolue dans un monde post-apocalyptique et tente de protéger un livre qui contient ce qui pourrait sauver lâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Livre d’Eli - Le dernier samaritain
Par : Chroniqueurs

Par Dante

Les frères Hughes ont une carrière plutôt admirable. Révélés par Menace II Society, drame urbain qui a tôt fait de propulser les deux jeunes réalisateurs sous la lumière des projecteurs, les frangins continuent sur leur lignée, réalisant films et documentaires, dépeignant l’Amérique sous son jour le plus sombre, que ce soit à travers le portrait de vétérans de la Guerre du Viet Nam ou de prostituées. Mais en 2001, ils opèrent un virage abrupt en adaptant la graphic novel culte : From Hell. Sur cette semi-réussite, les deux frères disparaissent de la circulation pendant 8 ans pour revenir avec Le livre d’Eli, western post-apocalyptique en plein revival du genre.

Alors que Doomsday est encore dans les mémoires, que La route vient juste de quitter les écrans et que la suite de Mad Max se profile à l’horizon, le post-nuke ne s’est jamais mieux porté. Bénéficiant d’un véritable engouement du public, les producteurs n’hésitent plus à donner les moyens de créer ces univers désertiques et anarchiques qui ont bercé les années 70/80. Les frères Hughes prennent ici le pari de livrer un film divertissant, graphique et bourrin, bien loin des contemplations hallucinées de La route, qui est devenu son grand frère sérieux.

Suivant les tribulations de Denzel Washington, héros mutique à la destinée toute tracée, les frères Hughes nous entraînent dans ce monde avec lequel on se familiarise progressivement. Paysage désertique, bâtiments détruits et bandes de pillards sans scrupules, un univers balisé que les deux frères n’entendent jamais transcender. D’autant plus que le film s’investit aussi des codes du western quand le héros débarque dans une ville improvisée et commence à chercher la bagarre dans les saloons. Des codes qui se suivent et des scènes qui se ressemblent, Le livre d’Eli ne dépareille donc pas avec les récentes productions du genre, lorgnant du côté de Terminator Renaissance et copiant même à certains égards Les fils de l’homme. Des inspirations mal digérés doublées du principal point faible, côté mise en scène : la vision clippesque du septième art qu’arborent les réals (chaque arrivée du héros en ralenti pendant plusieurs minutes).

Mais avouons que Le Livre d’Eli reste quand même un film efficace, notamment grâce à un casting trois étoiles, dominé par un Denzel Washington charismatique en diable, un Gary Oldman survolté, un Ray Stevenson toujours aussi badass et une mignonne Mila Kunis qui vient apporter un peu de tendresse dans ce monde de brutes. Il vaut mieux passer sur le scénario prétexte, qui s’égare pendant quelques minutes à des dissertations théologiques pour mieux revenir à l’action par la suite et sur le twist final, proprement inutile (bien que tout à fait cohérent).

Un nouveau film en demi-teinte pour les frères Hughes, mais libéré de la pression propre à l’exercice de l’adaptation, Le Livre d’Eli se révèle être un divertissement plaisant, un post nuke dans les règles de l’art avec son lot de sales gueules, de combats sanglants et de badass attitude. Mais le manque de profondeur et une tendance à ne pas trop s’écarter des sentiers battus l’empêchent de s’élever plus haut dans le panthéon du genre.


Critique de Le livre d’Eli - Bullet in a Bible
Par : Seb Lecocq

C’est l’histoire d’un film qui commence par un bon quart d’heure sans que personne ne prononce le moindre mot, une entrée en matière quasi parfaite qui se concentre sur un homme. Rien n’est dit, rien n’est montré et pourtant tout est là. On comprend tout : la dureté de l’époque, la solitude, le cataclysme et ses conséquences. Tout est exposé en deux magnifiques scènes. Visuellement, rien à redire, les frères Hughes maitrisent l’image plus que jamais. Chaque plan est beau à en mourir et iconique à en pleurer. Mais ici l’iconisation évite la frime gratuite et l’ostentation d’un Bekmambetov, ici, on est clairement entré dans un autre niveau de mise en scène, alternant les plans hyper larges maitrisés au millimètre près et les gros plans détaillant le visage impassible de Denzel. Dés le départ, le film rappelle L’Homme Des Hautes Plaines, le western fantastique de Clint avec cet homme qui semble plus qu’humain déambulant dans l’Ouest avant de trouver les emmerdes dans un village paumé et dirigé par une crapule. La mise en scène des frères devient plus baroque dès la rencontre avec Carnegie, les plans d’intérieur sont plus feutrés, plus opératiques et rappellent la série Deadwood.

Esthétiquement donc, Le Livre d’Eli est proche de la perfection, seuls quelques petits plans sentant parfois le CGI viennent ternir un peu l’ensemble. Niveau action, bien que le film n’est pas un enchainement de scènes de stonb, chaque scène amène quelque chose de neuf et est d’une fluidité et d’une classe sans égal. La première sous le pont est totalement hallucinante de beauté et d’iconisation. Si cette première grosse scène d’action navigue dans les eaux de Baby Cart ou Zatoichi, une autre scène mettant en scène Denzel est tout aussi fameuse mais plus dans un style Wu xia Pian à la Cheng Cheh par le lieu de son action et sa façon de poser le personnage principal comme un être héroïque aux capacités surhumaines. Encore une fois, on reste bouche bée devant la maitrise affichée par les frères. Puis vient le morceau d’action du film qui va rester en tête bien longtemps et s’imposer facilement comme une des scènes de l’année...un plan-séquence (légèrement triché) mettant à l’amende n’importe quelle scène de guerre ou de gunfight vue ces dix dernières années. C’est une scène absolument ahurissante qui démontre la facilité et la versatilité des frères Hughes, capables de réussir toutes ces choses bien différentes avec une facilité déconcertante. Mais on ne peut pas réussir de bonnes scène d’action sans grand acteur et à ce niveau-là, Denzel Washington éclabousse l’écran de sa classe.

Maintenant, thématiquement, le film est assez riche et reste suffisamment vague pour qu’il soit possible d’ y projeter plusieurs choses (dimension "prophétique" du héros, humanité ou surhumanité du même héros,...). Il est évident que le livre au final n’est qu’un détail et que le film parle de foi, de volonté et de mission à accomplir, d’un homme qui abandonne le peu qu’il possède pour mener à bien la mission qui est la sienne, même s’il ne la comprend pas. Le livre est vu comme une arme par Carnegie là où Denzel entrevoit un guide ou Lombardi, une pièce essentielle de la culture mondiale. Toutefois, ce qui pousse les trois hommes à vouloir le livre, c’est la foi qu’ils ont mis en lui. Pareillement, ce qui pousse Solara à poursuivre sa mission, ce n’est pas le livre mais la foi en Eli, ce qu’il lui a transmis est bien plus profond et fort que n’importe quelle icône...

S’il est évident que Le Livre est une sacrée pièce de cinéma, que l’on pourrait rapprocher d’un Carpenter de la grande époque, on y trouve malgré tout quelques défauts comme des plans composites un peu voyants, un Gary Oldman qui en fait des tonnes ou encore la scène finale avec une Mila Kunis anti-charismatique au possible et enfin quelques rares dialogues un peu trop sentencieux pour être honnêtes. Cependant, la maitrise et la leçon de mise en scène distillée par les frères Hughes emporte aisément l’adhésion et pousse le film vers les classiques du post-apo. Le film évite d’ailleurs les écueils du genre en dépeignant un univers ultra-crédible malgré la présence de toutes les conventions du genre (pillards, cannibales, micro-société, voyageurs solitaires, véhicules customisés,...) sans tomber dans le trop plein ou la cheapitude, caractéristique de post apos italiens.


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