Critique de film

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Livre de sang

"Book of blood"
affiche du film

Mary, une enseignante spécialisée en parapsychologie, recrute un de ses étudiants pour qu’il communique avec un adolescent assassiné il y a quelques années dans une maison aujourd’hui abandonnée.

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Trailer - Book of blood (2008)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Book of blood - Comment j’ai spoilé Clive Barker
Par : Ursula Von Trash

(Si vous lisez ce texte, la vision du film devient subsidiaire)

Deuxième production pour Midnight Picture Show, la boîte de Clive Barker, après Midnight Meat Train. Sans doute enclin à choisir lui-même ses écrits ainsi que le réalisateur chargé de leur adaptation (est-ce vraiment une bonne idée de ne pas se détacher de son projet ?), Barker a donc jeté son dévolu sur deux nouvelles, On Jerusalem Street et Le livre de sang, pour ne faire qu’un film : Book of Blood. Sur le modèle de la maison hantée, John Harrison (compositeur des musiques de Creepshow ou Le jour des morts-vivants) livre sa version barkienne.

Mary, professeur en parapsychologie cherche à percer le mystère d’une maison où une jeune fille a été sauvagement assassinée, sans que l’on comprenne qui, ni même comment, le crime a pu être perpétré. Aidé par un élève de son cours, Simon, elle va chercher à entrer en communication avec l’esprit qui semble occuper la place.

Book of Blood n’est pas un mauvais film, tout simplement car ce n’en est pas un. Plus proche dans sa construction, son visuel, d’un téléfilm, ce « Livre de Sang » recycle les poncifs du genre, avec une indigence de moyens qui fait peine à voir. Acteurs peu convaincants, effets spéciaux cheap (alors qu’ils sont censés soutenir la peur grandissante du spectateur), et mise en scène plate comme le lac Léman un jour de grand calme.

En effet, la demeure se révèle ne pas être hantée par un esprit mais plutôt par une horde de morts (ils apparaissent dans une des ultimes scènes, vêtus de costumes d’époque, type la Laitière de Vermeer, le soldat sécessionniste, et pour faire aussi contemporain la minette en mini jupe, histoire de brasser large et universel). Ces âmes perdues ont des doléances, et le corps du jeune étudiant se transforme alors en écritoire géant où dans des langues improbables et des signes cabalistiques (ça fait genre mystérieux), les pauvres hères inscrivent leurs malheurs. La maison sorte « d’intersection des autoroutes des morts » (dixit la voix off) devient une sorte de lieu de communication entre le monde des morts et celui des vivants.

Le scénario faiblard n’omet aucun rebondissement téléphoné. Mary, d’abord envisagée comme un personnage positif va se révéler une belle salope, sacrifiant son élève pour écrire le best-seller des pensées des morts. Simon, la jeune recrue, présenté comme ayant un don de clairvoyance, est en fait un escroc mais devient finalement un véritable passeur de l’au-delà. Tous ces tours de passe-passe narratifs ne font qu’enfoncer un peu plus le film dans l’ennui. Seule la dernière séquence, où un personnage meurt dans une baraque progressivement remplie d’hémoglobine vaut le coup d’œil pour l’excès et le baroque d’une noyade sanguine.

Décidément, adapter Clive Barker et son univers malsain n’est pas chose facile. Harrison s’en tire sans les honneurs mais vu la matière brute et les moyens on se demande comment il aurait pu faire mieux. Ce livre de sang vous tombera peut-être des mains comme un mauvais roman qui se veut sensationnaliste mais ne confine au final qu’à la caricature.


Critique de Book of blood - Livre navrant
Par : Fred Pizzoferrato

Contrairement à son « rival » Stephen King, Clive Barker n’a guère été chanceux avec les adaptations cinématographiques de son œuvre, probablement trop perturbée et malsaine pour pouvoir être efficacement transposée à l’écran. Certes, Hellraiser peut être considéré comme un classique de l’horreur des années 80 mais les (bien trop) nombreuses séquelles ont fini par épuiser la franchise au point de la laisser exsangue. Candyman suivit un destin similaire et, après la belle réussite du premier volet, les deux suivants se révélèrent incapables d’exploiter une mythologie pourtant aussi riche qu’originale. C’est probablement Clive Barker en personne qui adapta de la meilleure manière ses histoires via Le maître de l’illusion et Cabal. Des réussites qui, en dépit de leurs défauts, éclipsent les très moyens, pour ne pas dire médiocres, précédents essais de George Pavlou avec Transmutations et Rawhead Rex.

A la fin des années 2000, Clive Barker revient pourtant sur le devant de la scène puisque trois long-métrages issus de ses nouvelles sortent coup sur coup : Dread, le décevant Midnight meat train et ce Livre de sang particulièrement attendu car tirant sa source de l’œuvre homonyme ayant rendu célèbre l’écrivain anglais.

Première surprise, John Harrison, dont l’unique métrage cinéma reste le sympathique mais quelconque Tales from the darkside en 1990 (!) se voit confier la mise en scène d’un projet qui aurait, sans doute, nécessité un vrai poids lourd de l’épouvante derrière la caméra. Seconde surprise : au lieu d’opter pour un film à sketches ou d’adapter une des nouvelles de la longue série des « Livres de Sang », le métrage se focalise essentiellement sur une seule intrigue, une courte nouvelle introduisant le premier recueil et servant en quelque sorte de liaison pour les différentes histoires. Malheureusement, le matériel littéraire choisi pour base ne mérite absolument pas de se voir étiré sur 100 minutes, d’où une rapide impression d’ennui qui jamais ne sera dissipée. Après un crime mystérieux commis dans une maison réputée maudite dont la victime est une jeune demoiselle passionnée par le sexe et le sang, la parapsychologue Mary décide de mener sa propre enquête. Avec un de ses collègues et Simon, un jeune étudiant doté d’un fort potentiel médiumnique, Mary investit la demeure dans laquelle les morts ne tardent pas à se manifester.

Handicapé par un scénario aussi balisé, Livre de sang aurait eu besoin, au minimum, d’une mise en scène nerveuse, d’effets spéciaux bien utilisés et d’un casting convaincant. Rien de tout cela ne sera pourtant au programme ! La réalisation de John Harrison se révèle d’une mollesse rare, les effets spéciaux sont rares et plutôt moches et les acteurs paraissent peu à leur place. Davantage habitués des séries télévisées que des plateaux de cinéma, le trio des interprètes principaux ne parvient pas, non plus, à donner à ces longues scènes de parlottes la moindre tension et ce n’est pas la discrète apparition de Doug Bradley (vu dans tous les Hellraiser) qui pourra satisfaire les fans d’épouvante.

Niveau horreur et suspense, Livre de sang assure le service minimum puisqu’il faudra patienter jusqu’aux dix dernières minutes pour avoir droit à un peu d’hémoglobine et à un minimum d’originalité. Excepté ce final, seule la séquence introductive (la mort brutale d’une adolescente) se montre vraiment efficace tant le reste du temps de projection parait dévolu à de longs tunnels dialogués sans grand intérêt. Le métrage, aux allures de téléfilm un peu miteux, s’apparente en fait, tant au niveau du scénario que du visuel, davantage à une production dans la lignée des séquelles d’Amityville tournées dans les années 90 qu’à une transposition des écrits morbides de Barker. Le problème de Livre de sang n’est, évidemment, pas d’avoir choisi la voie de la suggestion tant celle-ci peut s’avérer payante entre les mains d’un cinéaste motivé (citons simplement les purs chefs-d’œuvre que sont La maison du diable de Robert Wise ou Trauma de Dan Curtis) mais bien d’illustrer aussi platement un script bourré de longueurs et de retournements de situations attendus.
Sans doute eut il été sage d’adapter ce scénario sous la forme d’un épisode de série télévisée de 45 minutes (type Masters of horror) plutôt que d’en tirer un métrage destiné au cinéma ne tenant absolument pas la longueur.

Livre de sang constitue donc une immense déception dont la vision se révèle au final un véritable calvaire. Ennuyeux comme la pluie, la seconde réalisation de John Harrison peine à soutenir l’intérêt plus de quelques minutes au point que parvenir au terme de la projection sans s’endormir relève presque de l’exploit sportif ! A éviter…


Critique de Book of blood - Les morts ont leurs artères
Par : Damien Taymans

Le septième art et la littérature de Clive Barker ont rarement fait bon ménage. Poète du cauchemar, l’auteur anglais a souvent vu son oeuvre maltraitée par un médium qui peine à lui rendre les honneurs. Les ratages Rawhead Rex et Transmutations et les pépins de production de Cabal et Le maître des illusions suffisent à étayer une thèse qui n’a été que trop abordée. Dernièrement, les traitements destinés à des téléfilms et séries (notamment les épisodes des Masters of horror, saison 1 : Les amants d’outre-tombe et La muse) amènent l’auteur à envisager l’adaptation de nouvelles de son mythique recueil de nouvelles Livre de sang par l’entremise de sa nouvelle boîte de prod’ Midnight Picture Show. De ces écuries sort Le fléau selon Clive Barker avec James Van Der Beek ainsi que le somptueux Midnight meat train de Ryuhei Kitamura. Courant 2009, la compagnie produit deux autres longs métrages tirés des écrits de Barker : Dread d’Anthony DiBlasi et Book of blood incombant à John Harrison.

Tantôt compositeur de talent (Creepshow, Le jour des morts-vivants) tantôt metteur en scène plutôt effacé (Darkside, les contes de la nuit noire et quelques épisodes des Contes de la crypte et de Tales from the Darkside), Harrison se distingue de ses homologues car il est un fervent admirateur de l’oeuvre de Barker. Plutôt que de s’intéresser exclusivement à l’une des nouvelles du romancier, il puise les éléments qu’il préfère dans le recueil entier. Book of blood épouse ainsi la trame principale de la nouvelle éponyme mais incorpore également des morceaux d’On Jerusalem street (quelques séquences dont celle d’introduction), dernier écrit de l’hexalogie barkerienne.

Etirée sur 1h40, l’histoire, pour cohérente qu’elle paraisse, tient du patchwork mal crocheté. Epais et obscur, Book of blood s’effeuille lentement, dissémine ses éléments, assombrit son propos au profit des personnages, pierre angulaire du métrage. Old school dans son traitement et son ton, Book of blood séduit autant dans ses premières minutes qu’il ne finit par lasser sur la durée, Harrison s’avérant incapable d’insuffler assez d’énergie à un ensemble lancinant à l’extrême. Le culte de la souffrance et de la Vérité chers à Barker ne retrouvent de matérialité que lors du dernier quart d’heure, sacrifiés entre temps sur l’autel d’une banale légende de maison hantée, avec tout l’attirail qui l’accompagne.

Si Le train de l’abattoir n’a jamais déraillé, Le livre de sang lui se montre nettement en deçà des espérances et aurait amplement mérité un format plus court. Trop bavard et léger, Book of blood est une nouvelle transposition ratée de l’univers barkerien et ce malgré l’apparition en coup de vent du plus "Barker"s touch" des acteurs, Doug Bradley.


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