Critique de film

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Lost (The)

"The Lost"
affiche du film

Trois adolescents font la fête dans les bois. Aux commandes du groupe, Ray Pye est un jeune à l'allure rebelle et au caractère instable. Armé d'une carabine, il tue brutalement deux campeuses qui ont la malchance de se trouver sur son chemin...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The Lost - Ketchum’s low cost
Par : Damien Taymans

A peine sorti des bancs de l’école de cinéma, Chris Sivertson enfile les projets et se fait la main, principalement sur les films de Lucky McKee. Co-réalisant le slasher All Cherlearders die en 2001 à ses côtés, il occupe le poste de monteur sur May et réalise de ses petites menottes le clip Jack and Jill inclus dans l’œuvre supposément créé par Adam, l’homme aux mains parfaites dont May tombe éperdument amoureuse. Sivertson enchaîne ensuite avec la coréalisation du Making Of du Toolbox murders de Tobe Hooper, intitulé « As it was » et corédige le script de Barbarian pour Roger Corman. Sans doute lassé de n’être que le deuxième élément de binômes, Sivertson passe à la réal’ en solo et voit son The Lost produit par son complice de toujours et mentor, Lucky McKee.

Basé sur le roman éponyme de Jack Ketchum à qui l’on doit notamment l’irrévérencieux et vachement dérangeant The Girl next door transposé à l’écran par Gregory Wilson, The Lost, se pose comme une étude de plusieurs personnages qui gravitent tous autour du dérangeant psychotique Ray Pye. Personnage édifié à l’image du serial killer Charles Schmid, surnommé « The Pied Piper of Tuscon », qui tua une demi-douzaine de filles entre 1964 et 1966, Ray en constitue un parfait miroir fictionnel, tout aussi déséquilibré et narcissique que son pendant réel. Obsédé par son image, Ray se la joue rock-star, se teint les cheveux en noir, se grime au lipstick, exhibe sur sa joue une mouche en guise de grain de beauté et utilise des canettes écrasées pour compenser une taille qui le complexe profondément. Imbu de lui-même, influent sur ses amis, le meurtrier use et abuse de son irrésistible charisme et de son physique de Johnny Cash sur le retour pour faire tomber les meufs comme des mouches.

Pour donner davantage de poids à son propos, le cinéaste brouille les pistes et désamorce une première séquence pourtant jubilatoire (une chasse inopinée de deux prétendues gouines sans défense qui permet d’apercevoir en un clin d’oeil le corps de Misty Mundae) en adoptant une ellipse temporelle de quatre années. Les feux se braquent alors essentiellement sur Ray Pye, sur les amis qui l’entourent, sur ses relations intimes avec ses multiples proies, sur son travail de récure-chiottes dans le motel miteux de sa mère. Un quotidien glauque et morose qui s’écoule tranquillement sous un soleil de plomb diffusé par le truchement d’une photo volontairement crasseuse, à l’instar des lieux que hante quotidiennement le psychopathe d’un soir. Sorte de purgatoire pour cette figure néfaste qui humilie ses amis, dupe les forces de l’ordre et enchaîne les trips dans des raves miteuses organisées par lui-même. Figure pathétique jamais véritablement attachante, Ray Pye est une ordure décrite comme maladroite, une bête ensommeillée qui risque à tout moment de se réveiller et de réitérer l’expérience qui tourna au cauchemar quatre ans plus tôt. Largement en retrait, Sivertson laisse transpirer cette potentialité dans chacune des situations qu’il présente, soulignant à l’envi via les déclarations de l’inspecteur Schilling cet état d’instabilité mentale que l’auteur des meurtres ne désavoue jamais, lui qui se plaît à évoquer l’omnipotence ressentie lors de cette funeste soirée. Lentement, insidieusement, le cinéaste prépare son dénouement qu’il façonne minutieusement afin d’en faire le point culminant de son œuvre. Entre-temps, l’auteur joue avec sa mise en scène où se côtoient des séquences éminemment poétiques tandis que d’autres, centrées sur les fornications de l’anti-héros, sourdent avec une frénésie incontrôlable et jouissent d’un montage épileptique.

The Lost, présenté en 2009 au festival de Gerardmer dans la section Inédits Vidéo, à défaut de se voir attribuer le Prix décerné par le Mad, aura néanmoins séduit l’assistance et bénéficie des faveurs de la sortie DVD du magazine Mad. Pellicule pas enivrante mais plaisante qui permet la révélation du très convaincant Marc Senter, devenu depuis la coqueluche de Sivertson qui le réemploie dans son navrant I know who killed me (si l’on excepte les danses lascive de Lindsay) et dans Wicked lake, nanar indigeste qu’il a scénarisé par la suite.


Distribué par


Commentaires sur le film

Sympa

2 etoiles

Vu à Gerardmer cette année. Un film sans prétention quie se démarque par son traitement particulier.

2 mars 2009 à 13:03 | Par mikemyers
Good

3 etoiles

A conseiller. Bonne préstation de l’acteur principal, les personnages sont crédibles, belles images, bonne histoire tirée du roman éponyme de Jack Ketchum. On a là un film d’horreur avec des jeunes, mais qui ne ressemble pas aux habituelles niaiseries américaines qui mettant en scènes des personnages clichesques.

10 mars 2009 à 11:03
a chié

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

daube Daube !

pas de mots pour décrire ce film à chié

4 septembre 2009 à 04:09 | Par anbrrak

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