Interviews

MADE IN BELGIUM - Karminsky-Grad

24 août 2011 | Par : Quentin Meignant

Apocalypse sur Charleroi !

Souvent décrié, parfois bafoué, Jean-Jacques Rousseau a frappé un grand coup au mois d’avril en voyant son film projeté en première mondiale lors du 29ème BIFFF. Pouvant compter sur les curieux et ses nombreux bénévoles pour garnir la salle, le cinéaste a connu une intense heure de gloire, le film étant apprécié par la majorité des spectateurs. Si, bien entendu, une partie de l’assistance est restée totalement opaque à l’intrigue déployée par le fameux JJR, c’est au Q&A suivant la projection de l’œuvre que les compliments ont littéralement plu sur le cinéaste.

Certes, Karminsky-Grad ne peut se targuer d’être un chef-d’œuvre mais, tout simplement, un film qui se laisse suivre et qui peut s’appuyer sur quelques séquences très appréciables. Mais que raconte exactement Karminsky-Grad ? Difficile à dire tant les scènes se suivent et ne se ressemblent pas malgré un humour décalé assez présent. Dès lors, autant reprendre le pitch officiel, qui laisse pas mal de zones d’ombre : Nous sommes à Karminsky-Grad dans une usine menée de main de fer par le sinistre Vladimir Karminsky. De nombreuses exactions sont commises au nom de tout régime. Mais qui est vraiment le maître dans cette succursale de l’enfer ?

On ne présente désormais plus le Cinéaste de l’Absurde. Quel effet cela vous fait-il de bénéficier d’une telle réputation aux yeux du public ?

J’ai toujours été connu sous ce pseudonyme et c’est quelque chose que j’apprécie quelque part. Cela prouve que mon cinéma est tout autre, ce qui ne me pose aucun problème. Vous savez, avec les faibles moyens dont je bénéficie, faire du cinéma est un véritable plaisir mais parfois aussi très difficile.

La gestation de Karminsky-Grad fut longue mais connut un dénouement heureux. Quelles sont les personnes que vous avez envie de remercier ?

Tous mes comédiens et assistants habituels bien sûr que cela soit Amaury ou tous les figurants, dont vous faites partie, qui ont pris part à Karminsky-Grad. Mais aussi Vincent Tavier qui, lorsque l’on était financièrement coincé, a accepté de financer la fin du projet. Sans lui, Karminsky serait certainement resté plus longtemps dans l’ombre.

Karminsky-Grad mit le temps à éclore mais constitue l’un de vos films les plus spectaculaires. Considérez-vous ce film comme votre chef-d’œuvre ?

Vous savez, au départ Karminsky ne devait être qu’un court-métrage d’une dizaine de minutes. Mais, au fil du tournage, je suis véritablement tombé amoureux de ce film et de nombreuses scènes sont venues s’ajouter et l’intrigue elle-même s’est transformée en une aventure d’1h40.

La récurrence d’Igor Yaboutich dans votre œuvre est impressionnante. Le personnage vous a longtemps hanté. Pensez-vous que Karminsky-Grad viendra à bout de cette possession qu’il exerce sur vous ?

C’est vrai que depuis des années, le personnage me hante mais, comme vous pouvez le découvrir dans Karminsky-Grad, Yaboutich ne meurt pas, en tout cas on ne le voit pas mourir à l’écran. Cela faisait pourtant partie de mes plans à un certain moment mais j’ai vite laissé tomber cette idée qui m’aurait fait trop de mal.

Que pensez-vous de la prestation de votre fidèle ami Noel Godin en Yaboutich ?

Tout à l’heure, au Q&A (organisé au BIFFF juste après la première mondiale de Karminsky-Grad - NDLR), Noël a dit qu’il n’était pas un bon comédien. Je n’irais pas jusque là : Noël a su garder, même à son âge, ce côté enfantin qui me plaît tant. Quand vous le voyez marcher dans la vie réelle, on dirait un peu un nounours. Malgré tout, il ne faut pas l’énerver non plus car, en colère, il est plutôt impressionnant. C’est ce caractère binaire que j’adore chez lui et qui le fait parfaitement cadrer avec le personnage d’Igor Yaboutich.

Ambitionnez-vous toujours de projeter Karminsky-Grad dans l’ancienne Salle Lénine de Moscou ?

La salle Lénine, ce ne sera malheureusement pas possible, mais une avant-première mondiale au BIFFF, c’est déjà énorme. Mais j’espère tout de même qu’un jour mon œuvre sera projetée sur un grand écran moscovite.

A l’issue de cette première mondiale de Karminsky-Grad au BIFFF, qu’avez-vous envie de dire à vos éternels détracteurs ?

Même si je me suis parfois absenté de la salle, j’ai vu que le public était très réceptif à Karminsky, ce qui est une réponse en soi. Le public a apprécié mon film et c’est ça le principal.

Vous ne vous êtes pour ainsi dire jamais arrêté de tourner. Quelles sont vos influences en matière de cinéma ?

Il n’y en a qu’une vraiment réelle, mais elle est grandiose : Kubrick. C’est un réalisateur qui a su toucher à tous les genres avec succès. Son plan de carrière n’était pas étudié à l’avance mais il a changé en or tout ce qu’il touchait, de Barry Lyndon à 2001, L’Odyssée de l’Espace.

Pouvez-vous vous confier sur vos projets futurs ?

En fait, je me rends compte que, moi aussi, j’aime un peu toucher à tout et de plus en plus ! Casanova Forever était clairement une œuvre romantique tandis que mon Colonial chez les Celtes était très poétique. Mon prochain film s’intitulera Baby et sera, en quelque sorte, mon Benjamin Button à moi. On va en effet suivre la vie d’un homme de sa prime enfance à sa mort.

(Interview réalisée par Mae-Nak)

BANDE-ANNONCE FRANCOPHONE

Bande-Annonce de Karminsky-Grad from Jean-Jacques Rousseau on Vimeo.

TRAILER IN NEDERLANDS

Karminsky-Grad - Trailer in nederlands from Jean-Jacques Rousseau on Vimeo.

DEUTSCH TRAILER

Karminsky-Grad - Deutsch Trailer from Jean-Jacques Rousseau on Vimeo.

TRAILER IN ENGLISH

Karminsky-Grad - Trailer in english from Jean-Jacques Rousseau on Vimeo.

Commentaires

Cet article m’a éclairé sur ce sujet. Je n’avais pas du tout cette façon de faire ce problème j’ai l’impression que je vais gagner en autonomie. J’ai adoré !

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