Interviews

MADE IN BRAZIL - Embodiment of evil

14 mars 2009 | Par : Damien Taymans

Zé du Cercueil : le retour !

Le cinéaste José Mojica Marins, célèbre créateur de Zé du cercueil, l’un des plus populaires personnages de l’horreur brésilienne, clôt avec Embodiment of evil (Encarnação do Demônio en portugais dans le texte ou L’incarnation du démon pour se la jouer franchouillard) sa trilogie plus de quarante ans après l’avoir commencée, suivant une trajectoire similaire à celle des Dario Argento avec Les trois mères et autres Fritz Lang avec le docteur Mabuse. Le parcours de ce fossoyeur au sang impur à la quête de la femme qui puisse lui assurer une descendance parfaite prend sa source en 1964 avec A minuit, je posséderai ton âme, poursuivi trois ans après par Cette nuit, je m’incarnerai dans ton cadavre (y a pas plus long, comme titre ?). Deux œuvres que Marins écrit, réalise et dans lesquelles il incarne lui-même le maléfique fossoyeur. Embodiment of evil est donc le dernier volet d’un triptyque que le cinéaste n’hésite pas à coiffer d’un superlatif, déclarant qu’il s’agit là de sa plus grande œuvre, d’une Bible de la terreur pour toute l’Amérique latine.

« Coffin Joe m’est venu lors d’un cauchemar dans lequel une ombre me tirait du lit par mes pieds et m’emmenait dans une tombe », explique le réalisateur. « Sur la pierre tombale était inscrite ma date de naissance et de mort. Cela m’a suffi pour en faire une œuvre horrifique et, en conséquence, pour y construire le personnage de Coffin Joe… » Entre la naissance du personnage et la fin de ses aventures, plus de quarante ans ont passé. Pourtant, le scénario du présent opus est rédigé dès 1966, au lendemain du deuxième volet. Une éternité que l’auteur justifie aisément : « Après plusieurs situations imprévues et quelques incidents tragiques (notamment la mort de deux producteurs qui étaient intéressés par le film), j’ai décidé d’attendre. Cependant, durant tout ce temps, je savais dans mon for intérieur que viendrait l’heure de réaliser ce film. » Le script connaît entre temps six remodelages et Mojica Martins attend patiemment que l’heure de clore le chapitre arrive. Au début de l’an 2000, Paulo Sacramento, producteur de la société Olhos de Cão, et Dennison Ramalho, scénariste, décident de s’associer avec le réalisateur le temps d’un projet. Occasion saisie par Mojica pour exhumer le script ensommeillé par tant d’années de repos. D’ailleurs, celui-ci nécessite une ultime adaptation afin de coller au plus près des intérêts cinématographiques et esthétiques actuels. Une tâche à laquelle s’adonnent d’emblée le tandem de scénaristes composé de Martins et de Ramalho, qui prennent soin de fournir une nouvelle version du manuscrit sans pour autant écorner le langage développé par l’auteur pendant sa carrière.

En 2006, Gullane Films entre également dans la danse, rejoignant Olhos de Cão pour une co-production destinée à atteindre des objectifs techniques et artistiques à la hauteur des films d’horreur du marché mondial. Une œuvre qui, malgré son enracinement national, s’avère capable de soutenir la concurrence, d’autant que le cinéaste y a intégré les ingrédients élémentaires à tout film de genre digne de ce noms, y injectant une bonne dose de surnaturel, des tortures et du sadisme tout en dépeignant une nouvelle fois le fossoyeur Zé du cercueil qui a depuis quitté le patrimoine national pour se bâtir une réputation aux quatre coins du globe. Un exode qui trouve une réalité dans le métrage puisque le meurtrier émigre de sa contrée obscure pour hanter maintenant les rues de Sao Paulo. Embodiment of evil, film maudit dès sa genèse et désormais l’aboutissement d’une trilogie déjà culte.

L’INTERVIEW DU REALISATEUR

Embodiment of evil est le dernier épisode d’une trilogie dévouée au personnage de Coffin Joe. A l’instar de Dario Argento avec Les trois mères ou Fritz Lang avec son charismatique Mabuse, vous clôturez votre saga sur le tard. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

Parce que après plusieurs situations imprévues et quelques incidents tragiques (notamment la mort de deux producteurs qui étaient intéressés par le film), j’ai décidé d’attendre. Cependant, durant tout ce temps, je savais dans mon for intérieur que viendrait l’heure de réaliser ce film.

En 2006, Gullame Films a intégré le projet, jouant le rôle de co-producteurs. Qu’a apporté l’intervention de cette société de prod’ ?

Gullane a intégré le projet parce qu’ils croyaient au travail de Paulo Sacramento qui m’a présenté à eux. Ils ont également cru au succès du film, qui ne s’est pas produit réellement au Brésil, mais plutôt dans plusieurs pays d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie, avec la répercussion de l’œuvre dans les festivals, par exemple.

Je pense que l’origine du personnage de Coffin Joe vous est venue en rêve…

En réalité, Coffin Joe ne m’est pas venu lors d’un rêve mais plutôt d’un cauchemar dans lequel Coffin Joe me tirait du lit par mes pieds et m’emmenait dans une tombe. Sur la pierre tombale était inscrite ma date de naissance et de mort. Cela m’a suffi pour en faire une œuvre horrifique et, en conséquence, d’y mettre le personnage de Coffin Joe…

Votre volonté première était de créer un film pour les fans du genre. Quels ingrédients avez-vous utilisé pour être sûr de les combler ?

Du sadisme, de la violence, de petites surprises et la conviction ou le manque de tout ça baigné dans du surnaturel…

Vous insistez fortement sur le côté humain de Coffin Joe et vous le présentez à cette fin comme un personnage torturé hanté par les fantômes de ses victimes…

Pour la simple et bonne raison que Coffin Joe est un être réel, un être humain à part entière. Tous les êtres humains, même les plus incrédules, sont tourmentés par leur conscience à un moment ou l’autre.

Raymond Castile incarne ici Coffin Joe, un rôle qu’il connaît bien pour l’avoir interprété dans son court métrage The Blind Date of Coffin Joe. C’est ce court qui vous a convaincu de l’incorporer dans le casting ?

Il ne s’agissait pas à proprement parler d’un court métrage mais plutôt d’une rencontre avec lui lors d’une occasion que j’ai eue aux Etats-Unis, où j’ai réalisé qu’il connaissait tout sur le personnage. J’étais persuadé qu’il l’interpréterait parfaitement. Sans oublier de mentionner la ressemblance avec moi du temps où Tonight I will possess your corpus a été tourné.

Vous aviez carte blanche pour faire ce film. Quelles sensations cela donne d’avoir les pleins pouvoirs sur sa création ?

Je bénéficiais effectivement des pleins pouvoirs en ce qui concerne la production et le tournage du film. C’est un sentiment très gratifiant et satisfaisant de savoir que votre travail sera parfait dans toutes ces facettes.

La première version du script a été élaborée en 1966. Depuis, il a connu quelques modifications et réhabilitations. Dans quel sens avez-vous retravaillé de nouveau le scénario avec Dennisson Ramalho ?

Uniquement ce qui concerne les mises à jour de l’histoire, le script était déjà couché sur papier depuis quarante années.

Une sélection à Sundance, Stockholm, Lisbonne et Venise. Beau palmarès…

Je confesse que j’en étais vraiment heureux puisque je considérais ces sélections comme une reconnaissance de mon travail.

D’autres projets déjà en vue ?

Bien entendu, et en abondance. Ma vie entière est consacrée à la réalisation et je ne pourrais plus m’en passer.

(Interview réalisée par Damien)

LE TRAILER

Commentaires

Le retour de Zé du Cercueil, enfin ! Après autant d’années d’attente. Vivement que le croquemort fasse de nouveau tomber les têtes...

16 mars 2009 | Par misterhell

"Zé dé Caxaiõn" !!!!! un personnage myique...meme si mon préferé restera "Awaking of the beast"....pour une suite 30ans plus tard...c’est du très bon boulot...on retrouve les memes tours de pass-pass mais version 2008, ponctuer d’effet "Naturel" (pas en carton...koi) et très agréable....les rituels, la visite en enfer, les scènes dans le cimetère...et ce bon vieux "Zé do caxaiõn" avec toutes ces dents...pour combler son "Appetit de chair Féminine" , comme on l’avait laisser...a ajoouter que les personnages de ce dernier mètrages on cette fois une pleine implication sur l’oeuvre...contrairement aux anciennes copies ou les acteurs étaient "plutot Figurants"....devant l’intérpretation de "Marins"....qui était "Majistrale"....

Bref aujourd’hui, "Marins" nous offre une veritable "Suite" qui tiens debout, avec le torse bombé et qui avance tout seul...

"Vivement la suite...car on le sait..."Zé do caxaiõn" revient toujours

(D’ailleurs on parle de quelques studio américain intéressé par une adaptation de "Coffin Joe" (Remake)....sur le net depuis l’année passée sa aurait été bon de lui demander....)

merci pour l’itw. et "Viva Para Siempre Zé do caxaiõn"

14 mars 2009 | Par TonnyStarck

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