Interviews

MADE IN FRANCE - Last Caress

28 juillet 2011 | Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Interview du co-réalisateur François Gaillard

Affiche de "Last Caress", joliment surannée

Après Blackaria, le duo infernal François Gaillard/Christophe Robin remet le couvert avec Last Caress , hommage enamouré aux gialli autant qu’au cinéma de Brian De Palma ; ces œuvres cultivant une même « pulsion scopique », nimbée d’érotisme. Pour l’occasion, nous avons soumis ce grand gaillard de François (pardonnez-moi ce jeu de mots vaseux) à la question.

François, peux-tu nous résumer ton parcours artistique et professionnel jusqu’alors ? Beaucoup connaissent uniquement ton travail par le biais du giallo Blackaria.

Alors…. Je suis titulaire d’un bac cinéma audiovisuel et, comme beaucoup de glandeurs, je me suis perdu à la faculté de lettres, en section Arts du spectacle (à Montpellier). Je me suis retrouvé au milieu de gens tout mous et de connards de hippies, qui emballaient les gonzesses en leur parlant de Godard et en écoutant du Louise Attaque. Forcément, j’écoutais Danzig et je dévorais les films de Dario Argento et John Woo. J’étais seul et je faisais mes courts dans mon coin, à l’époque tournés en VHS-C ou en Hi8. Ils étaient tous mauvais. Cette période correspond aux pires années de ma vie ! Yerk ! Arrivé à la Maîtrise, j’ai tout laissé tomber et j’ai décidé de tenter le long. Armé d’une caméra DV prêtée par ma tante, entouré d’une bande de copains solidaires, j’ai signé le pire truc qu’on pouvait faire : I Am The Ripper. Un long ultra bordélique, mêlant gore « cheapos » et action surdécoupée. C’était mon film punk. Moche, méchant, mal foutu. Mon film de frustré.

François Gaillard sur le set de "Last Caress"

J’ai malgré tout réussi à le vendre à une compagnie de distribution anglaise : Redemption Films. Ça nous a fait de l’argent de poche et on a enquillé sur un deuxième long encore plus bordélique : Witching Hour. Redemption Films l’a également acheté et l’a sorti en DVD aux USA. Mais toute cette époque, c’était quand le marché du DVD était en plein boom. J’ai compris après qu’il fallait être un peu plus sérieux, et j’ai essayé d’abandonner le côté « punk » pour faire un film d’horreur classique, avec des plans composés, des scènes lentes. Un film ambiant (NB : d’ambiance), financé en partie grâce à l’argent gagné sur I Am The Ripper. Le film s’appelait Welcome To My Nightmare. Un film tellement ambiant, qu’il endormait tout le monde. Aujourd’hui, il prend la poussière sur une étagère. Une compagnie américaine voulait nous l’ « acheter » contre un pourcentage (Echelon Films) mais ils m’ont envoyé 3 contrats… complètement bidons. J’ai laissé tomber.

Tout a réellement changé quand j’ai rencontré Guillaume Beylard, Guilhem Sendras, Nima Rafighi et Christophe Robin, membres clés de School’s Out, et surtout David Scherer (mon maquilleur) et la charmante chef-op Anna Naigeon. Après ma période films « punk », ces deux derniers ont compris que je voulais revenir à la base du film graphique européen, et surtout italien. Un cinéma plus orienté Mario Bava… et Lucio Fulci bien sûr. On a commencé à bosser ensemble sur un film à sketches, une sorte de trilogie giallesque, qui est finalement devenue un court : All Murder, All Guts, All Fun Photo making of de "All Murder, All Guts, All Fun" et un long : Blackaria (co-réalisé avec Christophe Robin). On avait testé nos capacités à travailler ensemble par un court réalisé par Scherer (NB : David Scherer, cité plus haut), cadré et monté par mes soins, et éclairé par Anna (NB : Anna Naigeon) : Under The Blade. Ça nous avait permis de faire vraiment connaissance. Une des meilleures expériences de tournage, pour moi.

Glenn Danzig

Ensuite, importante question existentielle, le titre Last Caress est-il une allusion au morceau éponyme du groupe The Misfits ? Ou plutôt aux titres de Metallica ou NOFX ?

Les Misfits, bien sûr !!! Je suis fan de Glenn Danzig ! J’aime beaucoup sa carrière solo et son travail avec Samhain ! Mais ma période préférée reste celle des Misfits (1977-1983). J’écoute ce groupe depuis presque 20 ans !!! J’adore leur univers à la fois punk, films d’horreur des années 50, leurs graphismes très EC comics et l’humour macabre qui va avec. Il y a la voix gothique et agressive de Danzig, bien sûr ! Une version « zombiesque » de Elvis (NB : Presley, le King) !!! Je retrouve tout ce que j’aime dans ce groupe. L’univers de Misfits et Samhain m’a autant influencé que tous les films bis que j’ai pu bouffer en VHS. J’essaie de lui rendre hommage dès que possible !

Quelles sont les prémisses du projet Last Caress ? Il me semble que c’est la première fois que l’éditeur Le Chat qui Fume intervient directement dans la production d’une œuvre.

En fait, lorsque l’on devait achever notre trilogie giallesque (ça s’appelait 3 Hits From Hell), nous devions faire un troisième court en plus de All Murder… et Blackaria. Je voulais écrire un sketch un peu plus long que les autres, et j’ai écrit une version moyen métrage de Last Caress . Blackaria étant devenu un long, j’ai gardé le scénario dans mes tiroirs. Puis, lorsque Le Chat qui Fume m’a dit vouloir sortir Blackaria en DVD, j’ai rencontré l’un des responsables, Stéphane Bouyer, qui m’a directement demandé si j’avais un projet de long à venir ; je lui ai donc soumis le synopsis d’une version longue de Last Caress . Il m’a dit : « Il y a du gore, il y a du cul, on y va ! » Et deux mois plus tard, on commençait le tournage ! Ça s’est passé très vite ! Extrait de "Last Caress"

Concernant le Chat, nous sommes le deuxième film qu’ils produisent, car avant nous, il a y eu un très bon documentaire d’Angélique Bosio (NB : réalisatrice du superbe documentaire Llik Your Idols, traitant du Cinéma de la Transgession new-yorkais : Richard Kern, Nick Zedd, Joe Coleman, …) sur le réalisateur de films gays Bruce La Bruce : The Advocate for Fagdom. Affiche du documentaire "The Advocate for Fagdom" (Angélique Bosio, 2011)

Last Caress est de nouveau (au même titre que Blackaria) une péloche ultra référencée. Peux-tu lever le voile sur ses principales influences ? On devine l’influence de pléthore de gialli, du cinéma de Fulci et De Palma, de la « Nunsploitation », du slasher, ainsi que de l’horreur gothique. Les couleurs saturées de la photographie font penser à la Mario Bava’s touch…

Extrait du teaser/trailer de "Last Caress"

En fait, le choix des influences est un peu particulier comparé à Blackaria. Vous parlez de Brian De Palma et, si Blackaria s’en inspire, ce n’est pas du tout le cas de Last Caress  ! (NB : pourtant, le teaser/trailer du film - séquence que l’on ne retrouve pas au final dans celui-ci - rappelle fortement l’œuvre du réalisateur américain, dont le voyeurisme figure parmi les thématiques phares : http://www.vimeo.com/18404778) Sur Blackaria, je pensais au bis bien sûr, mais aussi à un cinéma plus… « sérieux ». J’avais essayé de réinterpréter des séquences de Répulsion de Polanski, ou de L’Héritier de Philippe Labro. Tout ça à notre échelle, bien sûr ! Notamment à travers les scènes de rêve. Répulsion (Roman Polanski, 1965)

Sur Last Caress , les mots d’ordre étaient efficacité et beauté. Mais rien d’autre. Pour la bonne raison que je traversais une période trouble sur le plan personnel et que je devais expérimenter un nouvel appareil avec le Canon 5D Mark II (Blackaria avait été tourné en DV) Donc, pour maîtriser l’appareil et ne pas foirer le film, je devais rester clair dans ma tête. Et surtout, on n’avait que deux mois pour mettre tout ça sur pied… Donc, pas de fioritures, pas de split screen, pas d’expérimentation, pas de scènes de cauchemar ; on va droit au but, on fait dans l’efficace. D’où cette fois-ci des influences plus bis ! On retrouve l’influence de Bava bien sûr, mais celui de La Baie sanglante, notamment pour le côté à la fois beau et bourrin. 6 Femmes pour l’assassin est lui aussi cité au début du film, histoire de plonger le spectateur dans un univers graphique et naïf, à la limite du caricatural. La baie sanglante (Mario Bava, 1971)

On a surtout puisé dans les gialli de pure exploitation, comme Torso de Sergio Martino (notamment via la nudité bien gratuite) ou bien sûr, La mort caresse à minuit de Luciano Ercoli, auquel on a emprunté l’idée du gant métallique, afin d’en exploiter le potentiel au maximum. Le film de Ercoli se rapprochant plus du policier que du film d’horreur, le tueur reste très timide quant à l’usage de son arme. Pour le reste, chassez le naturel , il revient au galop : les scènes de meurtres sont toujours très inspirées par Lucio Fulci, réputé pour son sadisme et son efficacité en la matière ! J’ai cherché également à reproduire des figures graphiques qui m’ont marqué, comme la sorcière dans le cercueil, inspirée du Masque du démon de Bava (encore) et de Alucarda (NB : Alucarda, la hija de las tinieblas, film horrifique d’origine mexicaine) de Juan López Moctezuma Alucarda (Juan López Moctezuma, 1978), ou encore le bûcher, calqué - je le reconnais - sur celui des Diables de Ken Russel (toute proportion gardée, hein…). Sans doute la seule infuence « hors bis » du film.

Et la fin, qui reste inspirée par le délire poétique de L’au-delà de Lucio Fulci. Mais on est resté dans la veine « pure exploitation ». Car en 20 jours, avec les moyens qu’on avait, on se retrouvait vraiment dans les conditions d’un film de cette catégorie. Il fallait assumer l’aspect « bis » jusqu’au bout ! Donc ici, à part le générique de fin, sur lequel je me suis amusé à calquer les effets de Clouzot dans sa version inachevée de L’Enfer : pas de place pour l’expérimental ! (NB : ce générique final est terriblement réussi !) On est là pour saigner, on est là pour baiser !

J’imagine que tu es aussi (comme l’auteur de ces lignes) un passionné d’érotisme cinématographique, au vu de cette propension à filmer de jolies filles en petite tenue... Quels sont pour toi les maîtres du genre et les œuvres qui comptent ?

Alors, c’est plutôt marrant, car à la base, je ne suis pas un grand connaisseur en cinéma érotique. J’aime beaucoup le peu que je connais de Tinto Brass, mais j’ai découvert ce cinéaste sur le tard, grâce à Anna (NB : Naigeon). En fait, je suis plus inspiré par l’érotisme que l’on retrouve dans les gialli de Lucio Fulci : je pense à Marisa Mell dans Perversion Story, à l’incroyable scène de nu de Barbara Bouchet dans La longue nuit de l’exorcisme La sublime Barbara Bouchet et surtout, au génial Venin de la peur (NB : Carole de Lucio Fulci), qui nous avait déjà inspiré Blackaria. Après, sur les tournages, on est plus inspiré par la beauté des comédiennes, que par les films qu’on a pu voir dans le passé.

Le film bénéficie d’une facture visuelle plus maîtrisée et aboutie que sur l’excellent Blackaria (le budget n’y est sans doute pas étranger). Quelles sont les différences significatives entre ces deux œuvres ? Et quelles étaient vos intentions (à Christophe Robin et toi) concernant l’esthétique du film, en collaboration avec la fidèle chef-opératrice Anna Naigeon ?

Tout d’abord, un grand merci !!! La première différence vient déjà du format que Le Chat qui Fume a mis à notre disposition : le Canon EOS 5D Canon EOS 5D (NB : nombre de clips actuels sont tournés avec le 5D ou le 7D, choix artistique autant qu’économique, l’auteur de ces lignes l’utilise d’ailleurs souvent pour ses propres réalisations. Quentin Dupieux, entre autres, tourna son Rubber avec ce matériel léger). Blackaria avait été tourné en DV et, comme je suis toujours à la bourre, j’ai tâté de la HD après tout le monde !!! Je cadre toujours moi-même, donc j’ai eu 10 jours pour appréhender l’appareil et ses objectifs. Me retrouvant à faire le point tout seul, autant vous le dire : j’avais très peur de saloper le film ! (NB : la mise au point, très « sensible » sur ces appareils, est une des principales difficultés) Ensuite, Anna et moi avions déjà pas mal travaillé ensemble et surtout, elle a fait d’énormes progrès depuis Blackaria. Attention, j’étais déjà très fier de son travail à l’époque, mais là, avec le peu de moyens qu’elle avait sous la main, elle a accompli des miracles ! Il faut dire qu’Anna a réellement un pied dans le milieu professionnel, elle s’est déjà retrouvée sur des tournages pros, elle bosse régulièrement pour Panavision. Un avantage qui lui a permis de faire un pas de géant entre les deux films.

Concernant nos intentions, vu que - comme je le disais plus haut - on se retrouvait à peu près dans les mêmes conditions de tournage qu’un film d’exploitation des 60’s/70’s, notre idée était de coller au plus près de ces mêmes films. On sait qu’en abordant un film sous un angle réaliste, d’un point de vue visuel, on a de grandes chances de se casser la gueule. D’où l’idée de miser sur une stylisation à l’extrême. Last Caress , avec l’usage du filtre soft, sa photo diurne, et toutes ses allusions sexuelles, essaie de retrouver une naïveté visuelle propre aux films à petit budget des années 60-70 : je parle des couleurs criardes, de l’omniprésence des fleurs dans le champ, des poupées et des poses très « papier glacé », très rétros.

Extrait de "Last Caress"

Mais surtout, il y a une volonté de nous détacher de la production horrifique actuelle, qui mise plus sur le côté « crado-torture porn-shaky cam ». On ne dit pas qu’on est meilleurs, hein, mais au moins, on essaie de se distinguer.
De plus, on s’est mis d’accord avec Christophe ; Last Caress mise sur l’efficacité des films de cette époque et rien d’autre, donc on est resté sur un découpage dynamique si nécessaire, mais très classique, parfois à la limite du théâtral ou du roman photo. Tout le monde utilise le 5D aujourd’hui, tout le monde tourne en HD, et la plupart des jeunes réalisateurs misent sur les mouvements de grue et l’usage de la steadicam. Alors, démarquons-nous en travaillant cet aspect « vieux films d’horreur à papa », mais qu’on pervertit à grands coups de meurtres hardcore et ultra violents.

Comme sur Blackaria, Last Caress est une co-réalisation avec Christophe Robin. Que vous apporte ce système et comment vous répartissez-vous les tâches, sur le set et en amont ?

Alors, comme nous l’avions déjà fait savoir, Christophe et moi nous répartissons les tâches de façon précise : je m’occupe du visuel, lui travaille avec les comédiens. Vu que je cadre, j’ai souvent tendance à les négliger et, je dois bien l’avouer ; l’univers visuel dans lequel on évolue est tout de même TRÈS particulier (le bis italien, le film d’exploitation japonais, le vieux polar français). Je n’ai pas envie de me faire chier à expliquer chaque fois aux comédiens qu’il va falloir me faire confiance, même si ce qu’on tourne ne ressemble pas un épisode des Experts. Christophe le fait très bien et sait généralement les rassurer. Ça avait plutôt bien marché sur Blackaria, on a continué à travailler comme ça sur Last Caress . Après, je m’occupe de l’écriture, puisque je reste l’instigateur du projet, et aussi du montage, qui reste la partie sur laquelle je m’éclate le plus !

Last Caress peut compter sur une superbe BO aux accents 80’s de Double Dragon, qui transforme l’essai tenté avec succès sur Blackaria. Comment travaillez-vous avec eux pour définir la tonalité du film ?

Extrait de "Last Caress"

J’adore bosser avec eux. En fait, la plupart du temps, ils me passent une liste de morceaux, dans laquelle je me permets d’aller piocher. Ils m’autorisent à les découper à ma guise, en fonction du montage. Mais souvent, j’aime tellement leur travail, que c’est moi qui remonte ma séquence en fonction de leur musique. Sur Blackaria, on a vraiment travaillé comme ça. Sur Last Caress , c’était plus simple, car Pascal Garcin, membre du duo formé par Double Dragon, était présent tout le long du tournage. Il connaissait le film par cœur. Au moins aussi bien que moi. Il a compris exactement ce dont j’avais besoin et m’avait déjà composé des morceaux phares pour le film, avant même que je n’entame le montage. Après, Pascal connait mes influences, mes intentions, et je lui raconte toujours mes projets de A à Z avant même de les écrire. Il en prend plein les oreilles, le pauvre !

Si je ne me trompe pas, c’est ta troisième collaboration avec la sublime Julie Baron (actrice), après Blackaria et le court-métrage All Murder, All Guts, All Fun. Que décèles-tu en elle que tu as envie de faire ressortir à l’écran ? Serait-elle ta muse cinématographique ?

Alors, NON ! Je n’ai qu’une muse cinématographique, c’est Aurélie Godefroy ! C’est la seule pour qui je me surprends à écrire des rôles, notamment la tueuse de Blackaria Aurélie Godefroy dans "Blackaria" ou Die Die my Darling. Mais sur Last Caress , je n’avais pas de muse (NB : le spectateur pourrait penser à la vision du film, que les actrices le sont toutes à leur niveau !), le sujet ne me le permettait pas vraiment. J’ai surtout essayé de mettre les filles le plus en valeur possible. En fait, ma muse sur ce film, c’était Antony Cinturino (NB : qui incarne le tueur mutique). (rires) Antony Cinturino, tueur de "Last Caress"

L’amateur éclairé remarquera aussi l’impayable Rurik Sallé (dont les jeans ont fait forte impression sur les habitué du BIFFF 2010) dans un second rôle. Te sens-tu proche de la génération actuelle du magazine Mad Movies, de leurs goûts tranchés et coups de sang cinéphiliques (même s’il est vrai qu’ils sont éclectiques dans leurs choix et qu’un chroniqueur n’est pas un autre…) ?

Ouch ! Question piège… Alors, je ne sais pas quelle copie vous avez vu de Last Caress , mais le pauvre Rurik a finalement été coupé au montage. On le voyait apparaître dans la version présentée à Lyon, et j’ai décidé de le sucrer avant la projection à Cannes ! Rurik Sallé (en adoration devant Dieu Steven Seagal ?) Non pas à cause de son jeu - il s’en sortait très bien -, mais à cause de moi ; ce matin-là, on avait trois heures pour tourner dans le lieu qu’on daignait nous prêter : trois heures pour débarquer, installer la lumière, faire répéter les comédiens, tourner la scène, et remballer tout le matos. On a été traité comme des clodos et on nous demandé de dégager sans nous laisser une minute de plus. J’étais stressé et j’ai cadré n’importe comment ! On était tellement pressé que j’ai concentré mes plans sur la jolie Clara Vallet, et je me suis contenté de cadrer… le profil de Rurik ! Au montage, je n’avais plus que des plans de son oreille ! En voyant ça sur grand écran (à Lyon), je me suis dit qu’il fallait impérativement supprimer cette séquence. Mais on s’est rattrapé par la suite : on a tourné un court métrage d’action (Die Die my Darling) et on a confié le rôle du bad guy à Rurik ! Et je peux vous affirmer que je suis très fier de lui !

Concernant la génération de Mad Movies, oui, je me sens très proche d’eux car on a à peu près le même âge et forcément, en tant que fan de cinéma fantastique, on a grandi avec les mêmes dieux : Dario Argento, John Carpenter, Brian De Palma. On aime tous les Inspecteur Harry, les Baby Cart. C’est des références que nous partageons tous ! On a tous grandi à l’époque bénie où TF1 nous faisait bouffer du Charles Bronson le dimanche soir ! Le seul, l'unique Charles Bronson ! Quand on parle d’un remake, on va tous se prendre la tête dessus ! On va débattre jusqu’au bout de la nuit ! C’est la génération vidéo-club !

Mais d’un autre côté, je suis resté très rétro par rapport à cette même génération : je n’aime pas les blockbusters, les jeux vidéo me font chier. D’ailleurs, certains journalistes de Mad m’ont conseillé, suite à la projo de Last Caress , de sortir ma tête des Mario Bava et de me pencher sur des thèmes plus modernes, moins bis, tout en continuant à travailler ma patte visuelle. De vivre avec mon temps, quoi.

Comment sera exploité Last Caress dans les mois à venir (au-delà de sa projection en festivals) ? J’imagine qu’une édition DVD est à l’ordre du jour… Extrait de "Last Caress"

Le Chat veut d’abord continuer à le vendre à l’étranger. Après, il est question d’un Blu-ray collector… mais ça, c’est le producteur qui décide…

Peux-tu nous parler de Mens Insana (supposément en pré-production, selon IMDb), mystérieux projet scénarisé par Jean Mach (co-réalisateur de 8th Wonderland, aux côtés de Nicolas Alberny) et dont la belle Delphine Chanéac (Splice) devrait tenir la tête d’affiche ?

Ah ah ah ! Mens… En fait, il s’agit d’un polar très sombre, dont la narration est très inspirée par Alan Moore. Je rêve de le mettre en images. Mais pour le moment, Jean (NB : Mach, cf. question) croule sous les projets, suite aux nombreux prix obtenus par 8th Wonderland. Récemment, Jean m’a confirmé qu’on allait le faire un jour, et je lui fais entièrement confiance. En attendant, je fais mon bonhomme de chemin.

Un tout grand merci à François Gaillard, pour sa sympathie et sa disponibilité.

Commentaires

Très bon interview, on apprend beaucoup de choses ! François G. a l’air de faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux ! BRAVO !!!

1er août 2011 | Par Martin McFly

"Je me suis retrouvé au milieu de gens tout mous et de connards de hippies, qui emballaient les gonzesses en leur parlant de Godard et en écoutant du Louise Attaque"

j adore !!!!!!

nb

29 juillet 2011 | Par NONO

May the Lord hear you, my son...
Je suis certain que l’on entendra reparler assez vite de notre ami François Gaillard (et son acolyte Christophe Robin).

28 juillet 2011 | Par Vivadavidlynch

En espérant que ce ne soit pas la dernière caresse de François envers le cinéma de genre...

28 juillet 2011 | Par shinji

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