Interviews

MADE IN FRANCE - Vertige

29 novembre 2008 | Par : Gore Sliclez

Focus sur l’un des films attendus de 2009.

Véritable touche-à-tout artistique, Abel Ferry a travaillé dans la pub (Honda, Nike, Knorr...) le clip (pour Diva Avari surtout), pour la télévision (les Guignols notamment) et a déjà réalisé quelques courts métrages reconnus et remarqués dans le milieu. Suite classique et logique oblige, ce réal talentueux et prometteur se lance désormais dans son premier long métrage qui s’annonce d’ores et déjà comme un des films à suivre en 2009 et a pour se faire rassemblé autour de lui une équipe d’acteurs "césarisés" et motivés. En plein tournage nous avons donc essayé d’en savoir un peu plus sur le film et sur Abel Ferry, encore peu connu à ce jour. Gageons que cela ne devrait pas perdurer au vu du synopsis et du storyboard de Ferrata, en ligne sur son site. Inutile de vous dire que CinemaFantastique se fera un plaisir de vous tenir informé...

Abel Ferry, vous êtes scénariste, réalisateur de clips, de pubs et de courts métrages. Vous pouvez nous expliquer un peu votre parcours ?

Après des études de Management Audiovisuel, j’ai écrit et tourné avec mes fonds propres mon premier court-métrage « Marie ». Grâce à mon parcours, j’ai pu ensuite intégrer une société de production qui m’a permis d’étudier le marché de la pub et connaître ainsi ce que les agences recherchaient comme « type » de réalisateur.
Fort de cette expérience, j’ai produit et réalisé mon 2ème court métrage : « Putain la vieille, ‘faut pas l’énerver ! » . Une comédie burlesque avec Dominique Pinon.
Ce court remarqué dans des festivals m’a permis alors de démarrer en Pubs, Clips et de réaliser des sketches pour les « Guignols de l’Info » sur Canal+ .

Phoenix Pictures est votre propre boîte de production ? Là aussi vous pouvez nous en parler ?

Phoenix Pictures est ma société, mais je n’ai pas vocation à produire. Etant donné que l’on est jamais aussi bien servi que par soi même, cette structure me permet de garder un certain contrôle sur mes films.

Vos courts métrages précédents forts remarqués Le Bon, La brute et les Zombies, Putain la vieille faut pas l’énerver et Marie sont-ils des hommages au cinéma de genre ?

Je suis forcément amoureux du cinéma de genre car c’est lui qui m’a fait rêver et donné envie de faire des films. Plutôt que des hommages, on pourrait plutôt dire que mes courts représentent une envie de travailler dans un univers très visuel.

Dans Le Bon, La brute et les Zombies on retrouve en tête d’affiche le créateur de la Troma le cultissime Lloyd Kaufman. Là aussi une volonté de rendre hommage ? Comment s’est déroulé le tournage avec lui ?

« Le bon, la brute et les Zombies » doit être considéré comme un pilote de long-métrage, et non comme un court. Les quelques minutes qui existent actuellement, ne retrace que le tout début d’une aventure mélangeant humour, action et hommage à plusieurs genres que j’affectionne : la comédie, le western, et le film d’horreur. Et effectivement, dans cette volonté, l’envie de travailler avec Lloyd Kaufman s’est imposée naturellement. Il représente un symbole fort du cinéma de genre, provocateur et impertinent. Le tournage fut un grand moment de bonheur. Lloyd est un homme d’une profonde gentillesse et d’une grande générosité. C’est un personnage fantastique, toujours passionné et passionnant. La semaine de tournage avec lui fut un fantastique souvenir.

Xavier Gens faisait également partie du casting… 

Je connais Xavier depuis longtemps. Nous avons suivi un parcours parallèle, lui en clips et moi en pubs. En fait Xavier s’est proposé de venir faire le making-of du film, et entre les prises, je lui ai demandé de participer en tant que figurant. Mais il a mis tellement d’enthousiasme que finalement, il a eu plusieurs rôles ! On peut le voir en temps que mexicain déjanté prêt à massacrer des morts-vivants, mais aussi en zombie volontaire. Et je dois dire qu’en plus d’être un réalisateur talentueux, il sait très bien se faire empaler !

Dominique Pinon est également un acteur avec lequel vous avez aimez tourner. Qu’est-ce que vous appréciez tant chez lui ?

Pour moi, Dominique est un véritable cadeau du ciel. Avant de lui proposer « Putain la vieille… » je ne le connaissais absolument pas, si ce n’est bien sûr au travers de ses films.
Dominique est un acteur très charismatique qui dévore littéralement l’image. Il habite véritablement les personnages qu’il incarne et explore chaque facette de son rôle. C’est quelqu’un de modeste, d’une gentillesse et d’une générosité sans bornes. C’est tout simplement un immense plaisir de travailler avec lui.

Clips, pubs, films… qu’est-ce que vous appréciez le plus ?

A vrai dire, j’aime raconter des histoires, qu’elles durent 90 minutes ou quelques secondes.
Réaliser une pub, c’est comme une séquence, comme un petit moment de long-métrage. On a proportionnellement beaucoup plus de moyens que sur un film. On peut expérimenter beaucoup plus de chose techniquement.
Le clip permet d’apprendre à travailler très vite. Souvent, il y a un nombre incroyable de plans à faire en très peu de temps. C’est une redoutable école d’efficacité.
Quant au film, il permet d’avoir une plus grande liberté d’expression. De pouvoir réunir une histoire forte, de se consacrer davantage à la direction d’acteurs et de développer sur la longueur, un point de vue de mise en scène.
Mais vous savez, j’ai un tempérament plutôt optimiste. Je considère que dans le système actuel, vivre de sa passion et travailler dans le cinéma est une chance énorme. C’est un milieu difficile et impitoyable où chaque erreur se paye au prix fort. Je considère donc chaque tournage comme une opportunité de travailler dans le métier.

Les guignols de l’info, expérience positive ?

Très. La réalisation de sketches pour les Guignols fut une expérience très enrichissante. On doit s’adapter en permanence. L’utilisation de marionnettes ne facilite pas la tâche. On doit apprendre à travailler très vite. J’ai toujours été très sensible aux Guignols de l’Info, car c’est selon moi une émission utile qui permet de voir l’actualité sous un angle provocateur, impertinent mais toujours intelligent. Les scénarios proposés sont toujours très bien structurés et contiennent une multitude de clins d’oeils à des films à succès, ce qui est toujours passionnant à tourner pour un réalisateur.

Avec Ferrata, vous vous lancez dans votre premier long métrage. Vous pouvez nous en parler un peu plus ?

J’ai rencontré Alain Benguigui et Thomas Verhaeghe de Sombrero en janvier 2007. Ils étaient à la recherche d’un réalisateur pour un film de genre dont l’action se déroule en montagne. Ce sont mes courts, mes pubs et le fait que je suis un savoyard passionné de via ferrata et d’escalade qui m’ont permis de me retrouver sur ce film.
Ferrata est un film sauvage et réaliste sans trucages et sans doublures.
C’est l’histoire de 5 jeunes adeptes d’escalade, qui décident de s’aventurer sur une via ferrata mythique à l’étranger. L’ascension s’avère plus périlleuse que prévue, d’autant que très vite, ils s’aperçoivent qu’ils ne sont pas seuls. L’aventure va alors tourner au cauchemar....

Vous avez comme actrice principale Fanny Valette, nominée aux César en 2006 et Johan Libéreau (pareil en 2008). Plutôt beau casting ?

Pour ce film, j’ai eu la chance de travailler avec des acteurs très généreux. En plus de Fanny et de Johan, il faut ajouter Raphael Lenglet, Nicolas Giraud et Maud Wyler.
Grâce à leur motivation et leur implication, ils se sont investis à fond dans leur rôle. Ils ont accepté de se mettre dans des positions inconfortables, et j’ai pu ainsi les placer en plein cœur de l’action. Mon envie première a été de montrer la montagne comme un personnage à part entière, c’est à dire qu’ils ont joué avec en moyenne 150 mètres de vide sous leurs pieds, qu’ils ont dû affronter le vertige, le froid, le vent, la nuit sous la pluie glacée, et j’en passe !
C’était un tournage très physique nécessitant un engagement total.

Où en est le film pour l’instant ?

Au moment de cette interview, je viens juste de terminer les prises de vues. Ce fut une grande et belle aventure mais aussi un combat de tous les instants. Nous avons tourné en septembre et en octobre pour un film dont l’action se déroule en été. Je vous laisse imaginer les conditions climatiques extrêmes que l’on a dû surmonter pour un film tourné à 90% en extérieur et à 2 000 mètres d’altitude !!

Serait-ce le début d’une carrière long métrage ?

J’espère. Je considère en tout cas ce long métrage comme un véritable tremplin. C’est une opportunité formidable de pouvoir faire un film et je peux vous garantir que j’y ai mis toutes mes tripes !

D’autres projets en vue ?

J’ai des propositions mais rien n’est encore décidé. Pour le moment, je me consacre à la post-production de Ferrata. Il me reste encore beaucoup d’étapes : le montage, le mixage, les effets spéciaux…

Photo : © Fabien Barrau
Dessins : © Sombrero Films / Gaumont

Commentaires

Pas totalement convaincu. J’attends de voir (avec impatience quand même) mais à part Martyrs, et Frontières, le ciné français m’a très peu fait vibré !

4 décembre 2008 | Par Phantom

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