Interviews

MADE IN SPAIN - Ghost Graduation

12 mai 2013 | Par : Damien Taymans, Seb Brunclair

Lauréat du Corbeau d’Or (le Grand Prix) et du Prix du Public de la dernière édition du BIFFF, Ghost Graduation de l’espagnol Javier Ruiz Caldera ravivait un feu sacré jadis nourri par SOS Fantômes ou Gremlins, à savoir un alliage parfait de comédie et de fantastique. Très ancré dans la culture 80’s, ce qui a forcément parlé à beaucoup de nostalgiques, le métrage est doté d’un score d’excellente qualité. Mais la grande force de Promocion Fantasma réside bien entendu dans son humour et dans la caractérisation de ses personnages, tous plus attachants les uns que les autres. Entre un fantôme bourré depuis des décennies rêvant d’aller une dernière fois en boîte de nuit, une chaudasse enceinte pour l’éternité et une première de classe timorée sauf quand elle est sur scène, le protagoniste principal, un professeur raté du fait de ses visions spectrales, campé par l’excellent Raúl Arévalo, a fort à faire pour sauver l’école de la ravissante Alexandra Jiménez.

L’INTERVIEW DU REALISATEUR

Pourquoi êtes-vous venu vers ce projet après la parodie Spanish Movie ?

En tant que réalisateur non scénariste, je lis en permanence des scripts, à la recherche de mon prochain projet. Un jour, les producteurs de Spanish Movie, mon premier film, m’ont envoyé le script de Ghost Graduation, et c’était comme si je tombais amoureux. J’ai beaucoup de chance parce que c’est un script génial et ce n’est pas du tout facile d’en trouver de tels.

Le scénario a été écrit par Cristóbal Garrido et Adolfo Valor. Avez-vous procédé à une réécriture commune ou le script était-il en l’état ?

Leur script était super, mais j’ai l’habitude de procéder à des réécritures de manière à m’approprier le script, d’une certaine manière. Et de nombreux éléments changent tout le temps durant les répétitions et le tournage. Le premier script est juste le commencement d’un processus difficile mais drôle et nécessaire à l’aboutissement du film.

Lorsque l’on évoque Ghost Graduation, on pense forcément à Ghostbusters. Ce grand classique du genre a-t-il été une influence, du moins au niveau de l’esprit ? Y en a-t-il eu d’autres ?

Je préfère parler de références plutôt que d’influences. Ghostbusters était évidemment une des références principales. Mais nous avons également beaucoup parlé des films de John Hughes, ainsi que des films mélangeant la comédie au fantastique, tels que Fantômes contre fantômes (Peter Jackson) et Ghost (Jerry Zucker). J’adore ces films.

Le film évoque beaucoup le cinéma de John Hugues, spécialement Breakfast Club, était-ce une influence consciente de votre part ?

Oui, complètement. Ghost Graduation, c’est un peu « Qu’est-ce qui se passerait si les membres du Breakfast Club étaient victimes d’un incendie durant leur retenue, mouraient et revenaient 30 ans plus tard en tant que fantômes typiquement 80’s, vieux jeu et traînant dans un lycée moderne ». C’était la base de l’histoire.

Le film dégage un vrai état d’esprit, un feeling "année 80". Ces années vous ont elles marqués cinématographiquement parlant ? Quels sont les films de cette décennie qui vous ont le plus marqués ?

Oui, j’ai grandi durant les années 80, avec ces films. Je les adore... et ils me manquent. C’est la raison pour laquelle nous avons essayé d’en créer un. Je ne saurais pas dire lequel était mon préféré mais je peux vous dire que ma VHS de La folle journée de Ferris Bueller était totalement usée.

Une des belles surprises de Ghost Graduation est sans conteste la qualité d’interprétation des cinq fantômes. Comment avez-vous travaillé avec eux pour arriver à un tel résultat ?

Nous avons bossé très dur avec le casting. Ce n’était pas du tout facile de trouver un acteur capable de jouer un fantôme bourré depuis 1986 ! D’un autre côté, les 5 fantômes sont des amis proches depuis cette année-là, et nous avions besoin que ça se voie à l’écran. Nous avons donc orienté les répétions dans ce sens. J’ai essayé de les faire réellement devenir amis, et c’était plus facile que prévu. Tous les acteurs que nous avons choisis sont des gars sympas, des acteurs très prometteurs et j’espère qu’ils n’oublieront jamais la géniale expérience qu’a été Ghost Graduation pour nous tous.

Si vous deviez être l’un des fantômes de votre film, lequel seriez-vous ?

Et bien, je suis le réalisateur et je suis sûr que je possède un peu d’éléments de chacun... mais peut-être que je m’identifie le plus facilement au fantôme bourré. Ne me demandez pas pourquoi.

Comment a été la réception du film en Espagne ? Le film a-t-il bien marché ?

Oui, il a été très bien reçu en Espagne, aussi bien au niveau du box-office que des critiques. Et maintenant, un an après la première, je sens que de nombreux nouveaux publics sont en train de découvrir le film en DVD ou dans des festivals tout autour du monde, et qu’ils l’apprécient. Je suis vraiment heureux de tout ce qui se passe autour de Ghost Graduation, jamais je n’aurais imaginé un tel succès.

Comment avez-vous choisi les morceaux de l’excellente bande originale de Ghost Graduation ?

Nous avons essayé de faire un film typiquement 80’s, du coup nous avions besoin de ces hits dans la bande-son. C’était indispensable et nous le savions. Et je serai éternellement reconnaissant envers les producteurs pour avoir eu le droit d’utiliser « Total eclipse of the heart » dans le film.

Le film a été projeté et récompensé lors du BIFFF 2013. Comment avez vous perçu l’ambiance du festival ? Est-ce le meilleur moyen de voir le film ?

C’était super d’être là-bas, un grand honneur. Nous avons présenté le film, chanté devant le public et le jury, comme tous les réalisateurs le font durant le BIFFF ! Et j’étais vraiment surpris du fait que le film fonctionne aussi bien dans une langue différente et de voir le public rigoler en permanence. J’ai félicité les traducteurs responsables des sous-titres, parce qu’ils ont peut-être amélioré notre script !

Vous avez reçu le prix du Public lors de ce festival, est-ce la plus belle des récompense que de voir son film acclamé par le public ?
Comment a été la réception du film en Espagne ? Le film a-t-il bien marché ?

J’apprécie vraiment toutes les récompenses. C’est vrai, ce prix est la preuve d’une grande reconnaissance et ça me touche, mais je suis également heureux par rapport au prix que le jury a décidé de nous décerner. Je ne sais pas quoi dire à ce propos. J’étais déjà ravi avant les récompenses, juste par le fait de voir les spectateurs se marrer, et maintenant je suis encore plus heureux grâce à ces magnifiques trophées sur mon étagère.

Quels sont vos projets pour l’après Ghost Graduation ?

Je viens de tourner un nouveau film qui s’appelle « Tres Bodas de Más », qui est une autre comédie complètement folle. Et la première se déroulera le 6 décembre en Espagne. J’espère que vous aurez l’occasion de le voir !

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