Interviews

MADE IN USA - Bonnie and Clyde VS Dracula

21 mars 2009 | Par : Quentin Meignant

La rencontre de deux mythes

Meilleur film et meilleur acteur (Trent Haaga) au Fright Night Festival, meilleur long-métrage au Festival de Sacramento, meilleur long-métrage au Arizona Underground Film Festival, sélectionné au Dark Carnival, au Festival du film d’Horreur de New York, à celui de Chicago et à celui d’Amberg (en Allemagne), Bonnie and Clyde VS Dracula a fait carton plein durant l’année 2008.

Rencontre improbable entre les deux gangsters les plus célèbres de la Création et le fameux suceur de sang, Bonnie and Clyde VS Dracula avait tout pour rappeler des œuvres plus anciennes, telles que les métrages mettant en scène les comiques Abbott et Costello aux prises avec les créatures les plus en vogue de la firme Universal. Il n‘en est rien puisque, de l’aveu même du réalisateur Timothy Friend, « rien d’autre que le titre n’évoque ces métrages. Je n’ai jamais limité ma vision du cinéma à l’horreur et donc, la partie Bonnie and Clyde de l’histoire lorgne plutôt vers les films de Walter Hill et Budd Boetticher. »

C’est donc à la frontière entre western, gangstérisme et film d’épouvante que se retrouve Bonnie and Clyde VS Dracula, dont l’auteur situe la source principale dans ses lectures « de comics horrifiques et policiers. Cela s’est donc imposé à moi de proposer un mélange d’anciens gangsters et de monstres, et j’ai commencé à imaginer ce que j’aurais aimé dans ce domaine particulier. » Doté d’un très faible budget, le métrage ne s’en trouve pas moins honoré de la présence au casting de quelques sommités du genre telles que Tiffany Shepis ou encore Trent Haaga. Friend avoue d’ailleurs avoir été « vraiment heureux de bénéficier d’une équipe et d’un casting aussi enthousiastes, donc un plus large budget n’était pas si important. Un plus long tournage aurait par contre été appréciable. »

D’autant que, pour ce low-budget, le réalisateur-concepteur eut toute la liberté imaginable alors qu’une personne « qui aurait fourni un plus gros budget aurait voulu changer des éléments du film et, donc, aurait déformé notre vision originale. » Cette vision se décline surtout au niveau de personnages hauts en couleurs tels qu’Annabel qui « est un mix entre Little Lulu (personnage de BD créé en 1935 par Marjorie Henderson Buell – NDLR) et ma nièce de 3 ans » qu’au niveau du script et de la photographie dont Timothy Friend pense « que les performances sont, à ce titre, excellentes. Dans ces domaines, je pense que Bonnie and Clyde VS Dracula est au-dessus du lot des films low-budget. »

Au vu du nombre de festivals visités et surtout du nombre de récompenses engrangées, Friend pourrait bien avoir raison lui qui, en 2007, s’était quelque peu vautré avec son Cadaverella. Cet épisode paraît désormais oublié pour celui qui a « toujours aimé les films mais il y a encore peu de temps d’ici, je n’aurais jamais pensé en faire un. »

Si aucune date n’a encore été fixée quant à une probable sortie DVD aux Etats-Unis, on espère que Bonnie and Clyde VS Dracula fera encore parler de lui sur notre vieux continent à l’occasion de l’un ou l’autre festival, chose que Friend ne peut confirmer pour l’instant.

INTERVIEW DE TIMOTHY FRIEND (RÉALISATEUR DE BONNIE AND CLYDE VS DRACULA)

Bonjour Timothy, vous avez signé Cadeverella en 2007 et Bonnie and Clyde VS Dracula en 2008. Comment êtes-vous arrivé dans le monde du cinéma ? Etait-ce un rêve d’enfant ?

J’ai toujours aimé les films mais il y a encore peu de temps d’ici, je n’aurais jamais pensé en faire un. J’étais DJ et scénariste en freelance. J’ai fait un court intitulé InSex qui a fini par être distribué comme extra du DVD Lust for Dracula d’Independant Cinema. Cela a eu assez de succès que pour me motiver à prolonger l’aventure par le biais de long-métrages.

Le mélange opéré dans Bonnie and Clyde VS Dracula (Gangsters VS vampire) est assez original. D’où vous est venue cette idée ?

Je suis un lecteur avide de comic books et cela a toujours été le cas. Juste avant d’écrire le script de Bonnie and Clyde VS Dracula, je lisais beaucoup de comics horrifiques et policiers. Cela s’est donc imposé à moi de proposer un mélange d’anciens gangsters et de monstres, et j’ai commencé à imaginer ce que j’aurais aimé dans ce domaine particulier. Le personnage d’Annabel était aussi inspiré de comics. Elle est un mix entre Little Lulu (personnage de BD créé en 1935 par Marjorie Henderson Buell – NDLR) et ma nièce de 3 ans.

Le titre fait indéniablement penser à des oeuvres hybrides bien plus anciennes telles que Abbott and Costello meet Frankenstein,... Avez-vous vu ces oeuvres et est-ce que cela a été une source d’inspiration pour vous ?

Abbott and Costello meet Frankenstein est un tout grand film, mais rien d’autre que le titre n’évoque ce métrage. Je n’ai jamais limité ma vision du cinéma à l’horreur et donc, la partie Bonnie and Clyde de l’histoire lorgne plutôt vers les films de Walter Hill et Budd Boetticher. Les parties plus fantastiques du film ont été bien plus inspirées par les travaux de Mario Bava et par la firme AIP de Roger Corman.

Les films de genre en costumes d’époque sont assez rares à l’heure actuelle. Quelles ont été vos principales difficultés lors du tournage et de la préparation de celui-ci ?

Durant toute une période, Bonnie and Clyde VS Dracula a posé une foule de challenges tout à fait autres que ceux que j’avais déjà affrontés.1933, c’était il y a TRÈÈÈÈÈS longtemps. Jusqu’à ce que nous entrions de plein pied dans la phase de pré-production, nous n’avions aucune idée sur la manière de parvenir à créer un univers temporellement différent. Durant la production, la plus grosse difficulté a été de tout faire durant le temps imparti. Nous avions un très petit créneau et pas les moyens de l’étendre. Heureusement, chacun se sentit concerné, des assistants de production aux acteurs, ils donnèrent tous le meilleur et nous avons tout géré comme il le fallait.

L’originalité du propos a-t-elle provoqué un engouement direct pour votre production ?

Je pense que les spectateurs ont été surpris par le film. Ils sont entrés dans le ciné dans l’idée de voir une farce et ont découvert que le film était conduit par les personnages et ne ressemblait pas du tout à ce qu’ils s’attendaient.

De quel budget disposiez-vous exactement pour faire Bonnie and Clyde VS Dracula ? Qu’auriez-vous fait de plus avec un budget plus conséquent ?

J’étais vraiment heureux de bénéficier d’une équipe et d’un casting aussi enthousiastes, donc un plus large budget n’était pas si important. Un plus long tournage aurait par contre été appréciable. Mais au final, le film s’avéra être sur la voie de ce que je voulais faire et je pense que ce dont nous avions besoin fut régi par le fait que nous travaillions avec un petit budget. Quelqu’un qui nous aurait fourni un plus gros budget aurait voulu changer des éléments du film et, donc, aurait déformé notre vision originale.

Avoir Tiffany Shepis au générique de sa deuxième réalisation doit procurer un plaisir intense, non ? Comment s’est passé le travail avec elle ? Aimeriez-vous retravailler avec cette grande scream queen ?

Tiffany est une crack ! C’était vraiment une belle expérience de travailler avec elle et elle aura un rôle dans chacun de mes futurs films si elle le désire. J’étais un petit peu nerveux au début au sujet de ces rencontres avec des célébrités comme Tiffany et Trent (Haaga – NDLR), c’était comme un rêve. Et leur alchimie en tant que Bannie et Clyde, c’est vraiment quelque chose !

Les critiques sont en général élogieuses à propos de votre film, le définissant comme un pur produit pour les fans de films d’horreur. Quelles sont, selon vous, les grandes qualités de votre film ?

J’espère que quelque chose d’original ressortira du script aussi bien que de la photographie. Je pense que les performances sont, à ce titre, excellentes. Dans ces domaines, je pense que Bonnie and Clyde VS Dracula est au-dessus du lot des films low-budget.

Bonnie and Clyde VS Dracula a beaucoup tourné dans les festivals américains en 2008, glanant quelques prix au passage. Quel effet cela vous a-t-il procuré ? Quel est le meilleur souvenir de cette véritable tournée ?

Les festivals ont été de super expériences et cela a permis à notre film d’être bien exposé. Nous avons eu bonne presse et avons rencontré des gens intéressants. Je ne pense pas que je puisse sortir une représentation du lot. Chaque moment où j’ai eu l’occasion de présenter le film lors d’une grosse projection est un véritable plaisir. Bien que je doive dire que les projections en présence de Tiffany ont été particulièrement survoltées. J’ai été ravi de la réaction du public à propos du personnage d’Annabel. Beaucoup de fans d’horreur hardcore ont réellement accroché à ce personnage doux de nature.

Aimeriez-vous participer à des festivals européens en 2009, à l’image de votre somptueux parcours américain en 2008 ?

Oui, nous espérons participer à quelques festivals internationaux. Le film a été projeté en Allemagne il y a quelques mois mais nous n’avons aucune nouvelle projection prévue à ce jour. Nous publions toutes nos séances sur le site BCVDMOVIE.COM pour ceux qui seraient intéressés.

Avez-vous déjà fixé une date pour une sortie DVD aux USA ? Et à l’étranger ? Que diriez-vous pour convaincre les éventuels acheteurs ?

Pas encore de date de sortie aux USA pour le moment, non. Dès que la date sera confirmée, vous pourrez la trouver sur notre site.

(Interview réalisée par Mae-Nak)

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