Interviews

MADE IN USA - Feast 2 : Sloppy Seconds

23 janvier 2009 | Par : Quentin Meignant

Le retour des monstres

Alors totalement inconnu du grand public, Marcus Dunstan se présentait en 1999 comme un simple passionné de film venant de l’Iowa. Mais un déménagement à Los Angeles où il va rejoindre son ami Patrick Melton, parti deux ans plus tôt, va changer le cours de son existence. Les deux compères décident de se mettre à l’écriture d’un scénario d’horreur une nuit d’halloween, bien décidés à faire leur entrée dans le monde du cinéma. Ce scénario est celui de Feast. Sélectionné pour participer au Projet Greenlight, émission documentaire produit par Matt Damon s’intéressant aux tournages d’amateurs, Feast se voit adjoindre comme réalisateur l’inexpérimenté John Gulager, qui avait simplement participé en tant qu’acteur et directeur de la photographie à quelques productions mineures (Gunfighter).

C’est le début de la gloire pour les trois hommes puisque Feast fait bien vite un véritable carton lors de diverses projections américaines mais aussi par le biais d’une sortie DTV mondiale. Comme l’explique Marcus Dunstan, « Le Projet Greenlight était un véritable pont d’or. Pas seulement parce que notre scénario a été choisi mais parce que c’était l’occasion de travailler avec un réalisateur génial, John Gulager. En plus de tout cela, c’était un film dont nous étions extrêmement fiers. », ajoutant d’ailleurs que « si ce n’était pas arrivé, je travaillerais sans doute encore dans ma vidéothèque. »

Si les rayonnages de ce commerce pleurent encore son départ, le petit monde du cinéma ne peut que se frotter les mains de la naissance d’un tel talent bien encadré, car la production des Feast est avant tout « une grande famille », comme se plaît à dire Marcus qui insiste sur le fait que « la "famille " Gulager était la seule à pouvoir offrir aux films Feast un caractère unique et spécial. Il n’y a aucune autre compagnie avec la bravoure et le dévouement de la "famille " Gulager. C’était un honneur d’être témoin de leur travail. J’ai appris tellement de choses que j’ai de quoi raconter des histoires toute ma vie. »

Dès lors, il ne réside guère de surprise dans le fait que Feast ait réussi à séduire les foules en 2006. A la base d’un simple film de monstre, Dunstan, Melton et Gulager sont parvenus à créer leur propre univers, délirant à souhait et assez éloigné des œuvres classiques du genre. Dans un bar perdu au fin fond du Texas, la soirée se déroule paisiblement quand brutalement, la nuit tourne au cauchemar. A quelques pas de là, des créatures mutantes, affamées, se sont échappées d’une base de recherche militaire... Et elles ont faim de chair humaine... D’encarts écrits hilarants et trompeurs présentant les personnages à l’omniprésence d’un gore crado, Feast parvient à captiver et à entraîner le spectateur dans un état de catalepsie jubilatoire, tout en n’oubliant pas son but premier : présenter un film de monstre tout à fait valable.

Dès lors, il n’y a rien d’étonnant dans le fait que John Gulager, tout auréolé du prix de meilleur réalisateur au festival d’Austin, ait demandé à ses scénaristes fétiches de remettre l’ouvrage sur le métier pour proposer une séquelle à son Feast. Une ? Eh bien, non ! Comme Gulager se veut original, ce n’est pas une seule suite mais bien deux que le réalisateur commande. Dès lors, Marcus Dunstan et Patrick Melton se remettent au travail, chose qu’ils font avec plaisir pour un réalisateur à qui ils vouent une admiration sans bornes : « John Gulager sait comment y faire à Hollywood. Chaque Feast a eu, au fil du temps, de moins en moins de budget. John ne les a néanmoins jamais bouclés sous pression. Quand les circonstances sont contre lui, il trouve comment contourner les difficultés. »

Et des difficultés, Feast 2 : Sloppy Seconds en a connu pas mal. « Les scripts sont habituellement écrits en fonction des restrictions mais, dans le cas de Feast, les restrictions changeaient tous les jours. Il y avait des journées avec du feu, des motos, des monstres et des cascades, et d’autres avec des caméras empruntées un peu n’importe où. Au regard de ces épreuves et de ce qu’il y avait, il était presque impossible de tout boucler. Mais John tournait. C’était difficile de voir les scenarii compromis par le maigre budget et les restrictions de temps. » Ajoutons encore à cela que les ambitions de Feast 2 : Sloppy Seconds « doublaient alors que le budget était amputé de moitié. », et on comprendra aisément toute la difficulté de proposer un spectacle égalant celui du premier opus dans des conditions aussi drastiques.

Marcus Dunstan ne se fait néanmoins pas de soucis tant il a « ri du lever au coucher du soleil » sur le tournage de Feast 2, mais aussi parce qu’il est certain de la bonne tenue du film. « Feast 2, c’est du lourd ! C’est tapageur, le terrible frère de l’original en quelque sorte ! Il y avait une pile de tabous qui ne demandaient qu’à être utilisés et moqués. Nous avons tenté d’en briser le maximum. » Cette façon de faire lui a d’ailleurs valu bon nombre de commentaires, dont notamment un qu’il a entendu « après la première projection de Feast 2 était : "Comment avez-vous osé ? "

Feast 2 : Sloppy Seconds devrait donc parvenir sans mal à égaler son prédécesseur malgré un pitch qui sent fortement la resucée : Fini le petit bar au milieu de nulle part, les survivants tout juste échappés de cette nuit de terreur trouveront refuge dans une petite bourgade, bientôt la proie des bestioles sanguinaires qui se sont multipliés et répandus dans la petite ville isolée. Mais qu’à cela ne tienne, Marcus Dunstan et Patrick Melton ont plus d’un tour dans leur sac et leur carrière ascendante tend à le prouver. Les deux compères ont d’ailleurs « commencé à travailler au script de Saw VI cette semaine. »

Marcus va donc pouvoir continuer à s’exprimer (il a déjà participé à Saw IV et Saw V) sur autre chose qu’un trilogie Feast qui sent fort bon et pourrait, allez savoir, instiller un nouvel élan à la saga Saw. « Gardez les doigts croisés pour moi », nous demande-t-il. Ok, Marcus, nous ne les décroiserons que pour insérer le DVD de cet alléchant Feast 2 : Sloppy Seconds dans notre lecteur !

INTERVIEW DE MARCUS DUNSTAN

Bonjour Marcus. Depuis quelques années, vous participez à l’écriture de pas mal de films (Feast 1,2 et 3, Saw IV et V). Comment êtes-vous entré dans le monde du cinéma ? Le projet Greenlight a-t-il été l’aubaine que vous attendiez pour faire vos premiers pas ?

Le projet Greenlight était un véritable pont d’or. Pas seulement parce que notre scénario a été choisi mais parce que c’était l’occasion de travailler avec un réalisateur génial, John Gulager. En plus de tout cela, c’était un film dont nous étions extrêmement fiers. Toute cette aventure, de giclées de sang en perversions, fut extraordinaire.

Je ne pouvais y croire. Je travaillais dans une vidéothèque et distribuais des flyers pour des projections-test du second film du projet Greenlight, The Battle of Saker Heights, inclus dans la première des 2 saisons du show TV. Et seulement six mois plus tard, c’est Patrick (Melton) et moi-même qui nous y attelions. C’était une superbe occasion qui m’a fait changer d’univers. Si ce n’était pas arrivé, je travaillerais sans doute encore dans ma vidéothèque.

Vous collaborez sur chaque projet avec Patrick Melton. Vous vous connaissez depuis longtemps ? Votre entente doit être parfaite, non ?

J’ai eu la bonne fortune de travailler avec Patrick Melton tout au long de ces dernières années. Nous allions au même collège et nous étions tous les deux les mascottes de l’Université d’Iowa, Herky the Hawkeye. De plus, nous étions projectionnistes pour deux cinémas à Iowa City. Cela semblait juste être une rencontre banale et nous parlions parfois de certains films.

Patrick déménagea à Los Angeles en 1997 et je fis de même en 1999. Nous frappions tous les deux à toutes les portes… qui restaient fermées ! Donc, durant le week-end d’halloween en 1999, nous avons décidé de commencer l’écriture d’un film d’horreur ensemble. Ce script devint en fin de compte Feast. Cela a toujours été une joie de travailler avec on ami Patrick. A l’époque nous regardions ensemble un maximum de films, maintenant, nous pouvons enfin contempler des choses que nous avons-nous-même imaginées.

Comment se passe votre collaboration avec John Gulager ? Intervient-il dans l’écriture de vos scripts pour la saga Feast ?

John Gulager sait comment y faire à Hollywood. Chaque Feast a eu, au fil du temps, de moins en moins de budget. John ne les a néanmoins jamais bouclés sous pression. Quand les circonstances sont contre lui, il trouve comment contourner les difficultés. Les scripts sont habituellement écrits en fonction des restrictions mais, dans le cas de Feast, les restrictions changeaient tous les jours. Il y avait des journées avec du feu, des motos, des monstres et des cascades, et d’autres avec des caméras empruntées un peu n’importe où. Au regard de ces épreuves et de ce qu’il y avait, il était presque impossible de tout boucler. Mais John tournait. C’était difficile de voir les scenarii compromis par le maigre budget et les restrictions de temps.

Feast avait marqué les esprits par son aspect délirant et délicieusement gore. Feast 2 exploite-t-il les mêmes ingrédients ?

Feast 2, c’est du lourd ! C’est tapageur, le terrible frère de l’original en quelque sorte ! Il y avait une pile de tabous qui ne demandaient qu’à être utilisés et moqués. Nous avons tenté d’en briser le maximum. Un des premiers commentaires après la première projection de Feast 2 était : « Comment avez-vous osé ? » Dieu que ça fait du bien d’entendre ça !

Combien de temps vous a pris l’écriture de Feast 2 ? Y a-t-il eu des changements de dernière minute dans le script ?

Oh Bon Dieu ! Autant Feast 2 prit un temps plutôt normal, autant Feast 3 était beaucoup plus difficile. Nous avions écrit 3 scripts séparés pour Feast 3. Aucun d’eux n’a été réalisé. Peut-être dans l’éventualité d’un Feast 4, allez savoir… Avec Feast 2, le scénario fut bouclé assez vite, il fut coupé au milieu et repris pour Feast 2 et Feast 3. C’était un petit choc. Des éléments ont été inversés jusqu’à la toute, toute, TOUTE dernière seconde.

Avez-vous assisté au tournage du film ? Comment s’est-il déroulé ?

J’ai eu la chance d’être sur le plateau la plupart du temps du tournage. L’atmosphère était comparable à un rodéo infernal. J’ai ri du lever au coucher du soleil. Chaque jour, il y avait quelque chose d’enthousiasmant et d’excitant ! C’était comme vivre dans une sorte d’imaginaire macabre.

Autant de sang, cela doit coûter. Quel était le budget pour Feast II ?

Je crois que le budget de Feast 2 environnait les deux millions de dollars, alors que celui de Feast, qui se déroulait dans une seule pièce, était de quatre millions de dollars. Feast 2 s’ouvre sur une séquence de massacre perpétré par un gang de motards dans un petit village. Donc, les ambitions doublaient alors que le budget était amputé de moitié.

Toujours plus ou moins le même staff et le même casting. Le tournage doit ressembler à chaque fois à une sorte de grande fête de famille, non ?

La « famille » Gulager était la seule à pouvoir offrir aux films Feast un caractère unique et spécial. Il n’y a aucune autre compagnie avec la bravoure et le dévouement de la « famille » Gulager. C’était un honneur d’être témoin de leur travail. J’ai appris tellement de choses que j’ai de quoi raconter des histoires toute ma vie.

Feast 3 est déjà en post-production. Pouvez-vous nous en dire plus au sujet du film ?

Feast 3 est en plein milieu de la bataille. Ca a été assez intense et quelque part intimidant. Le s’est vite amenuise mais le budget a bel et bien été bouclé. Gulager est à nouveau prêt… à tourner… à créer… à faire de nouvelles choses pour se dépasser une nouvelle fois dans l’étrange.

Votre première réalisation, Midnight Man, est aussi en post-prod. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Il n’y a aucune touche humoristique dans cette histoire. C’est un cheminement terrifiant du début à la fin. Notre but était de faire un film vraiment puissant avec du punch. Je veux qu’il vous fasse vraiment hurler, c’est ça le but !

La suite de votre carrière, la voyez-vous plus dans l’écriture ou alors dans la réalisation ? Avez-vous d’autres projets imminents ?

J’ai eu une superbe chance jusque là dans l’écriture. Et je continuerai à en avoir. Pour ce qui est à venir, Patrick et mois avons commencé à travailler au script de Saw VI cette semaine. Je suis excité, reconnaissant et ravi d’avoir cette opportunité. Gardez les doigts croisés pour moi !

(Interview réalisée par Mae-Nak)

TRAILER

Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
Cam
2018
affiche du film
Halloween
2018
affiche du film
The Night Comes for Us
2018
affiche du film
The Predator
2018
affiche du film
La Nonne
2018
affiche du film
L'Homme qui tua Don Quichotte
2018

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage