Interviews

MADE IN USA - The Signal

5 janvier 2009 | Par : Gore Sliclez

Medias attack

En 2007 sortait aux States un film indie de 50.000 dollars qui fit parler de lui dans de nombreux festivals et rapporta cinq fois plus à ses créateurs. The Signal est l’œuvre d’un collectif de jeunes réalisateurs américains issus de la ville d’Atlanta. Trois jeunes réals, David Bruckner, Dan Bush et Jacob Gentry ont reçu la responsabilité de transposer à l’écran cette histoire apocalyptique qui raconte l’apparition d’un étrange signal transmis par les télévisions de la métropole et transformant soudainement les habitants en véritables machines à tuer. Mya (Anessa Ramsey) tente d’échapper à son mari devenu incontrôlable et menaçant avec l’aide de son amant et découvrent tous les deux une ville en proie à un fléau inquiétant et inconnu.

Œuvre comportant trois parties, chacune réalisée par un réal différent, The Signal est une véritable satyre de notre société victime de l’hégémonie des médias. Gore, humour à la Shaun of the Dead et histoire d’amour en arrière-fond, le film plaît par son atmosphère tendue autant que par son côté hilarant et cynique. Un succès qui encourage nos trois idéalistes à remettre les couverts pour des suites attendues. CinemaFantastique a contacté David Bruckner, un réalisateur investi pour une interview hautement philosophique.

Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé ce film ?

Je pense que tous les artistes ont leurs propres rapports avec le monde des médias. Nous estimons tous d’une manière ou d’une autre être de plus en plus agressés par le bruit venant de toutes parts. Dans mon cas, ce fut chose vraie pour mon ancien job en 2004. J’avais des clients dispersés un peu partout dans la métropolitaine Atlanta et j’étais la plupart du temps en voiture à écouter un large florilège de débats colériques à la radio. Je ne me souviens plus des arguments avancés mais j’ai ressenti l’absurdité de la chose. Ajoutons à cela ma dépendance à la télévision par câble (CSPAN) et j’ai atteint alors le point de rupture en moi. J’étais convaincu que le bruit était en train de causer ma perte… Cette propension aux idées reçues qui sort tout conflit de son contexte, tout était guerre dans un écho sensationnel et violent. Je me suis retrouvé comme dans un état catatonique inquiétant. J’ai alors résilié mon abonnement au câble et arrêté d’écouter la radio. Et je continue d’ailleurs à vivre ainsi…

Après The Ring et The Signal, on ne voudra bientôt plus regarder la télévision. Croyez-vous que la télévision soit un fléau des temps modernes ?

Télévision, radio, internet, I-Pods, cellulaires, Laptops, appareils mobiles, sont l’intérêt du film et les thèmes principaux dans l’univers de The Signal. La télévision est la plus intéressante pour nous parce que nous faisons justement un film mais j’espère que, dans les futures suites, nous pourrons explorer tous les thèmes qui touchent à la domination des médias. Est-ce un fléau moderne ? Je pense que c’est comme un trou sans fin dans lequel se jettent les valeurs de notre culture. Celles-ci évoluent très vite et maintenant nous voyons que la technologie distance la culture. Nous voyons ce changement sans pouvoir agir. Que voulons-nous devenir ? Il y a une peur liée à cela, une peur de perdre son identité, une peur de l’inconnu. Je crois que c’est la raison idéale de faire un film d’horreur.

D’où est venu l’idée de faire un film avec trois réalisateurs ?

Nous faisions de nombreux trucs expérimentaux avec un collectif de réalisateurs appelé The Dailies Project qui avait pour but d’essayer de nouvelles choses et de se défier les uns aux autres. Le but était de trouver une idée de projet et un groupe de jeunes réals devait ensuite le prendre en main et simplement le réaliser. Un de ces projets était une idée géniale et pourtant traditionnelle où un narrateur commence une histoire et la passe ensuite à un autre jusqu’à un point final. The Signal est né de cette idée. Nous avons voulu faire un film qui soit aussi frénétique et discordant que notre matériau de base. En ayant trois réalisateurs pour raconter une histoire selon trois perspectives, cela donne une impression de folie. Nous pensions que ce concept serait le souffle de l’histoire.

Avez-vous dû faire de nombreux compromis pour ce film ? Vous avez dû vous adapter avec chaque segment des deux autres ?

Je pense que vous devez toujours faire des compromis pour n’importe quel film. Dans n’importe quelle entreprise, il faudrait assurément réévaluer le budget à la fin du film. On a réalisé le film en 13 jours, ce qui est incroyablement rapide pour une œuvre de ce genre. Pourtant des défis logistiques de cet ordre (trois films en un) peuvent affecter le côté créatif, vous n’arrivez pas toujours au début à modeler les choses à la perfection jusqu’au moment où l’ensemble prend quand même forme et prend du sens… J’aurais aimé travailler un peu plus avec certains moments du film mais, bon, le temps est toujours un facteur déterminant.

La première partie est un thriller, la seconde est plus humoristique et la dernière vraiment gore. Est-ce parce que chacun des réals a apporté sa propre vision ?

Chaque réalisateur a écrit et réalisé son propre segment bien que nous ayons tous travaillé sur l’histoire dans son ensemble. Plusieurs différences de tonalité semblent nuancées dans le scénario et apparaissent plus grandes dans le film. Bien que ce fût l’effet souhaité, il y avait comme un effet chaotique en regardant ces différents segments aller dans des directions différentes . Mais bon, j’aime les différences…

Vous aimeriez continuer l’expérience pour un autre projet ?

Oui pour de futurs projets Signal. Je pense que dans ce monde-là, le cinéma devrait toujours se faire sur une collaboration de ce genre.

Selon vous, qu’est-ce qui fait le succès de ce film ?

J’ai toujours été très surpris par ce succès. Peut-être que les thèmes abordés dans le film résonnent avec insistance dans le subconscient (rires). Je pense que peut-être le film va au-delà du côté effrayant et drôle qu’il dégage et nous donne une idée de ce qu’est la culture pop Américaine actuelle. Et puis ce n’est sans doute pas difficile de fédérer le public autour de ces idées de folie et de vanité. C’est une explication...

Cheri Christian, Suehyla El-Attar, Anessa Ramsey… vous avez de bons goûts pour les jolies actrices non ?

Ne sont-elles pas magnifiques ? Nous avons travaillé avec ces trois actrices pendant des années à Atlanta. Et puis, toutes ces délicieuses personnes étaient de véritables amies avant même d’avoir réalisé le film. Je pense d’ailleurs que l’énergie dégagée par ce groupe se voit très bien à l’écran.

Quels sont vos futurs projets ?

Je travaille sur un nouveau film de science-fiction-horreur actuellement. Je pense d’une manière ou d’une autre que tous nos films s’occuperont de l’identité, la technologie et la façon que nous évoluons avec.

(Interview réalisée et traduite par Gore Sliclez)

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