L’IMAGE DU JOUR

MR NOBODY de Jaco Van Dormael

20 novembre 2009 | Par : Damien Taymans

Titre Mr Nobody

Auteur Jaco Van Dormael

Année 2006

Genre Script - Science-fiction

Editeur Stock

Année d’édition 2006

Note 8/10

Résumé

Nemo Nobody est persuadé d’avoir toujours trente-six ans alors qu’il est en réalité le doyen de l’humanité en l’an de grâce 2092. Avec cent vingt ans au compteur, Mr Nobody est à la fois l’homme le plus vieux de la planète mais également le dernier mortel dans cette nouvelle ère où tous les humains sont devenus immortels. Interrogé par un journaliste, Nemo raconte la vie qu’il a vécue... ou plutôt les vies qu’il a vécues. Petit garçon, il doit choisir de rester avec l’un ou l’autre de ses parents qui se séparaient. Incapable d’opérer le moindre choix, Nemo se construit plusieurs vies...

« Avant que ce scénario ne s’enrichisse de réalité, d’êtres humains, de vrais visages. Avant qu’il ne prenne corps à l’aide de rails, d’ampoules électriques, de planches et de clous. Ce jour-là il cessera d’être mille, il sera un. Ce sera un film. Il ne sera plus rêvable. Il sera »

Sur ces mots, le cinéaste Jaco Van Dormaal, père de Toto le héros et du Huitième jour, convie le lecteur à construire sa version propre de l’histoire, à substituer au pragmatisme de sa future transposition cinématographique une représentation qui n’appartiendrait alors qu’à lui. En publiant ce livre, Van Dormael conserve le canevas originel du script, avec le nom des personnages, les descriptions du décor, des situations, autant de compléments d’information liminaires à chaque réplique qui s’approchent des didascalies théâtrales et soutiennent autant le lecteur dans son processus d’imagination qu’ils ne hachent la fluidité de la lecture. Mais, pour peu qu’on dépasse cet obstacle, on se trouve happés dans un univers à la fois familier et original, baignés dans un monde où l’homme est devenu immortel grâce aux bienfaits de la science, où les journaux sont des écrans en cristaux liquides et où l’enjeu du dernier reality show est la survie du doyen de l’humanité.

La société de 2092 répond aux critères édifiés durant plus de cent ans de science-fiction tandis que dans le roman se succèdent des tranches de vie de Nemo amputés de tout repère spatio-temporel. Partant du principe que "tant qu’on ne choisit pas tout reste possible", l’auteur crée simultanément plusieurs existences potentielles, chacune appartenant au personnage selon l’option choisie auparavant. Ainsi, Nemo Nobody, en s’abstenant de choisir l’une ou l’autre alternative sur le quai de la gare (rester avec son père ou partir avec sa mère), écope d’une multitude de vies possibles selon le principe de "l’effet papillon". Dans ce no mark’s land, le temps et l’espace sont des données anarchiques sur lesquelles le personnage n’a aucune emprise, à l’instar du lecteur qui risque de s’égarer dans ce dédale aux multiples détours : tantôt l’horloge est divisé en sept heures, tantôt en douze ; tantôt l’interrupteur se trouvé à gauche, tantôt à droite.

Profitant de son omniscience, Van Dormael balade le lecteur de 2092 à 1988, d’une mégalopole futuriste à une banlieue actuelle, d’une vision cauchemardesque à une situation tangible, en s’abstenant intelligemment de rationaliser le tout et de restreindre le champ des possibles en optant finalement pour une réconfortante solution unique.

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