Interviews

Made in USA - Bitch Slap

6 septembre 2009 | Par : Gore Sliclez

Film popcorn pour vous messieurs...

Véritable sensation au dernier marché du film du festival de Cannes, Bitch Slap marqua les esprits par son trio de jolies filles, héroïnes de ce film hommage lourdingue qui ravira les amateurs des films d’exploitation. CinemaFantastique n’a eu de cesse de vous en faire part grâce à l’interview de Julia Voth, de la future America Olivo, du trailer et aujourd’hui... celle du réalisateur Rick Jacobson ! Passionnant, le réal possède quelques fleurons épiques de la télévision comme Xena, Hercules, La femme Nikita ou encore Baywatch, véritables succès du petit écran durant les années 90. Le trailer de Bitch Slap nous offre déjà quelques passages croustillants et très hot qui laissent présager un film hautement jouissif !
Bonne lecture amis lecteurs...

- Bitch Slap est un mélange de genres : Kung-Fu, film asiatique de série B, Grindhouse etc. On a l’impression que vous avez fait le film que vous rêviez de faire depuis longtemps…

En fait, oui et non. Quand l’idée de faire un film est apparue, c’était plus par nécessité que par envie de faire le film de mes rêves. Au début, c’était prévu que je finance moi-même le film et donc le concept était simple : quel est le genre de film le plus facile à faire et à vendre ? Et donc j’ai fait ma liste : femmes fortes, sexy et combattantes, de l’action, des armes, une petite équipe, des lieux de tournage limités, pas de tournage en pleine nuit, etc. J’ai mélangé le tout et le résultat final fut trois femmes très “red hot” avec des vécus différents arrivant dans un désert en compagnie d’un mec bourré dans un camion et les choses qui se détériorent de plus en plus…

Quand mon scénariste et partenaire de production, Eric Gruendemann, nous a rejoint sur le projet, il proposa l’idée d’un film de série B dont l’histoire débute à l’envers, un peu comme le film « Memento ». Lui et moi avons passé l’année suivante à écrire ensemble, se marrant déjà de toutes les situations dans lesquelles nous allions mettre les personnages. Nous sommes de grands fans de cinéma, nous souhaitions donc rendre hommage à tous ces films qui ont influencé le cinéma aux Etats-Unis ces dernières années. De Star Wars aux films d’Hitchcock en passant par le Faucon Maltais, ce film qui rassemble le plus de références fun en tous genres selon moi.

- Il y a même une référence à The Machine Girl avec le personnage de Kinki (la très belle Ami Hyuga), non ?

Je connaissais The Machine Girl mais je ne l’avais pas encore vu à ce moment-là. Par contre j’avais vu le trailer et cela paraissait génial, mais le personnage de Kinki n’a pas été influencé par ce film. C’est vrai que l’on y pense tout simplement parce que les étudiantes japonaises sont comme cela et sont tout simplement hot. Qui dira le contraire, hein ? Elles semblent si innocentes mais vous savez comme moi qu’elles vous baiseront si vous leur manquez de respect ! Quand vous créez deux personnages rivaux comme Camero, une punk avec les syndromes de la Tourette et une étudiante japonaise avec son yoyo tueur, vous avez assurément là un fameux duo.

- Comment s’est passé le tournage dans le désert ?

L’enfer ! Je pensais franchement que ce serait plus facile. Mais, en même temps, c’était la raison essentielle du film, ces grands espaces sauvages. Mais vous ne me donnerez pas tort quand je vous dis que la fin du film est fantastique. Nous avions tourné en 2.35 qui est le EPIC, format panoramique. Je voulais que le film ressemble à ces vieux westerns spaghetti, utilisant les grands espaces, de plus larges lentilles etc. Mais le problème ce n’était pas la chaleur, c’était le vent ! Et franchement là-bas le vent c’est vraiment l’enfer. Il y a des fois où nous tournions carrément pendant des tempêtes de sable blanc. Nous en étions constamment recouverts et l’équipement a pas mal souffert. Même les voitures étaient en panne. C’était l’horreur ! A ça vous ajouter des compromis à faire avec des propriétaires un peu nerveux qui souhaitaient que nous en finissions ou encore le fait que nous étions assez proche de la piste d’atterrissage de la base aérienne d’Edwards.

- Qu’aimez-vous dans le cinéma d’exploitation des années 50-70 ?

Je ne suis pas un grand expert mais ce dont je me souvenais de certains que j’ai vus c’étaient les attitudes. Ils étaient fun, culottés et ne se prenaient pas la tête. Tous les ingrédients que je voulais dans mon film et que j’ai utilisés pour Bitch Slap.

- Avec Bitch Slap vous n’épargnez pas la religion, le ciment de l’Amérique...

Rien ni personne n’est épargné dans Slap. Mais à la fin c’est un film popcorn, une farce, ouvrez vos esprits et amusez-vous !

- Vous allez commettre des crises cardiaques chez les hommes avec votre film non ?

Si j’ai fait du bon boulot, à coup sûr oui !

- Les réals doivent-ils remercier Tarantino d’avoir fait redécouvrir le Grindhouse.

Ça n’a pas fait de mal que des gars comme Tarantino et Rodriguez aient fait ce film pour un large public. Ils ont ainsi réintroduit le genre pour une nouvelle génération. C’était fantastique, ils ont fait du super boulot et recréer le look et le feeling des petits films d’exploitation des années 70, surtout les trailers.
Mais sinon Bitch Slap n’est pas influencé par Grindhouse. Eric et moi avions écrit le film un an avant d’entendre parler de Grindhouse. Une fois que ce fut fait nous nous sommes dis : « oh merde…ils nous ont battus pour l’idée. » Heureusement les deux films sont fort différents. Là où Grindhouse est parvenu à capter et recréer le genre des films d’exploitation, Bitch Slap, quant à lui, s’inspire de la thématique pour lui redonner un aspect plus cool, plus moderne.

- Au fait, quelles sont vos références cinématographiques ?

Tous les films qu’Eric et moi-même avons adorés en grandissant. C’est aussi simple que ça.
De « Le bon, la brute et le truand » en passant par « Rencontres du troisième type », « Psycho » ou encore « Autant en emporte le vent », Bitch Slap est un film d’amoureux. Ce projet n’est pas né de la volonté de faire un remake ou de donner une nouvelle jeunesse à un genre mais tout simplement de l’envie de faire un film, avec peu d’argent et qui serait facile à faire comme à vendre. Quand j’ai commencé à travailler avec Eric sur le film, nous avons exploré tous les genres un peu fous qu’il était possible de faire. A la fin nous en sommes revenus à l’idée et aux thèmes originaux. Beaucoup font des comparaisons avec « Faster Pussycat kill kill » parce qu’il existe plusieurs similarités (les filles dans le désert à la recherche d’argent) mais là aussi ce film (aussi grand qu’il soit) n’a rien de commun avec le notre.

- Et vous travaillez avec de superbes filles…

C’est un métier génial !!!

- Comment était la sélection du casting ? Comment avez-vous choisi vos filles ?

Dans un bonne ambiance avec Eric, moi-même et le producteur associé,Brian Peck qui avait déjà travaillé dessus avant. Nous avons travaillé à l’ancienne manière en engageant Lisa Feilds, notre agent de casting et avons rencontré les candidates ensuite. C’est vrai que nous demandions le Saint Graal en souhaitant que les actrices soient superbes, savent jouer, créer leur propre personnage et qui osent y aller. Elles devaient être disposées à se transcender, réciter des textes lourdingues et à se retrouver dans des circonstances complètement barjes tout en offrant une grande interprétation. C’était un vrai pari de réunir toutes ces qualités. D’habitude vous abandonnez l’une ou l’autre de ces qualités. Avoir des filles sexy à Hollywood c’est plutôt facile mais elles ne sont pas toutes de bonnes actrices. Le script obligeait pourtant d’avoir toutes ces exigences pour les rôles. Sincèrement, je ne pense pas que nous aurions trouvé de meilleures filles qu’Erin, America et Julia et c’est la raison pour laquelle le film fonctionne tellement bien.

- En Belgique, nous avons Jean-Claude Van Damme. Jamais eu envie de travailler avec lui ?

Jean-Claude a fait quelques grands films. Ce serait génial de faire un film avec lui mais ça ne sait jamais fait. Au début des années 90, j’ai fais quelques projets similaires avec le champion de Kickboxing Don « The Dragon » Wilson. Nous n’avions pas le budget équivalent à ceux des films de Jean-Claude mais nous avons fait ce que nous pouvions et avons produit de bonnes choses.

- Xena vous manque-t-elle ?

Je doute que je lui manque mais moi elle me manque…

- Vous aimeriez encore travailler avec Peta Wilson ou Lucy Lawless ?

Je n’ai plus travaillé avec Peta depuis la fin de Nikita à la fin des années 2000. Elle est une grande actrice mais elle est une casse-couilles en production. Je ne peux pas vous dire à quel point j’ai perdu du temps à l’attendre sur les plateaux. Ça vous tue quand vous devez annuler des scènes seulement parce qu’une actrice possède une telle attitude…

Lucy, quant à elle, est totalement à l’opposé. Elle une des actrices les plus consciencieuses avec qui j’ai eu le plaisir de travailler. Très professionnelle ! Elle connaît son taf et donnera toujours tout ce qu’elle a au réal et à l’équipe à 100%. C’était un plaisir de retravailler avec elle et Renée O’Connor pour Bitch Slap et génial de revoir les deux filles travailler ensemble à nouveau. J’ai eu également le plaisir de travailler avec Lucy sur le nouveau show intitulé « Spartacus : blood and san » où elle interprète Lucretia. Une sexy, puissante et manipulatrice femme et c’était génial de la voir travailler.

- Comment était votre collaboration avec David Hasselhoff durant la période Baywatch ?

David est génial ! J’ai eu certainement plus de plaisir de travailler avec lui sur Baywatch Nights que Baywatch tout simplement parce que le feuilleton était fou ! On y trouvait plus de situations terribles comme par exemple combattre un loup-garou ou un viking de 300 ans (rires) ! Il aimait bien Lucy d’ailleurs, toujours prêt à foncer. Il n’avait pas besoin de beaucoup de prises, la première était souvent la bonne. Je voudrais d’ailleurs l’engager pour Bitch Slap 2.

- Vous avez beaucoup travaillé (Xena, Baywatch, Nikita…). Est-ce fini ou une simple parenthèse ?

J’ai commencé dans le cinéma d’abord, j’ai réalisé huit films avant de commencer à la télévision en 1995. J’y ai alors travaillé pendant un bon bout de temps. La télévision c’est génial parce que c’est souvent pour une période assez courte : quelques semaines de préparations, quelques semaines de tournage, édité en quelques jours et vous vous retrouvez avec un chèque bien garni.

Le cinéma c’est un peu l’opposé. Un film peut prendre plusieurs mois, voire des années.
Bitch Slap m’a demandé trois ans de travail. En tant que réal, je préfère le cinéma car il y a plus de contrôle créatif. Je crée les personnages, je mets le style en place, le casting etc. Avec la télévision, à part le téléfilm pilote que vous réalisez, le reste des choses sont déjà établies. J’ai toujours dis que sur un plateau de télévision je suis plus comme un policier de la circulation. Je dirige seulement le jeu des acteurs et réalise le basique du film. Les acteurs connaissent mieux leur personnage que moi-même. Heureusement, quelques épisodes comme Xena furent différents. Ce show était comme un mini film, la qualité de production était incroyable.

- Vous travaillez toujours avec Eric Gruendemann ? Pourquoi ?

En fait, je ne travaille pas toujours avec lui. Eric et moi-même, nous nous sommes rencontrés dans le milieu des années 90 sur les tournages de Xena et de Hercules et sommes devenus instantanément amis. Il était la personne centrale de tous ces feuilletons qui furent célèbres. Il est incroyablement élégant, a un grand sens de l’humour, créatif et a un grand sens des affaires. J’en suis certain maintenant, Bitch Slap ne serait pas ce qu’il est s’il ne m’avait pas rejoint.

Eric et moi-même sommes arrivés à un point de notre carrière où nous voulons désormais faire les films que nous avons envie. Avant nous étions frustrés car nous voulions avoir le contrôle de nos projets et pas devoir faire des deals avec les merdeux d’Hollywood. Quand je lui ai parlé de l’idée de Bitch Slap il a vu tout de suite le potentiel. Et ce fut le point de départ de notre aventure et le moment où je sus que nous le ferions. Je le connaissais surtout comme producteur avant… Je ne me vois pas travailler avec quelqu’un d’autre.

- Vous avez encore envie de travailler pour la Troma ?

Les gars de la Troma sont de vrais « kick ass ». Ils font ce qu’ils veulent faire et le font très bien depuis des années. Si le bon projet se présente, bien sûr que je travaillerai avec eux. Comment ne voulez-vous pas travailler avec des gens qui font des films comme « Poutrygeist » ?

- Pensez-vous que le DVD de Bitch Slap sera également édité en Europe ?

Nous sommes en train de le vendre à plusieurs grosses compagnies étrangères à Cannes. Vous devriez le voir dans les cinémas et en DVD. Nous sommes pour l’instant occupés avec la distribution aux States.

- Quels sont vos projets futurs ?

Je termine de réaliser le pilote et quelques épisodes additionnels pour un nouveau feuilleton intitulé Spartacus : blood and sand ». C’est un mix entre le drame à la Gladiator et le visuel de « 300 » mais à ma façon. Rob Tapert et Sam Raimi sont les producteurs exécutifs (les mêmes que pour Xena, Hercules et Cléopâtre 2525). Ce fut un plaisir de retourner en Nouvelle-Zélande et de travailler à nouveau avec eux et l’équipe kiwi. Avec autant de talent, le feuilleton sera génial ! Il sera en première télévisée en janvier.

Et puis, Eric et moi travaillons sur… Bitch Slap 2.

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