Critique de film

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Marque (La)

"Quatermass 2"
affiche du film

Le professeur Bernard Quatermass dirige un programme de recherches sur la vie extra-terrestre. Une chute de petites météorites étant détectée au radar par son équipe, non loin de là, il se rend sur le point d'impact avec l'un de ses collaborateurs, Marsh. Celui-ci est grièvement blessé au visage par l'une des météorites retrouvées. De plus, le professeur découvre sur place une usine comprenant de mystérieuses coupoles. Quatermass doit quitter les lieux sous la contrainte d'agents de sécurité armés. Avec l'appui d'un politicien, Vincent Broadhead, et d'un policier, l'inspecteur Lomax, le professeur mène l'enquête sur les activités de l'usine...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La marque - V comme Vendetta
Par : Damien Taymans

Eclipsé par la réussite de Frankenstein s’est échappé, La marque cache en réalité, sous un intitulé mystérieux, la suite du film Le monstre, sorti un an auparavant. Si le récit débouche sur de nouvelles aventures du professeur Quatermass sans réel lien avec l’histoire du premier film (bien que l’intitulé original, Quatermass 2, soit un des premiers à utiliser des chiffres pour signifier le statut de suite), la mécanique de création reste approximativement la même. Val Guest rempile comme metteur en scène aux côtés de Brian Dolvey qui revêt pour la seconde fois l’imperméable et le chapeau du savant, contre l’avis du créateur, tandis que Nigel Kneale, le créateur susmentionné, jusqu’alors lié par contrat avec la BBC pour laquelle il scénarisa les aventures télévisuelles de Quatermass, rejoint l’équipe technique.

Le scénario, condensé de l’épopée télévisée, n’use d’aucune transition et entraîne, dès les premières minutes, le spectateur dans une nouvelle enquête menée tambour battant par l’énergique et déterminé Quatermass. En route pour rejoindre l’observatoire dans lequel il travaille, le savant évite de justesse une voiture roulant à vive allure. A son bord, une femme et son mari dans un piteux état qui porte une marque en forme de V (évocation des missiles V2 ?) sur la joue, marque qui aurait été causée par des pierres. Une chute de météorites étant détectée au radar par son équipe, non loin de là, il se rend sur le point d’impact avec l’un de ses collaborateurs, Marsh. Celui-ci est grièvement blessé au visage par l’une des météorites retrouvées, qui lui souffle au visage un gaz apparemment mortel. De plus, le professeur découvre sur place une usine comprenant de mystérieuses coupoles, sortes de décalques d’un projet lunaire qu’il a lui-même érigé. Quatermass doit quitter les lieux sous la contrainte d’agents de sécurité armés. Avec l’appui d’un politicien, Vincent Broadhead, et d’un policier, l’inspecteur Lomax, le professeur mène l’enquête sur les activités de l’usine...

Timide dans Le monstre, l’invasion extraterrestre se fait ici plus importante. Soutenus par des personnalités civiles influentes, les envahisseurs marquent peu à peu leur emprise sur la société et tatouent à même la peau de leurs nouveaux esclaves, tels les adeptes de la traçabilité, une marque attestant de leur assujettissement aux créatures. Conscient des carences rythmiques du premier volet, Val Guest et Kneale multiplient les rebondissements et accélèrent la cadence du récit afin de soutenir une tension omniprésente qui débouche bientôt sur une paranoïa proche de celle de L’invasion des profanateurs de sépultures, sorti un an auparavant outre-Atlantique. Mais, contrairement au chef-d’œuvre de Siegel, le présent métrage donne une matérialité aux créatures, sortes de chapes hideuses et gluantes, tapies dans les cuves de l’usine, qui se repaissent d’éléments toxiques pour subsister, des éléments directement liés à la nourriture synthétique fabriquée sur place et le traite par un angle plus politique.

En toile de fond, le film explore donc les dangers liés à l’industrialisation et la scientifisation, sources d’angoisse depuis la seconde guerre mondiale. En outre, il dépeint le climat éprouvant de la Guerre froide et donne une résonnance aux outrages scientifiques et aux corruptions gouvernementales qui gangrènent chacune des nations concernées par cet affrontement de la peur et du silence, qui se déchaine finalement avec rage lors d’un final renvoyant directement aux invasions godziléennes très en vogue lors des années 50.

Supérieure au premier épisode, La marque est une nouvelle démonstration de la Hammer en matière d’œuvres fantastiques, créneau qu’elle continuera à exploiter durant quelques décennies.

Critique de La Marque - Marque de fabrique Hammer
Par : Quentin Meignant

Au début des 50’s, la Hammer est une petite société de production anglaise se bornant à mettre sur pieds des métrages policiers comme il en existe bien d’autres. Néanmoins, à l’arrivée du jeune scénariste Nigel Kneale, un grand vent de fraîcheur souffle sur la firme. Ce dernier imagine une série science-fictionnelle, Quatermass Xperiment, destinée à être diffusée sur la BBC. Face au succès immédiat, un long-métrage fut mis sur pieds et confié à Val Guest, réalisateur maison, jusque là confiné à des travaux mineurs. Véritable révolution dans une SF des 50’s fort encline à la paranoïa extraterrestre de masses, Le Monstre ne pouvait que donner lieu à une suite, deux ans plus tard. La Marque voit donc le jour dans l’ombre du premier succès horrifique de la Hammer, Frankenstein s’est échappé, et pendant la préparation de Le Redoutable Homme des Neiges de Val Guest. Ce dernier ne se fait néanmoins pas prier pour reprendre en mains les aventures du Professeur Quatermass qui, cette fois, doit faire face à une mystérieuse pluie de météorites. Celles-ci ne tardent pas à provoquer de mystérieux comportement de la part des personnes qui s’y sont frottées d’un peu trop près.

Fort du succès du Monstre, Val Guest revient aux commandes d’une saga ultra-populaire en Angleterre et a donc toutes les chances de tomber dans le piège d’une surexploitation des éléments du premier opus. Heureusement, le génie de Nigel Kneale parvient à détourner La Marque de ce risque dès les premiers instants, l’oeuvre instaurant d’emblée un climat de tension hors norme, à mille lieue de l’aspect contemplatif de l’entame du Monstre. Le score sonnant et trébuchant, véritable torture auditive, s’allie à merveille avec les propos d’un professeur Quatermass une nouvelle fois au mieux de sa forme.

Ce dernier, incarné avec brio par l’inénarrable Brian Donlevy, parvient à rendre chacun de ses dialogues attrayant, malgré un propos scientifique un brin pompeux, et à faire monter une tension toujours plus palpable, sans pour autant que le spectacle soit véritablement haletant. L’action se déroule donc sans accroc, laissant même entrevoir de véritables efforts esthétiques au niveau des décors, à l’inverse d’une premier opus parfois trop épuré. Les personnages attachants et le mystère rivalisent d’autant plus aisément qu’une nouvelle fois, le scénario de Kneale demeure quasiment irréprochable. En effet, hormis une certaine arythmie facilement décelable au beau milieu de l’œuvre, La Marque tend aisément vers la SF grandiose, laissant même entrevoir une créature convaincante, si ce n’est au niveau de ses déplacements.

Sans atteindre le statut de classique indétrônable du Monstre, La Marque demeure l’un des plus beau fleurons de la Hammer. Un habile scénario et une mise en scène de très bonne facture permettent au film de Guest de s’inscrire de fort belle manière dans le glorieux palmarès d’une firme devenue à jamais légendaire.

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