Critique de film

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Massacre à la tronçonneuse: Au Commencement

"The Texas Chainsaw Massacre: The Beginning"
affiche du film

1969, en pleine guerre du Vietnam. Dean a été tiré au sort pour partir se battre et son frère aîné, tout juste rentré du front, est prêt à y retourner pour le protéger. Avant l'échéance fatidique, les deux frères et leurs petites amies, Bailey et Chrissie, se retrouvent en virée au Texas, décidés à prendre du bon temps. Lorsqu'un motard les agresse, leur vie bascule. Pris en chasse, ils tentent de s'enfuir, mais la course finit en accident. Chrissie est éjectée du véhicule. De loin, elle assiste à la tentative de vol du motard sur les siens et à l'arrivée salvatrice du shérif Hoyt. Pourtant, elle ne tarde pas à découvrir que derrière ce sauveur se cache un bourreau. Celui qui était censé venir en aide à ses amis va les conduire droit en enfer. Les autres membres de la terrifiante famille Hewitt n'habitent pas loin. Face à l'horreur, Chrissie est le dernier espoir de ceux qu'elle aime.

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Les critiques à propos de ce film

Massacre à la tronçonneuse : le commencement -
Par : Damien Taymans

Michael Bay s’est recyclé dans les remakes des classiques des films d’horreur. En 2004, le remake de Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel fait un carton contre toute attente. En revanche, le remake d’Amityville Horror, réalisé par Andrew Douglas, est un fiasco. Il fallait pour Bay signer une nouvelle réussite. Pour ce faire, il décide de continuer à s’intéresser à Leatherface et à sa famille de dégénérés (instaurée par le remake de Nispel).

Faire une suite n’est certainement pas une bonne idée. Le classique de Hooper a déjà subi bon nombres de séquelles : Massacre à la tronçonneuse 2, réalisé par Hooper lui-même, où l’on peut admiré le splendide Dennis Hopper, Leatherface (Massacre à la tronçonneuse 3), hymne sympathique du tueur au masque de cuir et enfin, une daube indicible, signée Kim Henkel, qui voit les débuts au cinéma de Matthew McConaughey.

Bay se penche donc plutôt sur l’élaboration d’une préquelle, concept à la mode puisque dans le même temps sort Hannibal Lecter aux origines du mal. Le choix est légitimé : Bay veut que soit expliquée la naissance d’un monstre sanguinaire tel que Leatherface. La réalisation est confiée à Liebesman : choix assez étrange puisque le seul métrage du réalisateur (Nuits de Terreur) est un flop...

Mais Liebesman a plus d’un tour dans son sac. Restant fidèle au remake de Nispel, Liebesman reprend les personnages introduits par le film de 2003. Il a même une idée de génie : au lieu de ne mettre en avant que la créature à la tronçonneuse, il met également sur le devant de la scène le shérif Hoyt qui a séduit les spectateurs par sa perversité...

Ce film, comme celui de Nispel, montre la renaissance hollywoodienne en ce qui concerne la brutalité perverse et le la torture sanguinolente (pensons à Hostel ou à Saw). Et du gore, il n’en est pas avare, allant beaucoup plus loin dans la torture que n’avait pu le faire Hooper.

En effectuant un bon dans le passé, Liebesman en profite pour critiquer la guerre du Vietnam constituant la toile de fond du film. Il présente deux personnages différents : l’un est enrôlé dans l’armée et semble heureux de pouvoir combattre au Vietnam, l’autre est beaucoup plus réticent et ne comprend pas l’amour de son frère pour le front. Hoyt également donne son avis sur la question puisqu’il châtie à qui-mieux-mieux le déserteur et fait un laïus sur la gloire de combattre pour la guerre de Corée. Malgré tout, on notera que le réalisateur ne s’investit pas assez dans l’idée et ne nous donne à aucun moment son propre jugement.

Fan de l’original de Hooper, Liebesman a introduit une scène oubliée par Nispel dans le remake de 2003 : celle du dîner en famille. En effet, le cannibalisme des Hewitt fait partie du mythe introduit pas Hooper (dont on se souvient notamment la scène du doigt dans la bouche du grand-père). Cette dimension met davantage en exergue la dégénérécence de la famille Hewitt.

Réussite totale du jeune Liebesman qui arrive à transcender l’oeuvre de Hooper et confirme l’immortalité de celle-ci. Il a réussi là où d’autres se sont cassé les dents et, reprenant le chemin tracé par Nispel, a dépassé son maître.


Massacre à la tronçonneuse : le commencement - Pari à moitié réussi
Par : Chroniqueurs

Par Frank Black

1969, en pleine guerre du Vietnam. Dean a été tiré au sort pour partir se battre et son frère aîné, tout juste rentré du front, est prêt à y retourner pour le protéger. Avant l’échéance fatidique, les deux frères et leurs petites amies, Bailey et Chrissie, se retrouvent en virée au Texas, décidés à prendre du bon temps....

Depuis des années, l’heure est à la production de remakes, séquelles et autres préquelles à foison. Parallèlement à cet état de fait que l’on peut trouver consternant, jamais les films de genre, en particulier fantastiques et horrifiques, n’ont eu autant pignon sur rue. Il était donc inévitable qu’un film icônique tel que Massacre à la tronçonneuse ait droit à son relookage. Avec Michael Bay à la production et Marcus Nispel à la réalisation, le remake du film de Tobe Hooper fut une très bonne surprise, sachant garder l’âme poisseuse de son matériau d’origine tout en satisfaisant les exigences du public contemporain. C’est en toute logique que le producteur Bay remit le couvert, avec un autre réalisateur cette fois, mais en prenant un tout autre risque : apporter un éclairage nouveau sur le mythique personnage de Leatherface, en révélant ses origines.

Afin d’assurer une certaine continuité visuelle dans la série, Liebesman a conservé le grain de l’image, les teintes ocres et la photographie, artifices majeurs de la transcription d’une réalité propre aux deux versions de Massacre à la tronçonneuse. Le film s’habille d’un aspect sale et poisseux, plongeant bien avant les meurtres le spectateur dans les méandres de cette infernale Amérique perdue où règnent les dégénérés. Niveau mise en scène, donc, rien n’est à reprocher pour peu que vous ayez apprécié les films précédents. C’est en lorgnant du côté du scénario qu’on peut s’apercevoir de certaines lacunes. En effet, face à cette volonté affichée de révéler les origines de Leatherface, le spectateur était en droit de s’attendre à un film se focalisant sur le célèbre meurtrier. Force est de constater qu’à ce niveau, le film ne tient qu’à moitié ses promesses.

A la différence de l’enfance d’un certain Hannibal Lekter exposée en introduction de Hannibal Rising, celle de Leatherface est expédiée au cours d’un générique esthétiquement réussi, mais trop fouillis. Dans un souci de raccorder parfaitement son film à celui de Nispel, le réalisateur s’intéresse aux membres de la famille Hewitt, oripeaux indissociables de la carcasse du légendaire tueur à la tronçonneuse. Que ce soit dans l’organisation de la mécanique bien rôdée du piège, ou dans la justification de certains détails du remake, tout est révélé. Ce faisant, Liebesman oublie parfois son sujet, à savoir Leatherface lui même, réservant les meilleurs scènes au "Shériff" Hoyt, toujours interprété par l’innénarrable Robert Lee Ermey. Pourtant, le film atteint tout de même son but. gratifié d’un temps de présence à l’écran plus important, Leatherface s’impose jusqu’à devenir omniprésent, même dans les séquences où il n’apparaît pas. Aussi, en insérant ce "commencement" dans le contexte social de l’époque, le scénario permet au spectateur d’analyser les tribulations de la famille Hewitt, et surtout de Leatherface sous un angle autre que celui du banal tueur en série qui zigouille sauvagement de plantureuses scream queens à longueur de film. L’Amérique est en guerre (le Viet-Nam) et le peuple américain se divise entre les pros et les anti militaristes. Les petites communautés se voient aspirées par ce vampire inéluctable qu’est l’urbanisation à outrance, ce qui donne naissance à ces fameux coins paumés de l’Amérique chers aux amateurs de films de genre. Abandonnés et livrés à eux même, en proie à la désindustrialisation et au chômage, les rares habitants qui persistent à rester sur place survivent à l’écart de tout, et surtout de l’ordre moral. Il n’en fallait pas plus pour qu’un esprit retors et attardé laisse libre cours à ses pulsions. Dans ce no man’s land, quel avenir pour un bébé retrouvé dans une poubelle, et recueilli par des dégénérés consanguins ? Le sempiternel message "c’est la société qui crée ses propres monstres" n’est pas loin ....

Sans l’égaler, Massacre à la tronçonneuse : le commencement reste dans la droite lignée du remake signé Marcus Nispel. Redorant le blason d’un genre fortement terni par de nombreuses productions sacrifiant aux exigences castratrices des studios, la série constitue une oeuvre salvatrice pour les nostalgiques de l’époque où on faisait des films d’horreurs contestataires et sans concessions ... Vu que Tobe Hooper et Wes Craven eux même ne semblent plus en mesure de relever le défi, les nouveaux porte-drapeaux du genre se nomment Rob Zombie et ... Oh ! surprise ! ... Michael Bay, producteur.


Critique de Massacre à la tronçonneuse : le commencement - ... de la fin
Par : Chroniqueurs

Par The creeper

La vie est un éternel recommencement, le cinéma aussi. Sans doute est-ce symptomatique d’une période trouble où les sociétés actuelles sont en perte de repères, en quête d’une identité perdue, aussi assiste-t-on depuis quelques temps au cinéma au retour des icônes de notre jeunesse (Batman, James Bond, Leatherface, les chevaliers du ciel....Euh, on s’abstiendra de parler de ces derniers pour rester courtois.). Mais plus que des résurgences d’un passé idéalisé, on assiste à une redéfinition de ces personnages emblématiques d’une époque afin de les adapter à notre monde moderne.

Les raisons qui animent ces productions sont avant tout économiques puisque cela permet de relancer des franchises moribondes pour un nouveau départ. Mais cette redéfinition s’appuie avant tout sur les origines de ces mythes. Ainsi Batman Begins opte pour un traitement comparable à celui qui a présidé au succès de Blade , c’est-à-dire un retour aux comics d’origine (pas innocent si c’est l’oeuvre du même scénariste, David Goyer grand fan de comics) et surtout une approche plus authentique. Casino Royale revient également à sa source littéraire puisqu’il adapte le premier roman des aventures du plus célèbre des agents secrets. Mais plutôt que de repartir de zéro et de faire table rase des films précédents (en même temps ce serait dur d’oublier 20 films), l’option choisie est de se référer et de dynamiter ce qui a défini le personnage pendant 30 ans, condition nécessaire à son adaptation au nouveau millénaire.
Plus qu’une réécriture de leur histoire, on assiste à un retour aux sources afin de développer une nouvelle genèse.
Et en ces temps d’incertitude et de confusion (sociale, politique...), ce n’est pas vraiment une surprise de retrouver ce bon vieux Leatherface. Ici dans une tentative de lui donner une origine, essayer de situer le moment où tout a basculé pour lui mais aussi pour nous.

Déjà, se pose la question de la légitimité d’une telle entreprise. Car tout le contexte social et politique est déjà explicité dans le seul et unique Massacre à la tronçonneuse, c’est à dire le chef-d’oeuvre absolu de Tobe Hooper de 1974, par le biais de flash info radiophonique et l’ambiance déliquescente. Mais le but poursuivi ici est de donner à voir ce qui a pu engendrer un monstre pareil, quelles sont les circonstances de la vie dans ce coin paumé du Texas qui ont transformé un attardé mental en machine à tuer. Soit, après tout, c’est la politique actuelle des studios de tout expliciter. Au risque d’enlever toute part de mystère qui fait la force de ce genre de mythe moderne. Et si on assiste bien à la naissance physique (et assez glauque) de « face de cuir », c’est seulement dans le but primaire de donner corps à une scène craspec puisque dix minutes après on embraye sur un remake de Massacre... version 1974 ! A la trappe la naissance figurative. John Liebesmann, le réalisateur, déclarant comme profession de foi, que trop en raconter sur Leatherface lui enlèverait une trop grande part de mystère. D’où l’intérêt de faire un film intitulé le commencement (sic)...

Là, les plus attentifs et cinéphiles se demandent : « Mais n’y avait-il pas déjà eu un remake tourné en 2004 par Marcus Nispel ? » Et oui. Et c’est là que le bât blesse. Car Massacre...le commencement se voulait une préquelle au film de Nispel. Or, il ne fait que raconter encore et toujours la même histoire. En encore moins bien en plus. Car si le remake de Nispel n’avait pas osé se frotter de trop près à l’original, préférant ne pas reproduire des passages obligés comme le dîner familial (par respect soi-disant ; par trouille de la comparaison déjà inévitable, oui !), celui de Liebesmann ne s’embarrasse pas et livre une version décérébré de tout ce qui a fait la renommé de l’original. En outre, il tente vainement de réintroduire une dimension politique absente du précédent par les personnages de ces deux frangins qui partent rejoindre leur base avant d’aller au vietnam. Mais cela reste peu développé et ne sert finalement qu’à justifier leur trip de ce côté ci du Texas.

La seule contribution à la saga qui aurait pu être intéressante est le personnage du shérif Hoyt, l’oncle de Leatherface qui préfère buter les gens travesti en homme de loi. Las, il n’arrive pas à la cheville du shérif complètement azimuté de The devil’s rejects (chef-d’oeuvre de Rob Zombie). D’autant plus dommage que l’acteur qui l’incarne, R. Lee Ermey, est très bon et surtout est lui-même un vétéran du Vietnam, ce qui aurait donné plus de relief a un film désespérément trop plat. De même, on retrouve la même facture visuelle du Nispel, c’est-à-dire une belle image, une photo et des éclairages très classes alors que le tout devrait être très crasse.
Quels enseignements en tirer ? Que le premier « massacre » demeure un horizon indépassable pour des studios qui veulent s’encanailler et que Liebesmann reste un solide faiseur mais un yes-man patenté dont on n’attend rien. Le plus regrettable étant de voir l’incapacité de studios à transcender un tel matériau original qui trouve pourtant dans l’actualité quotidienne suffisamment de points d’ancrage pour faire un film autrement plus pertinent, trash et avec une réelle portée politique.

Après la vague de cynisme post-Scream, on assiste à un renouveau du film d’horreur qui tente de retrouver l’esprit frondeur, violent et sans concession des films des années 70. Las, Hollywood tente d’appliquer à sa production un traitement similaire sur la forme (ah ça, c’est plus glauque que d’habitude, pas de souci !) en omettant de donner au fond une véritable envergure. On se retrouve avec des films plus violents mais tout aussi formatés et lénifiants que précédemment. Plutôt que de faire confiance à de vrais auteurs, ils tentent d’appliquer des « recettes » pour rendre leur soupe commerciale plus épicée.


Oeuvres liées :

Massacre à la tronçonneuse (1974)
Massacre à la tronçonneuse 2 (1986)
Massacre à la tronçonneuse 3, Leatherface (1990)
Massacre à la tronçonneuse nouvelle génération (1994)
Massacre à la tronçonneuse (2003)

Commentaires sur le film

Petit massacre entre amis

3 etoiles

Difficile d’adhérer à ce remake. D’une part parce que le récit est un peu trop copié collé sur le remake de Nispel. De l’autre car malgré quelques bonnes idées ; le film n’exploite pas le concept "Commencement", le début est pourtant prometteur.

Reste le talent du trop rare Liebesman qui sauve les meubles avec une réals de bonne facture et une violence omniprésente.

19 octobre 2008 à 09:10 | Par Isokilla
Massacre a la tronçonneuse- le commencement

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

31 octobre 2016 à 12:10 | Par jenny

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