Critique de film

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Mère des larmes (La)

"La Terza madre"
affiche du film

Une étudiante américaine en art ouvre une urne antique et déclenche bien involontairement une série d'événements sanglants...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La mère des larmes - Larmes de crocodiles
Par : Seb Lecocq

Dario Argento a toujours été une référence pour moi. Depuis toujours, il fait partie des réalisateurs que je considère comme importants dans l’histoire du cinéma mondial. Formaliste de génie, Argento a réinventé la façon de concevoir et de mettre en scène la violence à l’écran, transformant chaque meurtre en scène eminemment sexuelle. Bref, il était une référence absolue et incontournable, celui qui durant quinze ans (1970-1985) était le maître incontesté du cinéma européen et avait le monde de l’horreur à sa pogne.

Cette petite escapade dans le temps est plus que nécessaire afin de mieux appréhender le désastre total que constitue cette Mère des Larmes. Conclusion de la Trilogie des Mères, initiée avec les classiques que sont Suspiria et Inferno, ce film est un énorme glaviot craché à la face de son œuvre. Une insulte à son propre talent et à sa propre création. Je n’irai pas par quatre chemins pour affirmer que La Mère des Larmes est une abomination autant artistique que visuelle. Il y a plus d’idées et de maestria dans n’importe quel plan de Suspiria que dans ce film tout entier.

En somme, rien de bien étonnant quand on se penche sur la deuxième partie de carrière de Dario, comparable à une longue descente dans les enfers de la médiocrité et du direct to vidéo. Je ne vais pas énumérer la liste des récents méfaits de l’ex-maestro, il est toujours bon d’éviter une longue et douloureuse litanie, mais aussi médiocres que ceux-ci aient pu être, ce n’est rien comparé au ratage total de sa dernière « œuvre » en date. Tout, mais alors absolument tout, est foiré dans les grandes longueurs hormis peut-être un générique d’ouverture pas dégueulasse mis en musique par un thème proche de celui de La Malédiction.

Là on se dit que peut-être, Argento, s’appuyant sur les réussites relatives de ses Masters Of Horrors a enfin mangé son pain noir et est vraiment de retour, plus en forme que jamais. Le désenchantement sera rapide. Le premier plan du film nous rappelle de noirs souvenirs. Cadre quelconque, décor indigne d’un téléfilm, photographie « Derrick », jeux des comédiens plus qu’approximatifs…tout était déjà dit mais malgré tout le fan transi qui sommeillait en moi voulait encore y croire. Naïvement. Candidement. La chute n’en sera que plus rude.

Passé cette introduction plus que calamiteuse, l’histoire, une vague trame satanico-policière, sous influence Da Vinci Code et compagnie, se déroule très sagement sous nos yeux. Asia Argento se débrouille comme elle peut, empêtrée dans un rôle au portrait à peine esquissé, et parcourt tant bien que mal les rues de cette Italie dans laquelle tout le monde parle anglais mais avec un accent italien pour que tout le monde sache que l’histoire se passe en terre romaine. Jusque-là, le film est juste ennuyeux, mis en scène avec une platitude rarement égalée et une photographie maronnasse du pire effet. C’est déjà pas bien joli mais le pire survient avec l’apparition de la dite Troisième Mère. La plus puissante, la plus vicieuse et la plus sadique de toutes. Bref, sur papier c’est une bien belle enflure si vous voulez mon avis mais dans les faits, il en va tout autrement. Veuillez, par avance, excusez mon langage peu châtié dans le paragraphe qui suit mais je n’ai pas trouvé d’autre façon de décrire cette fameuse Mère.

Imaginez une vieille pute sur le retour, à la poitrine gonflée et l’épilation intégrale, maquillée comme la gagnante du prix du clone bon marché de la Madonna des eighties lors la foire aux bestiaux de Libramont. Vous imaginez la ? Oui ? Bon et ben c’est encore pire que ça. Je n’ai pu m’empêcher de rire en la voyant entamer sa sarabande pseudo érotique encouragée par une cour d’êtres tous aussi difformes et ridicules s’adonnant à ce qui semble de loin être une quelconque tentative orgiaque. Alors que le fond semble atteint, Argento en rajoute une couche en nous servant sur un plateau d’argent le climax le plus incroyablement faible de toute sa filmographie. Quinze minute d’Asia Argento, guidée par l’esprit de sa mère défunte (effets spéciaux 3D Playstation style) hante des couloirs, des escaliers et des catacombes en minaudant comme pas possible avant d’enfin affronter la terrible Mater Lachrymarum, censée déchaîner les flammes de l’Enfer sur Terre (je le rappelle au passage). Et bien, cette brave Asia en viendra à bout en une petite vingtaine de secondes mais je vous laisse la surprise de découvrir de quelle façon.

Comment Argento, l’homme de Suspiria, de Inferno, de Ténèbres, des Frissons de l’Angoisse a-t-il pu en arriver là ? Je ne me l’explique toujours pas. Aucune trace de la maîtrise formelle d’antan, de la folie créatrice du maître. Dario savait, comme personne, évoluer sur le fil du rasoir séparant le génie du ridicule. Lorsqu’il basculait d’un coté, c’était à tous les coups celui du génie. Maintenant il se casse la gueule plus souvent qu’à son tour et toujours du même coté. Pas besoin de vous précisez lequel…


Critique de Mother of tears - La pire des Mères(de)
Par : Samuel Tubez

Après une longue période jonchée de médiocrités (Le Fantôme de l’opéra, Le sang des innocents, The Card player,…), Dario Argento reprend un peu du poil de la bête en passant par la case Masters of Horror pour lesquels il livre un bien joli Jenifer ainsi qu’un croustillant (à défaut d’être totalement convaincant) Pelts. Ce regain d’énergie le détermine alors à enfin boucler son cycle sur les trois mères, entamé avec les chefs d’œuvre que sont Suspiria et Inferno. Au vu du résultat, deux questions se posent : « Cela était-il vraiment nécessaire après tout ce temps ? » et « Pourquoi tant de haine ? »

À Rome, Sarah, une jeune étudiante en art venue des État-Unis, a malencontreusement ouvert une urne ancienne et a relâché les pouvoirs démoniaques d’une ancienne sorcière très puissante (quelle conne cette Sarah, alors !). Une épidémie de suicides va alors se propager dans la ville et des sorcières vont venir des quatre coins du monde rendre un hommage à celle qu’on surnomme la mère des larmes (elles va en faire pleurer plus d’un, ça c’est sûr !). Sarah va devoir utiliser des pouvoirs psychiques hérités de sa propre mère pour l’arrêter.

Bon ben, comme mon collègue ci-dessus, je ne vais pas passer par quatre chemins : Mother of tears est une abomination. Aucune crédibilité ni aucun relief n’émane de ce film piètrement interprété, mis en scène et éclairé. On n’appelle plus ça un nanard, mais une désolation. Argento est au bout du rouleau et ne semble plus y croire. Ou bien il n’en a plus rien à foutre. L’histoire, sans intérêt, est censée nous montrer l’influence et les méfaits de la plus cruelle des trois Mères, celle des pleurs, des larmes et des chialeurs : Mater Lachrymarum. A l’image, cela se traduit par une gonzesse à forte poitrine maquillée comme une rock star des 80’s qui se ballade quasi tout le temps à poil. C’est vraiment la sorcière la plus puissante et effrayante de toutes, y a pas à dire ! Ses suppôts assurent tout autant en provoquant un véritable chaos dans une ville de Rome où de jeunes sorcières au look ravageur tirent la langue aux passants et où des démons éviscèrent leurs victimes dans des scènes gores ridiculement provocantes. Heureusement, Sarah (Asia Argento, complètement ahurie), est guidée par l’esprit de sa propre môman (un effet spécial fantomatique tout pourri), interprétée par Daria Nicolodi (la mère d’Asia Argento dans la vraie vie), qui lui insuffle des pouvoirs surnaturels lui permettant d’anéantir la Mère des chochottes en deux coups de cuillère à pot.

Mother of tears est donc bel et bien ce que l’on craignait : il s’agit du dernier fiasco de celui que l’on surnommait jadis le maître du giallo. Il n’y a rien à sauver dans ce ridicule troisième volet de la trilogie des Mères qu’il vaut mieux éviter à tout prix. Passez-moi un mouchoir, je sens que je vais à nouveau craquer !

P.S. : j’organise des retraites vers Lourdes pour tenter de sauver le cinéaste transalpin ainsi que Giallo, son prochain film. Qui en est ?


Oeuvres liées :

Suspiria (1977)
Inferno (1980)


Commentaires sur le film

Argento lapidé.

3 etoiles

Moi, je l’ai trouvé pas mal ce Mother Of Tears.
Certe il n’égale pas ces deux ainés,Suspiria et Inferno, mais il reste une bonne petite série B bien gore.
Je défend donc le pauvre Argento qui s’est fait descendre par toutes les critiques.

1er octobre 2008 à 18:10 | Par Killg
mother of tears

1 etoiles

Pas essentiel du tout et à des années lumière des deux autres volets, Mother of tears se plante lamentablement. Ou comment Argento ne se bonifie pas avec le temps.

18 octobre 2008 à 10:10 | Par jp22

4 etoiles

Allez, un peu de recul messieurs !
je pense être un die hard fan du mestro, et pourtant je veut défendre le film.
Personne n’a jamais démolit Trauma, qui pour moi est bien pire (sans ame, aucun charme, formaté à l’américaine...)
Ce mother of tears est à l’ancienne, plein de défauts (j’accorde) mais on retrouve des ambiances et des décors propres à Argento
Super musique de Simonetti et Dani Filth
Revoyez le !! en tt cas je trouve que le film gagne en re-vision
L’auriez vous aussi mal jugé si ce n’était pas le dernier volet de la trilogie mythique ?

MTH
dark.world, l’émission radio electro/goth/metal et cinéma B
www.radiodio.org/

25 octobre 2008 à 12:10 | Par mathieu
Décomplexé et divertissant !

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Honorable conclusion de la trilogie des 3 Mères, MOTHER OF TEARS s’éloigne des flamboyances baroques et de l’onirisme qui ont fait le succès de SUSPIRIA et INFERNO pour plonger cette fois-ci la jeune et frêle héroïne (Asia Argento) dans une Rome moderne,décadente et chaotique,soumise à toutes sortes de violences. Là où SUSPIRIA et INFERNO étaient des films plutôt lents,atmosphériques et esthétisants, MOTHER OF TEARS est rapide,cru et brutal ! Si on peut déplorer quelques faiblesses déjà présentes dans les deux précédents opus de la trilogie (effets spéciaux et interprétation parfois inégaux,fin un peu expédiée...),MOTHER OF TEARS n’en reste pas moins un film d’horreur généreux,jouissif,jusqu’au boutiste et qui renvoie directement à l’âge d’or du Fantastique italien (Bava,Fulci,Freda et...Argento) !

12 novembre 2008 à 21:11 | Par Paul
Un Argento honnête quoi

3 etoiles

Ça n’a pas toujours été un peu ça Argento ? Des scénarii, acteurs, dialogues, etc. disons-le plutôt minables voire WTF, mais transcendés par une inventivité, un visuel, une ambiance qui résonnent profondément avec la violence érotique de la psyché humaine ? En tout cas moi j’ai trouvé ça à la fois pourri et excellent, pour une moyenne de bien aimé.

8 avril 2009 à 00:04 | Par Gab
Et pourtant je suis bon public !

0 etoiles

daube Daube !

Il est rare que je finisse un film avec la nausée. Mais je dois avouer que c’est tout ce que m’a inspiré cette bouse. Asia qui hurle de peur devant un singe haut de 10 cm, des sorcières ressemblant à fan de cure dont les principaux méfaits sont de tirer la langue et de bousculer les gens sur leurs passages. Avec un final à la hauteur du reste. Le combat contre la mother qui consiste à lui arracher son pyjama pour le jeter dans le feu. Mother of tears est un film qui fait peur, peur que Dario continu à tourner.

7 février 2010 à 22:02 | Par Balthamos
Pas si mal

4 etoiles

Au vu des critiques je n’ai pas couru apres, et finalement je le trouve honnête ce dernier film. Pas à la hauteur de Suspiria ou Tenebres mais on retrouve quand meme la trace d’Argento. Je trouve les critiques assez violentes venant de fan de sa production précédente ou des fans du Fulci,etc... Personellement j’ai trouvé le singe assez malsain, plutot une bonne idée donc...Les fims du genre sont assez rares en ce moment .

6 août 2011 à 22:08 | Par simpe
Moi j’adore la trilogie

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Je trouve que comparé aux deux autres il y a une accélération. J’aime bien ce coté cru, cette situation infernale. On se demande jusqu’à la fin comment Sarah va réussir à s’en sortir. J’ai acheter le DVD en 2008 au hasard et découvert les 2 premiers volets par la suite. Perso j’adore suspiria et mother of tears. C’est sur inferno que j’ai plus de mal, la première partie est excellente mais la seconde partie est lente et fini en eau de boudin. De plus avec mother of tears on sait enfin pourquoi mater suspiriorum est dans cette état. Moi je trouve votre critique vraiment dur car c’est un de mes films préférés. Mais finalement qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse comme disait Alfred de Musset.

4 avril 2019 à 04:04 | Par justemoi
Moi j’adore la trilogie

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Je trouve que comparé aux deux autres il y a une accélération. J’aime bien ce coté cru, cette situation infernale. On se demande jusqu’à la fin comment Sarah va réussir à s’en sortir. J’ai acheter le DVD en 2008 au hasard et découvert les 2 premiers volets par la suite. Perso j’adore suspiria et mother of tears. C’est sur inferno que j’ai plus de mal, la première partie est excellente mais la seconde partie est lente et fini en eau de boudin. De plus avec mother of tears on sait enfin pourquoi mater suspiriorum est dans cette état. Moi je trouve votre critique vraiment dur car c’est un de mes films préférés. Mais finalement qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse comme disait Alfred de Musset.

4 avril 2019 à 04:04 | Par justemoi

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