Critique de film

pub

Messiah of Evil

"Messiah of Evil"
affiche du film

Arletty se rend à Dune dans l'espoir de retrouver son père, un artiste peintre. Arrivée sur place, elle va découvrir un monde étrange : une épidémie de cannibalisme sévit dans la région. Elle rencontre alors un trio de jeunes gens qui prétendent vouloir retrouver le messie du mal responsable de cette contamination.

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de Messiah of evil - Loué soit le messie
Par : Fred Pizzoferrato

La notion de film culte ayant été galvaudée par un nombre incalculable de sous-produits d’intérêt divers, sans parler des nombreux blockbusters vendus comme tels avant même leur sortie, nous parlerons plutôt de curiosité pour qualifier cet étrange Messiah of evil enfin découvert par le biais du DVD, 40 ans après sa réalisation.

Inspiré par l’univers de Lovecraft et précurseur d’œuvres telles L’antre de la folie ou Réincarnations, Messiah of evil se situe également dans la lignée de l’épouvante poétique et onirique du célèbre Carnival of souls même si l’influence de métrages plus viscéraux comme La nuit des morts-vivants s’avère indéniable lors des rares, mais brutales, scènes d’horreur. Bref, un drôle de mélange concocté par Willard Huyck, lequel acquit ses lettres de noblesses en scénarisant American graffiti de George Lucas et surtout Indiana Jones et le temple maudit. Au niveau de la mise en scène, par contre, Huyck eut moins de chance : après Messiah of evil, il réalisa en 1980 un certain French postcard suivi, en 1984, par Une défense canon avec Eddie Murphy. Sa courte carrière de cinéaste fut brutalement stoppée en 1988 par le bide légendaire de son adaptation de Howard the duck. Bref, un palmarès plutôt négatif qui n’encourage guère à la découverte de Messiah of evil et ce en dépit des avis souvent dithyrambiques des rares privilégiés l’ayant découvert en festival (à Cannes ou à Paris) durant les seventies. Surprise, Messiah of evil se révèle une jolie réussite, exhumée par les défricheurs d’Artus Films pour une édition DVD de toute beauté.

L’intrigue, un peu vague, fait surtout appel au sensoriel et propose un véritable voyage en terres de cauchemars, ponctué de visions angoissantes et de quelques rares mais effectives scènes chocs.
La jeune Californienne Arletty se rend dans une petite ville côtière nommée Point Dune afin de rejoindre son père, Joseph Long, un artiste peintre y vivant en reclus. Les dernières lettres reçues par la demoiselle l’encouragent à retrouver ce paternel apparemment très perturbé mais, une fois arrivée sur place, Arletty découvre la maison déserte.

Le lendemain, la jeune femme débute ses investigations et rencontre une série de personnes bizarres, en particulier Thom, un dandy décadent vêtu de blanc accompagné de ses deux maîtresses, Laura et Toni, venu à Point Dune pour se « nourrir » des légendes circulant sur la petite bourgade. Arletty accueille, plus ou moins volontairement, Thom et ses amies dans la maison familiale, succombant à la séduction de l’étrange personnage. Ignorant toujours le destin de son géniteur, Arletty découvre cependant un journal intime emplit de récits terrifiants…Peu à peu le Mal semble investir Point Dune.

Filmé en 1971, mais sorti seulement 2 ans plus tard aux Etats-Unis, Messiah of evil déroute et fascine en privilégiant le climat angoissant et l’atmosphère d’étrangeté plutôt que l’horreur graphique. La petite localité apparaît pratiquement comme un personnage à part entière, de même que la demeure de l’artiste disparu, aux murs couverts de peintures produisant un effet de malaise chez le spectateur réceptif. Constitué de trompe l’œil et de fresques engendrant un sentiment de décalage ou d’absorption proche des illusions d’optique, la maison (préexistante et prêtée par un artiste, ami de Huyck) semble parfois engloutir les protagonistes qui paraissent alors faire, littéralement, corps avec le décor. Des impressions difficiles à décrire et qu’il vaut sans mieux expérimenter directement en visionnant le métrage !

Le thème du visiteur parti à la recherche d’un parent disparut et découvrant, peu à peu, une horrible vérité au sein d’une petite ville tranquille située au bord de l’océan se révèle évidemment imprégné des écrits de Lovecraft. Le spectateur s’attend presque à voir surgir des flots les Grands Anciens mais Messiah of evil gardera son potentiel mystérieux en refusant de trop en révéler. Sans recourir à la facilité des effets spéciaux, sans doute de toutes façons inaccessibles en termes de budget et de technique, Wilalrd Huyck crée l’angoisse en détaillant de gigantesques fresques inquiétantes et use de filtres colorés, un peu à la manière des ténors italiens de l’horreur, pour renforcer l’atmosphère insolite de la nuit.

Les habitants de la région, eux, hantent les rues de Point Dunes le soir venu, attendent un hypothétique « messie maléfique », se comportent comme des zombies et agressent parfois un quidam de manière brutale, donnant lieu à des scènes chocs surprenantes. Les deux jeunes demoiselles vivant un « ménage à trois » en compagnie du libertin Thom périront ainsi de cruelle manière, l’une dévorée dans un supermarché et l’autre dans un cinéma, deux bâtiments anodins bientôt envahis par les hordes de créatures « mortes vivantes ». Les deux séquences, jumelles dans leur déroulement, n’en sont pas moins fort efficaces, en particuliers celle du cinéma, laquelle voit la pauvre victime cernée par des goules au regard vide, de plus en plus nombreuses, qui finiront par la dévorer voracement. D’autres passages surprennent aussi par leur audace et leur bizarrerie, comme cet albinos prenant en stop une jeune fille avant de manger à belles dents un rat qu’il propose généreusement à sa passagère.

Le casting, pour sa part, comprend tout d’abord Marianna Hill, vue dans L’homme des hautes plaines et Le parrain 2ème partie, dans le rôle de la jeune héroïne Arletty. Un prénom référentiel pour un cinéaste sans doute tout autant influencé par le cinéma européen que par l’horreur américaine. A ses côtés, nous retrouvons Michael Greer incarnant le libertin ambigu entouré de ses deux conquêtes, l’une jouée par la quasi-inconnue Joy Bang (en vedette dans un prometteur Night of the cobra woman philippin) et l’autre par Anitra Ford, vue dans des métrages d’exploitation sympathiques comme The big bird cage et L’invasion des femmes abeilles. Le vétéran Royal Dano (des chefs d’oeuvres du western comme Je suis un aventurier, Johnny Guitar, L’homme de l’ouest mais aussi, en fin de carrière, Ghoulies 2, House 2 ou Killer klowns from outer space) s’octroie le rôle du père disparu et Elisha Cook Jr (Rosemary’s baby, Blacula) joue, lui, le classique alcoolique pas si fou qu’il n’y parait de prime abord. Enfin, citons la courte apparition du futur réalisateur Walter Hill dans les premières minutes du métrage.

Œuvre étrange et souvent fascinante, Messiah of evil s’avère singulièrement original et en marge de la production fantastique traditionnelle. Si tous ne goûteront pas ce métrage particulier, nul doute que ce voyage singulier mérite que l’on s’y attarde, le film de Willard Huyck étant bien davantage qu’une simple curiosité oubliée et redécouverte.


Commentaires sur le film

Le Messie

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Grosse surprise que ce film d’horreur américain des années 70, une atmosphère effrayante qui aurait pu être crée par carpenter ou argento, plusieurs scènes sont vraiment un régal, des décors et dialogues iréelles ou cauchemardesques, scénario mystérieux et mise en scène parfaite pour le genre

6 janvier 2013 à 01:01 | Par AnarchYgor

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
Ça: Chapitre 2
2019
affiche du film
Cities of Last Things
2018
affiche du film
Impossible Crimes
2019
affiche du film
The Soul Conductor
2018
affiche du film
Stray
2019
affiche du film
Dark, Almost Night
2019
affiche du film
The Dead Center
2018
affiche du film
Ride
2018
affiche du film
Kasane – Beauty and Fate
2018
affiche du film
Superlópez
2018

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage