Critique de film

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Mission to Mars

"Mission to Mars"
affiche du film

2020. La NASA envoie pour la première fois une équipe d'astronautes sur Mars. Mais peu de temps après leur arrivée, ils sont confrontés à un phénomène surnaturel d'une puissance terrifiante et toutes les communications sont coupées. Une deuxième mission est envoyée à leur recherche...

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Trailer - Mission to Mars (2000)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Mission to Mars - Une mission loin de la démission
Par : Damien Taymans

Raillé dès la mise en route du projet, conspué lors de sa présentation au festival de Cannes, Mission to Mars n’a guère déplacé les foules lors de sa sortie en salles. Il faut dire que dès sa genèse, le film a suscité des appréhensions multiples puisque le projet, dans un premier temps confié à Gore Verbinski, atterrit dans les bras de De Palma après le désistement du réalisateur du Cercle. Accusé d’avoir volontairement pillé le métrage de Kubrick (2001, odyssée de l’espace), De Palma dut supporter les sarcasmes des critiques nationales et internationales en raison de la rencontre onirique entre les personnages et une Martienne.

En réalité, les critiques, bourrées de préjugés et influencées par les voix de leurs confrères, ne sont pas parvenues à prendre de la distance avec l’œuvre et sont passées à côté de l’univers onirique du film, aveuglées par les œillères imposées par l’élite bien pensante. Mission to Mars, en plus d’être une œuvre complète d’une qualité étonnante, présente le second avantage de rester dans la continuité des créations de De Palma et constitue en ce sens une innovation cinématographique intéressante. Néanmoins, le métrage ne se borne pas uniquement à s’inscrire dans l’œuvre du réalisateur mais offre un spectacle photographique d’une rare beauté et œuvre pour alimenter positivement le patrimoine cinématographique américain.

La séquence d’ouverture rentre directement dans le vif du sujet et se charge pour le spectateur de décrypter la dimension imaginaire du métrage. Des yeux pétillants d’enfant, De Palma nous projette dans le cosmos étoilé. Traversée géographique autant qu’ontologique, glissement parfait entre le monde imaginaire et le réel, entre le terrestre et le spatial. A l’image de cette fusée enfantine propulsée dans les cieux qui sert de trait d’union entre le projet que poursuivent les personnages et les rêves qu’ils nourrissent depuis leur enfance. Ne vivant que dans l’expectative de cette expédition martienne, tous les personnages se retrouvent à la veille de leur départ pour fêter leur dernier jour sur Terre. Grâce à cette séquence, De Palma brosse les différentes personnalités et les perspectives individuelles quant à ce voyage tant attendu.

Empreints chacun d’une foi inébranlable en cet autre monde, cet inconnu passionnant, les membres de l’équipée participent chacun à ce projet, véritable pèlerinage mystique. C’est dans cette optique que le film de De Palma est particulièrement réussi et cohérent, jusqu’à la scène finale. Le planétarium final et l’arrivée de la Martienne font partie de ce décor mystique et onirique dressé par le réalisateur de Carrie. Rabrouer ce choix reviendrait à critiquer l’ensemble de l’œuvre. Considérer celle-ci comme incohérente avec l’intrigue principale reviendrait à avouer son incompréhension de l’œuvre de De Palma.

Le travail approfondi du réalisateur sur la psychologie des personnages est également un élément constitutif de la perfection du film. Cette dimension est clairement montrée lors de la séquence d’ouverture du barbecue liminaire au départ de l’équipage et lors de nombreuses scènes du métrage. Continuellement, la caméra se fixe sur les regards des personnages remplis d’espoirs, de craintes et de souffrances. La souffrance est omniprésente dans le chef de Jim (Gary Sinise) suite au décès de son épouse. Une souffrance qui frappe l’ensemble de l’équipage, profondément affecté par cette disparition prématurée. Bizarrement, le réalisateur use et abuse de celle-ci mais d’une manière positive. Jim ne se morfond pas sur le décès de son épouse mais transforme plutôt sa tristesse en énergie positive, s’acharnant à poursuivre les rêves inventés par celle-ci. La conduite de cette perspective fait d’ailleurs pleinement partie de la conquête mystique poursuivie par les protagonistes. Une conquête qui nécessite son lot de dévotion et de sacrifices comme celui, magnifique, de Woody (Tim Robbins). Un moment somptueux où le héros offre un sacrifice double puisqu’il se dévoue d’abord pour récupérer Remo dans l’espace et ensuite lorsqu’il s’autodétruit pour ne pas que Terri ne vienne le chercher et prenne ainsi des risques inconsidérés.

La liberté d’action que confère De Palma à chacun de ses attributs est révélatrice de la dimension humaniste que comporte l’œuvre. La preuve criante en est cette danse réalisée en apesanteur par Woody et Terri, offerte par une caméra virevoltante, tourbillonnant au rythme des mouvements des deux personnages. Aucune surcharge dans la mise en scène, juste une introspection totale dans le cœur des hommes mis en scène dans un cadre fabuleux. A l’image du planétarium d’un blanc immaculé, les décors respirent la pureté comme en témoignent le sol de cette planète non encore souillé ou l’espace dans lequel évoluent les acteurs.

Tempérance, fluidité et perfection seront les trois mots d’ordre d’un métrage qui, s’il ne mérite peut-être pas le statut de chef-d’œuvre, reste tout de même digne des plus grands honneurs.

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