Critique de film

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Mothra contre Godzilla

"Mosura tai Gojira"
affiche du film

Deux reporters, Ichiro Sakai et Junko Nakanishi, sont envoyés sur un site industriel dévasté par un violent cyclone. Ils y découvrent une étrange substance. Parallèlement, les pêcheurs de la baie de Yokohama ramènent un Å

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Mothra contre Godzilla - Quatrième round pour le big G
Par : Fred Pizzoferrato

Débutée en 1954 par le sérieux et violemment anti-nucléaire Godzilla, tourné en noir et blanc, la plus longue saga du cinéma japonais se poursuivit dès l’année suivante avec Le retour de Godzilla. Il faudra ensuite attendre 1962 pour voir le lézard atomique revenir sur les écrans via un réjouissant King Kong contre Godzilla réalisé, comme le premier épisode, par Ishiro Honda, lequel rempile en 1964 avec ce très coloré Mothra contre Godzilla. Les grandes lignes de la sage sont à présent tracées et la recette éprouvée resservira pour les films suivants, lesquels multiplieront les monstres et verseront de plus en plus dans l’infantilisme. Quoique destiné manifestement au jeune public, Mothra contre Godzilla reste le dernier métrage à bénéficier d’un véritable sous-texte, vantant les bienfaits de l’écologie et stigmatisant les essais nucléaires. C’est également la dernière fois, avant le remake Godzilla 85 tourné vingt ans plus tard, que le Big G se voit présenté comme une créature dangereuse, détruisant tout sur son passage, et non l’ami des enfants qu’il deviendra à la fin des sixties. Le film réintroduit également le monstre géant Mothra, toujours accompagné de ses deux Petites Fées protectrices vivant sur l’Île Enfant, précédemment rencontrés dans Mothra, tourné par Honda en 1961.

Après une tempête, deux reporters, Ichiro Sakai et Junko Nakanishi, viennent effectuer un reportage dans une zone sinistrée sur laquelle doit prochainement être construit un centre industriel. Non loin de là un gigantesque œuf est découvert par des pêcheurs et rapidement acheté pour devenir la future attraction d’un parc thématique. Mais l’œuf en question appartient au monstre géant Mothra, défenseur de l’Île Enfant et les Petites Fées viennent le réclamer. Cependant, de nombreux hommes d’affaires souhaitent utiliser la découverte à leur seul profit et chacun reste sourd aux supplications des Petites Fées. Peu après, les travaux sur le site industriel précité réveillent un autre monstre, le terrible Godzilla, lequel commence à marcher sur le Japon en détruisant tout ce qu’il rencontre à l’aide de son feu nucléaire. Quoiqu’ayant pratiquement atteint le terme de son existence, Mothra accepte finalement d’aider les Japonais à repousser Godzilla. Mais pourra-t’elle y parvenir ?

Mothra contre Godzilla est souvent cité parmi les métrages favoris des fans du lézard géant et il faut avouer que l’ensemble reste divertissant près d’un demi-siècle après son tournage. Contrairement à d’autres productions du même style, le film propulse directement le spectateur au cœur de l’action et l’arrivée de Godzilla survient après seulement une trentaine de minutes. Honda ne s’égare donc pas trop dans les sous-intrigues inutiles consacrées aux humains (quoique celles-ci soient nombreuses et relativement complexes) et privilégie les affrontements titanesques entre les différents kaizu. Les effets spéciaux, bien sûr, sont indéniablement dépassés et d’une qualité très variables mais les combats sont filmés avec une énergie réjouissante. Les vigoureux duels de monstres caoutchouteux gardent intact leur charme suranné tandis que les scènes de foule, les paniques massives et les vaines tentatives de l’armée d’arrêter Godzilla donnent lieu à des séquences sympathiques et divertissantes. L’utilisation de l’électricité, par exemple, permet quelques effets lumineux très typés sixties mais plutôt agréables à l’œil. Les missiles et autres obus tirés par des chars sont, eux, complètement inefficaces contre le Big G mais donnent également lieu à des séquences explosives plutôt bien menées.

Même si Mothra contre Godzilla n’évite pas toujours le comique involontaire ou le ridicule, le métrage se veut sérieux et assène sans beaucoup de subtilité mais avec une certaine conviction l’un ou l’autre avertissement écologiques et antiatomiques. Les personnages humains, pour leur part, sont très caricaturaux et dans l’ensemble plutôt antipathiques. Les hommes politiques et les journalistes, par exemple, en prennent souvent pour leur grade, dans une volonté humoristique pas vraiment maîtrisée mais toutefois réjouissante.
Les Petites Fées de l’Île Enfant ont droit, elles, à une poignée de scènes très naïves, impression accentuée par un doublage plutôt pénibles, et nous offrent (ou infligent, selon les sensibilités de chacun) une poignée de chansons en l’honneur de Mothra. Lequel possède un look très particuliers mais plutôt charmant et original.

Dans la masse des kaizu eiga des sixties, Mothra contre Godzilla garde bonne figure. Le rythme soutenu, imposé par une durée réduite à moins d’une heure et demie, compense la mise en scène souvent purement illustrative et la pauvreté des passages dans lesquels n’interviennent pas les monstres géants. Sans être le meilleur « Godzilla » ce quatrième épisode se situe en définitive dans une honnête moyenne et saura satisfaire les amateurs du genre. En raison de sa place de choix dans le cœur des amateurs du Big G il sera d’ailleurs « remaké » trente ans plus tard avec davantage de budget et moins de naïveté.

Archétype d’une formule ensuite réutilisé jusqu’à plus soif (et qui peut se résumer par « Godzilla contre…tout ce que vous pouvez imaginer »), Mothra contre Godzilla constitue en résumé un divertissement amusant et un bon témoignage du style « kaizu eiga » naïf et coloré des années soixante.


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