Critique de film

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Motorway

"Che sau"
affiche du film

Un fugitif connu pour ses qualités de pilote de voitures met au défi un flic appartenant à une unité de police secrète.

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Trailer - Motorway (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Motorway - Salon de l’auto
Par : Seb Lecocq

Il y a quinze ans, le cinéma hollywoodien, quand il n’en débauchait pas les plus grands talents, pompait sans vergogne le cinéma hongkongais. Dans n’importe quel film d’action lambda surgissaient sans crier gare des gunfights homériques et n’importe quel héros américain se mettait à maitriser les arts martiaux mieux qu’on moine shaolin. C’était la consécration. La reconnaissance internationale de la qualité d’un cinéma tourné vers l’action et le mouvement. On peut appeler ça L’Age d’Or. Aujourd’hui, les choses ont malheureusement changé du tout au tout. La rétrocession de la colonie à la Mère Patrie Chinoise est passée par là. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, c’est l’inverse qui se produit. Exsangue, à bout de souffle, sans inspiration, l’industrie hongkongaise pille le cinéma américain. On avait eu l’immonde Storm Warriors, infâme variation sur le 300 de Zack Snyder. Rien d’étonnant à voir le nom de Danny Pang associée à cette horreur filmique ; ce qui l’est plus, c’est de voir Soi Cheang (Dog Bite Dog, Love Battlefield, Accident) se compromettre de la même manière avec Motorway. Au final, le film s’avère à peine plaisant, franchement anecdotique et parfois irritant dans sa façon de singer sans vergogne le Drive de Nicolas Winding Refn. En effet, le film de Soi Cheang n’est qu’une pâle resucée de Drive, lui empruntant chaque gimmick pour le transposer dans l’univers de la Milky Way, à savoir Hong-Kong la nuit. L’association Soi Cheang-Milky Way, le film est produit par Johnnie To, est dès le départ bancale tant leurs styles respectifs n’ont pas grand-chose en commun. D’un côté, la rage et le chaos, de l’autre la stylisation à outrance et le ludisme érigé en art de filmer. L’association avait pourtant très bien fonctionné sur Accident mais avorte ici tant on comprend d’entrée de jeu que la firme de Johnnie To aura vite fait de vampiriser le projet pour transformer Motorways en un pur produit Milky Way, gommant au passage toute la spécificité du cinéma de Cheang.

Techniquement, le film est irréprochable : la mise en scène est propre, stylisée, pile poil dans l’aspiration du film de Refn. Soi Cheang a parfaitement enfilé le costume du Danois et s’y sent à l’aise. Manque cependant la rage, la vie, l’urgence, le trop plein d’émotions à fleur de peau qui caractérise habituellement son style. Au lieu de ça, on se cale sous la rétine un produit habillement marketté pour correspondre à tous les codes de la firme de To. Esthétisme exacerbé, ambiance nocturne glacée, ludisme et scénario prétexte. Rien de bien neuf sous le soleil Milky Way qui finit par s’auto-parodier et tourner sévèrement en rond. Outre cette influence bien trop prégnante pour être honnête, l’autre problème majeur tient au fait qu’on finit vite par s’emmerder grave devant cette démonstration technique. Jamais on ne ressent un début d’impression de vitesse et de danger que constituent ces rodéos urbains. Cheang échoue aussi à retranscrire correctement le fétichisme de la mécanique, alignant de belles voitures qui passeraient pourtant presque pour des Twingo ou des Micra. Côté personnages, il en va de même, le réalisateur ne s’en préoccupe pas vraiment et les a laissés à l’état d’ébauche. Pas d’implication de la part du spectateur, pas d’émotions ni de ressenti. Pourtant, son casting a de la gueule et aligne des noms tels que Shawn Yue, Barbie Hsu, Anthony Wong ou encore Josie Ho, pas les premiers venus donc mais qui donnent eux aussi l’impression de tourner dans une pub pour le salon de l’auto.

Esthétiquement et rythmiquement, le métrage marche sur les plates-bandes de Drive en copiant ses principaux partis pris et il en va donc de même pour la caractérisation des personnages. Sauf qu’ici la ravissante Barbie Hsu n’est pas assez présente à l’écran que pour vraiment susciter intérêt et empathie pour l’histoire d’amour naissante qu’elle entretient avec Shawn Yue. C’est dommage car elle avait de l’allure au volant de sa voiture. Je lui passerais bien un petit de coup de polish personnellement. Je parle bien évidemment de la carrosserie.


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