Critique de film

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Mr. Nobody

"Mr. Nobody"
affiche du film

2092, Nemo Nobody a 120 ans. Il est le doyen et le dernier mortel dâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Mr Nobody - Décomplexer la complexité
Par : Damien Taymans

Trois êtres, un train, deux possibilités. Placé au centre d’une équation à deux inconnues, le jeune Nemo Nobody ne peut se résigner à la résoudre. Rester avec son père ou embarquer avec sa mère. Chaque option implique une douloureuse déchirure et débouche sur une impasse qui empêche le retour en arrière. En se retenant d’opérer le moindre choix, Nemo conserve une infinité de possibilités et peut, à son gré, sillonner les différentes vies qui s’offrent à lui.

Au lendemain du Huitième jour qui remporte un double prix de la Meilleure interprétation masculine au festival de Cannes en 1996, le cinéaste belge Jaco van Dormael s’attèle à un nouveau projet cinématographique. Il reprend une idée déjà exploitée dans son court métrage E pericoloso sporgersi douze ans auparavant, où deux avenirs différents étaient proposés au héros, et entreprend de tisser une nouvelle toile en prenant appui sur ce postulat. Pris de court par les sorties successives de Pile et Face (Peter Howitt) et de Cours Lola cours (Tom Tykwer) qui explorent une voie similaire, Van Dormael abandonne l’idée de conter une histoire binaire et s’intéresse plutôt à une multiplicité de trajectoires de vie pour son personnage principal.

Comme point de départ, le réalisateur prend une situation très proche de celle abordée dès l’ébauche du scénario : un quai de gare, un train qui s’apprête à démarrer, une décision à prendre dans l’immédiat qui entraîne des conséquences diverses. La victime de ce choix cornélien est ici un enfant (à l’instar du fils du chef de gare, héros du court originel), Nemo Nobody, qui doit opérer un choix des plus délicat : rester avec son père en Angleterre ou partir avec sa mère à l’étranger. Incapable de se décider, Nemo se construit plusieurs vies, réelles ou fantasmées, à travers lesquelles il se marie avec trois femmes différentes, Jeanne, Elise et Anna. La narration fonctionne en arborescence, chaque action entraînant une nouvelle, chaque choix déclenchant des conséquences en cascades suivant le principe de l’effet papillon. En découle une existence multiple, complexe et forcément lacunaire que conte Nemo Nobody qui, à l’âge de 117 ans, est devenu le dernier représentant mortel d’une humanité passée à l’immortalité par le biais de la télomérisation qui désire assouvir sa curiosité en découvrant cette fascinante époque où les hommes mouraient. Menées conjointement, chacune de ses vies se décompose au rythme des réminiscences du doyen de l’humanité qui navigue de souvenirs en souvenirs et brouille les pistes en déambulant d’une époque et d’un lieu à l’autre.

Transporté de l’Angleterre de 1970 à la planète Mars du 21ème siècle devenue un haut lieu touristique, le spectateur ne peut que s’extasier devant cette vertigineuse odyssée humaine.


Critique de Mr Nobody - Une démonstration qui tourne à vide
Par : Gilles Penso

Jaco Van Dormael avait créé un petit événement avec Le Huitième Jour en 1996, récipiendaire d’un double prix d’interprétation à Cannes pour Daniel Auteuil et Pascal Duquenne. Depuis, le réalisateur belge s’est consacré à l’enseignement de son art tout en s’attelant à l’écriture d’un projet extrêmement ambitieux qui, treize ans plus tard, allait devenir Mr Nobody. Les chiffres du film laissent songeur : sept ans de gestation, trente-trois millions d’euros de budget, six mois de tournage entre la Belgique, le Canada et l’Allemagne. Fidèle à Van Dormael depuis son premier film Toto le Héros, le producteur Philippe Godeau, confiant, laisse la bride sur le cou de son « poulain » et lui donne les moyens de ses vastes ambitions.

L’histoire de Mr Nobody est celle d’un petit garçon prénommé Nemo (en hommage à Jules Verne, Winsor Mc Cay ou Pixar, on ne saurait dire). Ses parents (Rhys Ifans et Natasha Little) s’aiment, mais la romance s’étiole et tourne au vinaigre, jusqu’à l’inévitable séparation. C’est là que survient l’instant crucial. Dans une gare, Nemo est condamné à un choix impossible : doit-il rester sur le quai avec son père ou prendre le train avec sa mère ? Une multitude de vies possibles vont découler de ce choix, toutes plus dissemblables les unes que les autres. « C’est un film sur le doute, mais je peux me tromper », résume le réalisateur sous forme de boutade. Ainsi, à la manière des exercices de style auxquels se prêtait volontiers Alain Resnais dans ses œuvres les plus expérimentales, Jaco Van Dormael s’interroge sur la destinée, sur les univers parallèles et, à l’extrême, sur son propre métier de raconteur d’histoire, depuis les balbutiements du scénario jusqu’aux peaufinages du montage.

Mais le cinéaste ne se contente pas d’appréhender son sujet sous un angle purement intellectuel. Sans complexes, il en aborde les aspects les plus science-fictionnels, nous offrant des visions généreuses de voyages spatiaux et de mondes futuristes, sous influence visiblement kubrickienne. C’est l’un des gros atouts du film. L’autre est son excellent casting. Adulte, nemo prend les traits de Jared Leto (Lord of War), tandis que les trois femmes de sa vie sont respectivement campées par Diane Kruger (Inglorious Basterds), Sarah Polley (L’Armée des Morts) et Linh-Dan Pham (Dante 01). Père ordinaire de trois enfants dans une vie, homme richissime et lassé dans une autre, sans-abri transi d’amour dans une troisième, centenaire en l’an de grâce 2092, Nemo vit donc plusieurs existences concomitantes. Laquelle est vraie ? Ne sont-elles pas toutes fantasmées ?

Ces questions demeurent bien entendu sans réponse et le thème demeure passionnant. Mais au fil de son intrigue à tiroirs, étalée sur deux heures vingt de métrage, Mr Nobody finit par tourner un peu à vide. Jaco Van Dormael devient trop démonstratif, piétine un peu, et fixe les limites de son concept. Une vraie progression dramatique, des révélations en cours de récit et une chute digne de ce nom auraient dû s’immiscer dans le film. Or en l’état, Mr Nobody ne se hisse pas au-delà du statut d’exercice de style, sans doute passionnant en terme d’écriture et de montage, mais quelque peu frustrant pour un spectateur un peu abandonné en cours de route.

Pour découvrir les critiques d’Herbert West, cliquez ici


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