Critique de film

pub

Mum and Dad

"Mum and Dad"
affiche du film

Lena atterrit bien malgré elle chez Papa et Maman, deux êtres machiavéliques qui se reconstruisent une famille en séquestrant de jeunes adultes...

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique Mum and Dad - Les parents terribles
Par : Damien Taymans

Nettoyeuse dans l’aéroport londonien d’Heathrow, Lena se lie d’amitié avec Birdie. Un soir qu’elle rate son dernier bus, elle accepte volontiers l’invitation de sa nouvelle copine et se résout à admirer l’intérieur de la maison de Maman et Papa. A mille lieues des modèles parentaux qu’a pu imaginer Lena, Maman et Papa sont deux êtres pas très nets qui s’ingénient à construire une famille à l’aide des jeunes adultes qu’ils parviennent à attirer dans leurs filets.

Après une période de vache maigre qui le contraint à pointer au chômage, Steven Sheil, honnête citoyen britannique, décroche un stage au centre Intermedia de Nottingham qui lui permet de concevoir des projets filmiques, fortement enracinés dans le genre horrifique qui constitue l’un des pôles privilégiés du réalisateur en devenir. Après création d’un court métrage intitulé Cry (qui gagne quelques galons sur la Toile et en festivals), Sheil s’attèle à l’écriture d’un long métrage qu’il imagine dans la lignée d’un Massacre à la tronçonneuse. Conscient du peu de moyens dont il dispose (le budget total avoisine les 100 000 livres sterling), le cinéaste opte de nouveau pour un espace restreint. Sis dans une maison étriquée à l’agencement saugrenu, le récit délaisse les effets sanguinolents outranciers au profit d’un huis-clos claustrophobique, l’essentiel de l’histoire se déroulant entre ces quatre murs défraîchis desquels suinte une atmosphère délétère.

Un lieu unique resserré et poisseux qu’encombre une famille rapiécée par Mum and Dad au gré de leurs chasses au gibier infantile. Une mère excentrique qui domine son troupeau d’enfants, un père rondouillard qui se masturbe dans les tripes, une fille délatrice et manipulatrice et un fils autiste constituent ce noyau dur qui a troqué amour et protection contre sadisme et perversité. Pour dicter leurs lois, Mum and Dad séquestrent les jeunes adultes qu’ils réussissent à attirer dans leurs griffes afin d’en faire autant leurs domestiques que leurs enfants. Sheil transgresse la bienséance et livre sa propre vision terrifiante sur un des sujets les plus sensibles en Angleterre, nation qui vit naître sur le petit écran un concept tel que celui de Super Nanny, cette gouvernante revancharde qui hurle sur les bambins des autres en toute impunité. En l’occurrence, éducation et savoir-vivre sont passés au crible de Sheil qui mouline avidement le politiquement correct et marine l’ensemble dans une atmosphère putride conférant au film une aura irrévérencieuse particulièrement cinglante.

Mum and Dad, malgré son exploration de terres mille fois défrichées, parvient à renouer avec le style du cinéma indie de la belle époque et instaure, avec une économie de moyens non négligeable, un climax dense qui ne laisse jamais place au second degré. Glauque et subversive, la pellicule dépasse son statut d’exploit budgétaire et se pose comme une bombe à retardement particulièrement dévastatrice.


Critique de Mum & Dad - Une famille en or
Par : Quentin Meignant

Lena, une technicienne de surface émérite de l’aéroport d’Heathrow, vient de rater le dernier bus la ramenant chez elle. C’est alors que Birdie, une de ses collègues et amies, lui propose de dormir chez elle. Ce que Lena ne sait pas, c’est que les parents de Birdie sont un brin fêlés et qu’elle va se retrouver prise au piège d’une famille vraiment pas comme les autres. Méliès d’argent au Festival de Leeds, Mum & Dad brille par un pitch se rapprochant assez bien du mythique Massacre à la tronçonneuse, œuvre dont Steven Sheil, le réalisateur, est littéralement tombé amoureux voici déjà fort longtemps. Rêvant d’en adapter le contenu, le cinéaste anglais doit néanmoins faire quelques concessions, car, avec un budget de 100.000 dollars seulement, il se voit obligé de conférer au métrage une unité de lieu fort économe.

Cette économie se ressent d’ailleurs dès les premiers instants du film qui amène très vite l’ensemble vers une ambiance de huis-clos. Après une séquence extérieure aux plans inventifs mais d’une durée risible, Mum & Dad voit son action de limiter dans le simple cadre d’une maison de banlieue, véritable endroit lugubre et désuet. Les particularités de ce décor instillent directement à l’œuvre un caractère claustrophobique et hyper réaliste. Poisseux, le film se lance alors dans la présentation d’une famille vraiment pas comme les autres, dont les enfants ont été enlevés et dont le père de famille est un malade mental omnipotent.

Dès lors, si Mum & Dad ne brille pas toujours par un rythme exemplaire, la découverte de personnages hauts en couleurs confère à l’œuvre une originalité exquise. A ce titre, la prestation de Perry Benson, qui incarne à merveille le père de famille, suffit à elle seule à rendre l’ensemble attrayant, tandis qu’une aventure il est vrai assez convenue se déroule sans trop de péripéties. Bien entendu, certains éléments choquent, l’enlèvement rappelant notamment des événements hélas bien réels de notre société contemporaine, mais l’évolution de l’action à l’intérieur de la maison demeure un brin décevante, le final étant fortement prévisible. De plus, Sheil préfère suivre de bout en bout les pérégrinations de Lena au lieu de s’attarder aux personnages sévèrement perturbés que sont Père et Mère. Ceux-ci auraient en effet mérité meilleur traitement et le métrage en aurait sans doute profité, se profilant peut-être encore un peu plus comme un hommage à Massacre à la tronçonneuse.

Même si l’ensemble reste quelque peu prévisible et demeure dans l’incapacité de créer une véritable mythologie attachante, Mum & Dad fait partie de ces petites productions réussies, évitant d’ailleurs le piège du simple torture porn. Grâce à un bricolage de tous les instants, Sheil a su tirer énormément d’un budget minuscule et offre un film agréable aux acteurs particulièrement convaincants.


Critique de Mum and Dad - La fête à la maison
Par : Ursula Von Trash

Réalisé avec 100000£, produit par la BBC, Mum & Dad se présente comme le film provoc’ par excellence. Au menu : des parents dégénérés, leur deux enfants adoptés (entre manipulation pour la fille Birdie, et mutisme pour le fils Helbie) et une victime, Lena, jeune gamine un peu paumée.

Heathrow, aéroport londonien qui convoie des millions de passagers, se révèle aussi un microcosme où travaillent des êtres en déshérence. Parmi ces forçats invisibles, Lena, toute jeune recrue dévolue aux corvées de chiottes, rencontre Birdie. Elles ont à peine vingt ans, partagent la même misère sociale et sympathisent. L’invitation au domicile familial de Birdie ne tarde pas et à son arrivée dans une baraque sordide jouxtant les pistes d’atterrissage, Lena est assommée. A son réveil, elle découvre effarée, la monstrueuse vérité. Le père ventripotent torture des gamines, rictus aux lèvres, la mère scarifie leur chair tandis que la progéniture se délecte du spectacle. Peu d’échappatoire pour Lena, enchaînée à son lit : subir les exactions pour intégrer la cellule familiale ou se rebeller et finir dépecée.

Rien de très révolutionnaire dans le script mais à l’image, Mum & Dad sort des sentiers battus. Le film pose d’emblée un choix pertinent. Les victimes subissent des injections qui leur paralysent les cordes vocales. Ainsi, pas de cris de douleur, de gémissements. Les sévices infligés ne résonnent que dans le crâne du spectateur mais le cocon douillet et ouaté de la maison familiale reste résolument silencieux. Pas de scène de torture éprouvante non plus. Tout se déroule en contre champ, à notre imagination de faire le boulot.

Seule l’ambiance de la demeure lève le voile sur l’horreur quotidienne. Maison délabrée, murs jaunis et défraîchis, tout semble insalubre, répugnant, de mauvais goût. La cuisine, pièce de vie familiale par excellence, rend nauséeux. On y déjeune en matant du porno de seconde zone, on y prépare des repas à tendance anthropophages, on y assiste à des scènes de ménage sanglantes. Les rapports entre tout ce petit monde ressemblent a priori aux liens familiaux classiques. La fille qui cherche à se faire aimer de sa mère, la concurrence affective qui s’instaure avec la nouvelle venue, les corvées domestiques des enfants, mais tout est décalé. Il faut sortir les poubelles (remplies de restes humains), être affectueux envers ses parents (les tripoter), être obéissant (se faire torturer sans broncher)…

Le point d’orgue est atteint lorsque Birdie, un matin, s’exclame joyeuse « C’est Noël ! ». Là, fi des us et coutumes lambda. Le Christ n’est plus sur sa croix, mais, à sa place, un jeune homme est « épinglé » au mur, martyrisé et sanguinolent (son pénis cloué au pilori), on s’offre des coutelas à faire pâlir Rambo, et cerise sur le gâteau, c’est l’heure du sacrifice de Lena, brebis innocente condamnée à racheter les péchés de cette engeance maléfique.

Baroque et malsain dans son esthétique, déviant et subversif dans son scénario, Mum & Dad pervertit les codes de la famille. Entre inceste, maltraitance, amoralité, les protagonistes revisitent l’imagerie des contes (pater familias en ogre dévorateur, belle-mère ivre de pouvoir et de méchanceté, fille jalouse et vindicative) assortie d’un traitement soap. Peu d’hémoglobine et de grands effets, le réalisme et la crudité du film suffit à en faire un horror movie de très bonne tenue. « Famille, je vous haïs » telle est la morale de ce conte sauvage.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



News associées (2)

février 2009
Pochette DVD pour Mum & Dad
14/02/2009
juin 2008
Mum & Dad
21/06/2008

Récentes critiques

affiche du film
Halloween
2018
affiche du film
The Night Comes for Us
2018
affiche du film
The Predator
2018
affiche du film
La Nonne
2018
affiche du film
L'Homme qui tua Don Quichotte
2018
affiche du film
The Inhabitant
2017
affiche du film
Cutterhead
2018
affiche du film
Freehold
2017
affiche du film
Hérédité
2018
affiche du film
Return to Return to Nuke 'Em High Aka Vol. 2
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage