AVANT-PREMIERE

NETTE FLIPPE - Errementari

Un film farpait

S’il est un avantage qu’il faut laisser au distributeur Netflix, c’est que la plateforme a le chic de présenter des œuvres inouïes qu’il serait difficile de découvrir ailleurs que dans les travées des festoches de genre. Ainsi en était-il pour Terrified, découvert au BIFFF 2018 et de ce Errementari qui a connu une fortune identique en s’invitant timidement dans l’une des salles du Bozar.

Il faut avouer que, sur papier, ce premier film de genre issu du Pays basque comporte tous les artifices du zédard de cambrousse distillé par des fantasticophiles excités à l’idée de porter à l’image une tradition locale, juste pour se faire mousser le béret. Et l’ajout du nom d’Alex de la Iglesia à la production ne tempérait que relativement les craintes au vu des dernières réalisations de l’Ibère, quelque peu en panne d’inspiration (My big night, El bar).

C’était aller un peu vite en besogne tant cette rencontre entre un forgeron et le diable s’avère au final une aventure épique. Avant d’arriver à cet inénarrable morceau de bravoure, Paul Urkijo Alijo installe efficacement son tableau, dressant avec habileté cette foire aux monstres et aux dégénérés engoncés dans leurs croyances et leurs misères personnelles. Le forgeron est présenté comme un monstre titillant le Diable et auquel on prête mille et un crimes, la petite Usue est une bâtarde un peu trop franche du collier, le prêtre n’a rien de bien chrétien sous ses frusques et les dizaines de villageois rivalisent de bêtise et de crasse, s’agenouillant à qui-mieux-mieux sitôt qu’un employé du ministère débarque dans leur patelin de bouseux.

Toutes ces trognes font leur office tandis qu’insidieusement, Alijo et son co-scénariste Guerricaechevarría, huilent le chariot du diable dans lequel vont se trouver piéger spectateurs et personnages, les menant vers un final absolument dantesque. Il n’est pas étonnant que sieur Iglesia ait accepté de prêter son nom à ce projet tant ce dernier ressemble de manière criante à ses premières amours, celles des monstres déformés (Action mutante) et des fables à base de Malin (Le Jour de la bête).

Tout est contenu dans ce premier long-métrage quasiment farpait qui est reparti bredouille du festival de Bruxelles mais est reparti avec la statuette la plus prestigieuse à San Sebastian.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
Ça: Chapitre 2
2019
affiche du film
Cities of Last Things
2018
affiche du film
Impossible Crimes
2019
affiche du film
The Soul Conductor
2018
affiche du film
Stray
2019
affiche du film
Dark, Almost Night
2019

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage