Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

NIFFF 2012 - Deuxième jour

De la chirurgie et des alcolos irlandais

Comme tout bon festival qui se respecte, le manque d’heures de sommeil doit se faire ressentir dès le premier jour et on peut déjà le lire sur plusieurs visages. Pour moi, cette année sera un peu moins un marathon de films vu que d’autres obligations me retiennent pendant la journée mais le soir, c’est l’occasion rêvée de se déchainer. Il est 18h, j’ai mes deux billets de la soirée en poche et après une bière avec l’équipe d’organisation du NIFFF direction le Temple du Bas pour un enchaînement de comédies noires, les deux en compétition internationale.

On commence par Excision de Richard Bates Jr. On suit la vie de Pauline une ado de 18 ans qui n’est, de loin, pas comme tout le monde. Et oui, elle veut devenir chirurgienne et prend son pied en rêvant d’opérations macabres et sanglantes sur des inconnues. Plus qu’un simple film de rébellion contre les parents et l’église, le réalisateur aborde aussi le thème des problèmes psychologiques de façon intense et troublant, mais ne vous y trompez pas se film ne se veut pas moralisateur. Richard Bates nous livre un film très Pop Art où les fantasmes de Pauline sont aussi dérangeants que magnifiques. Mes premières appréhensions du film, surtout concernant l’actrice principale AnnaLynne McCord connue pour sa prestation dans NIP/TUCK et 90210, sont balayées en quelques minutes. McCord va faire de Pauline une créature dégoutante, fascinante et touchante à la fois. Il faut aussi noter le jeu de Traci Lords dans le rôle de la mère la plus insupportable de la planète qui vous fait tout de suite adorer votre propre famille. C’est sur un ton d’humour et de sarcasme que l’on suit la perte de contrôle entre fantasme et réalité de Pauline qui finira par se prendre vraiment pour un médecin. En gros c’est fun, c’est gore et c’est un bon moment de cinéma, même si l’on ressent que Bates manque de technique et a tendance à faire des scènes un peu bâclées. Mais on regrette surtout la fin trop précipité que l’on emballe en cinq minutes chrono, quand on se serait bien délecté de quelques minutes de plus.

Après une courte pause retour au Temple du Bas pour Grabbers un film anglais de Jon Wright. Wright est un peu le nouveau venu dans la cour des comédies horrifiques anglaises et est bien décidé à se faire une place au soleil avec ce film. L’histoire nous emmène sur la petite île de pécheurs irlandaise d’Erin où un jour débarquent des créatures tentaculaires prêtes à vider les habitants de leur sang. C’est sans compter sur les policiers du coin qui découvrent que les sales bêtes sont allergiques à l’alcool. Pas de chance pour elles, elles sont tombées sur la nation la plus imbibée de la planète. Un film à l’éclate totale qui ne se prend pas au sérieux deux secondes mais qui n’est pas pour autant bâclé. Les acteurs sont superbes les uns autant que les autres, même si petite mention spéciale à Russell Tovey (vu dans Being Human) qui est toujours aussi drôle. Les effets des créatures (même si très peu présentes) sont parfaites, on a presque le regret qu’elles soient justement trop bien réussies et pas assez ridicules mais en compensation on a le droit à des mini-Grabbers assez choux qu’on a envie d’en adopter un. Wright nous offre même un bel hommage avec une scène de bar mythique. Le film trouvera sans nul doute un nombre important de détracteurs qui ne comprennent rien à l’humour « Oh so British » mais ce film va avec le temps entrer dans le cercle des comédies fantastiques anglaises cultes tel que Shaun of the Dead. Un bon moment à ne pas manquer surtout si vous avez envie de picoler un peu.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
The Predator
2018
affiche du film
La Nonne
2018
affiche du film
L'Homme qui tua Don Quichotte
2018
affiche du film
The Inhabitant
2017
affiche du film
Cutterhead
2018
affiche du film
Freehold
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage