Critique de film

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Noé

"Noah"
affiche du film

Adaptation du récit biblique sur le personnage de Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

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Trailer - Noé (2014)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Noé - Humain, trop humain
Par : Seb Lecocq

Tout le monde connaît l’histoire de Noé et du déluge, sans conteste l’un des passages les plus marquants du livre le plus vendu et lu au monde. C’est précisément cet épisode qu’a décidé d’adapter le metteur en scène de Black Swan. Aronofsky a toujours aimé prendre des risques et il le prouve encore une fois avec un projet qui, dès le départ, était destiné à être voué aux gémonies et à susciter le débat pour des raisons tout autres que purement cinématographiques. Il faut dire qu’il n’a pas choisi la facilité dans sa manière d’illustrer cette histoire légendaire, ce qui lui a d’ailleurs valu d’essuyer les plâtres d’une certaine frange de la communauté chrétienne américaine et d’être purement et simplement interdit par trois pays arabes. Mais loin de toutes ces considérations extra-artistiques, le Noé made in Aronofsky est un film insaisissable et tiraillé entre les envies de son auteur et les exigences d’un studio qui veut en faire un gros blockbuster commercial. Noé est ce que l’on appelle communément dans le milieu, un film malade ou un film monstre.

Dès les premières images, on est frappé par les choix esthétiques du cinéaste qui a décidé de situer son film dans un univers beaucoup plus proche du post-apo que du traditionnel film biblique. Fini les sandales et les toges, ici, on exhibe ses muscles et on se fringue comme dans un Mad Max. Un choix étonnant et détonnant qui dépoussière instantanément le mythe. Cette option est audacieuse mais payante car en agissant de la sorte, le réalisateur prend ses distances avec le récit originel et situe son histoire dans un temps et un endroit indéterminés. Son ton naturaliste convient parfaitement au métrage et se marie bien avec les passages plus spectaculaires propres aux gros blockbusters américains. Toutefois, le cinéaste se permet quelques choix douteux, voire carrément à côté de la plaque comme lors des nombreux passages qui nous montrent les anges déchus revenus sur Terre. Étrangement, il échoue à rendre concret toutes les composantes mystiques et mythologiques de son scénario. Dès qu’il quitte le réalisme qui lui est cher, il semble nettement moins à l’aise.
Cinématographiquement, Noé oscille avec la même facilité entre film humaniste et intimiste et gros blockbuster qui dépote. Depuis le temps maintenant, on sait qu’Aronofsky sait composer de très belles images. Le tout étant de plus très lisible et parfaitement cadré, il n’y a pas de débat à avoir sur ce plan tant tout cela est maîtrisé. Par contre, le film pèche par un manque flagrant de spectaculaire et de frissons. Le déluge n’est rien de plus qu’une grosse tempête. Le choix du réalisme qu’il s’est imposé prive l’œuvre de grandes envolées épiques et mythologiques que peuvent posséder les gravures de Gustave Doré, par exemple, dont un simple dessin est plus dantesque que les deux heures quinze de ce Noé. L’impression de châtiment divin n’est jamais présent à l’écran et c’est fort dommageable pour une œuvre de cette ampleur. Cette version totalement désenchantée souffre dans le même temps de sacrées facilités scénaristiques et d’un manque de finesse flagrant dans son écriture, l’impression de voir porté à l’écran un scénario taillé à la hache étant probante.
En plus d’être cousue de grosses ficelles, l’histoire part dans mille directions différentes. Au cours de la même séquence, Aronofsky passe du créationnisme à l’animisme et à l’humanisme pour finir sur un satanisme LaVeyen sans vraiment prendre position pour l’un ou l’autre courant de pensée. Comme si pour n’oublier ou ne choquer personne, il piochait un peu partout pour créer un gros gloubiboulga philosophique. De plus, s’il peut porter à la réflexion, Noé manque cruellement de spiritualité. Bien entendu, on y trouve un vrai parti-pris pro animal mais même ce dernier dépend, en première intention, d’un créationnisme d’origine divine. A ce titre, le film se rapproche, toutes proportions gardées, de L’Exorciste II dans le sens où il tente de parler de trop de choses à la fois : l’amour, la haine, la mort, la vie, les dieux, les hommes, la Nature,…une chatte n’y retrouverait pas ses petits !
La grande réussite de ce Noé est le personnage du héros lui-même. Russel Crowe porte le film sur ses épaules et incarne un personnage d’une grande richesse. Il signe l’une de ses meilleures compositions depuis bien longtemps. Tellement humain, perclus de principes moraux, misanthrope et à la limite de la psychopathie, ce personnage incarne toutes les interrogations que peut susciter une foi aveugle et obstinée. Malgré ses agissements, il suscite de l’empathie et de la compréhension, ce qui n’était pas évident sur le papier. Malheureusement, les autres personnages ne possèdent pas cette force et se contentent souvent d’être là totalement soumis au patriarcat archaïque imposé par Noé. On passera sur le final aussi attendu que raté...

Noé est finalement un film qui possède autant de qualités que de défauts, un film qu’il est difficile de juger tant il semble rapiécé, fait de brics et de brocs, sur le point d’exploser ou d’imploser et surtout tant il ne parvient jamais à suivre une direction précise. Sa force réside dans le personnage de Noé, héros presque christique et sacrificiel dont la condition humaine souffre face à un destin beaucoup plus grand que lui. C’est un homme de principe, d’une grande morale, prêt à tout sacrifier pour accomplir sa tache. Un personnage tellement humain, donc tellement imparfait. A l’image du film tout entier.


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