Critique de film

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Nothing

"Nothing"
affiche du film

Co-locataires et amis d'enfance, Dave et Andrew vivent en marge de la société. Parce qu'ensemble, ils se sentent plus forts face à ce monde qui les rejette et les oppresse, ils partagent une vieille maison coincée entre deux bretelles d'autoroute. Alors que les ennuis s'abattent sur eux, que leur maison, leur seul refuge, doit être détruite, Dave et Andrew se retrouvent soudain projetés dans un autre monde. Sont-ils au paradis ? en enfer ? dans une dimension parallèle ? Toujours est-il que leur nouveau monde ne présente pas que des avantages...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Nothing - Presque tout sur presque rien
Par : Damien Taymans

Sacré Meilleur film à Fantasporto en 2005, Nothing, le troisième long métrage de Vincenzo Natali aura finalement dû attendre quatre ans avant de connaître une sortie sur nos terres en DTV. Réalisé dans la foulée de Cypher, charcuté aux States par les ingrats de Weinstein, le film atteste une nouvelle fois de la propension de l’auteur à accoucher de concepts délirants qui lui permettent, tel un alchimiste, de créer un tout à partir de rien. L’expression est d’autant plus vraie que le métrage est construit sur et autour du néant. Un néant immaculé. Infini. Elastique. Une extension de l’aveuglante lumière qui envahissait l’écran lors du final de Cube ? En réalité pas vraiment, même si les filiations entre les deux œuvres sont nombreuses puisqu’elles traitent toutes deux de l’aliénation de personnages enfermés, contre leur gré, dans des prisons (l’incarcération claustrophobique de Cube est ici substituée par le trop-plein de vide) et qu’elles flirtent, de manière relative, avec le postulat sartrien de L’enfer c’est les autres.

Plus proche de Beckett et de Magritte, Nothing est un film surréaliste, absurde qui accapare tous les non-codes d’un genre sans limites, à l’instar de l’environnement des deux personnages. Car Natali réalise un véritable tour de force en plaçant ses deux nigauds dans le vide et en élargissant continuellement le champ des possibles, permettant ainsi à son argument de court-métrage de tenir la distance sur une heure et demie. Au gré d’expériences extravagantes, que l’auteur tire souvent en longueur (le sol trampoline, notamment), les protagonistes apprennent à appréhender le monde qui les entoure et à le domestiquer complètement, le transformant en une immense aire de jeu sans frontières dont les principes les plus élémentaires (la virginité du décor, l’élasticité du sol) sont constamment réutilisés afin de nourrir les jeux débiles des deux crétins de service.

Sorte de « Dumb and Dumber au pays du rien », le métrage amuse dans un premier temps : l’introduction des nigauds dans leur vie quotidienne, les quiproquos échevelés qui s’ensuivent et en font des parias recherchés par la police, la chasse aux sorcières qui en résulte. De ce chaos naît une cacophonie à la limite du supportable, directement contrebalancée par la tranquillité du néant (vivacité des contrastes, déjà effleurée dans Cube) qui s’offre entièrement aux élucubrations des deux gamins qui y batifolent avant de se cloîtrer finalement dans leur bicoque minable pour assouvir leur carence en émotions vidéoludiques. Des geeks au pays du geek, en somme. Mais l’argument principal, pour intéressant qu’il soit, n’est exploité qu’à l’aune des gamineries de personnages insipides, frappés par une indécrottable scoumoune qu’ils se plaisent à entretenir avec leurs ânonnements lourdingues. Le postulat sartrien finit au bac, de suite remplacé par une espèce de morale chewing-gum pâteuse dont l’apothéose de bêtise sera atteint lors d’un final anatomique pourtant impressionnant.

Après le claustro et le parano, Natali vient de fournir sa version dingo de l’humanité. Une version affligeante dont l’argument central, pourtant jubilatoire sur papier, n’est exploité que pour nourrir les amusements crétins de personnages sans psychologie (la séance de psychanalyse se concentre sur de vagues détails scatologiques) et les distractions esthétiques d’un cinéaste rarement inspiré (le camouflage d’Andrew).

Commentaires sur le film

Nothing is everything

3 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

On peut certes reconnaitre qu’un concept aussi limité ne méritait pas d’être autant étiré. Malgré cela, le film reste très attachant et certaines séquences sont carrément géniales. De plus, parler de rien pendant presque deux heures, c’est une sacré exercice de style, pas vraiment réussit, mais louable.

31 août 2009 à 21:08 | Par Isokilla

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