Critique de film

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Numéro quatre

"I am Number Four"
affiche du film

Les aventures de neufs extraterrestres adolescents qui s’échappent de leur planète juste avant qu’une race belliqueuse ne la détruise. Une fois sur Terre, l’un des extraterrestres, Numéro 4, découvre que ses ennemis ont retrouvé sa trace.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Numéro quatre - Qui sort l’alien du four ?
Par : Wizzdumb

Après un génocide intergalactique, 9 rescapés de la planète Lorien sont envoyés sur terre pour échapper aux Mogadoriens, d’affreux mutants qui souhaitent finir le boulot avant de s’en prendre à la terre. Numéro 4, alias John Smith, est le prochain sur la liste. Va-t-il continuer à fuir ou se sédentariser une bonne fois pour toutes après avoir taillé le bout de gras avec ses assaillants ? Suspense…
Dans le coin gauche, on a un best-seller de fantasy jeunesse écrit par Pittacus Lore (chef des anciens de Lorien et, de facto, pseudonyme pour James Frey et Jobie Hugues) qui a paradé pendant plusieurs semaines en tête des ventes du New York Times.

Dans le coin droit, on a une association lucrative sans but formée par Michael Bay et Dreamworks qui achète les droits du bouquin pour l’adapter au cinéma. L’exécutant sera D.J. Caruso, débauché par Dreamworks à l’époque pour Disturbia (très plaisant) et Eagle Eye (warf warf warf !), et l’adaptation sera confiée entre autres à Alfred Gough et Miles Millar, producteurs auréolés de Hannah Montana : the movie. On tremble déjà…

Et, effectivement, le résultat à l’écran est fidèle au cahier des charges : après une introduction très sombre (je parle de la photo) qui nous fait vivre les dernières minutes de Numéro 3, on se concentre sur John Smith – Numéro 4 -, orphelin d’une autre planète (Superman, sors de cette histoire originale !) chaperonné par Henri, son protecteur. Obligés de déménager régulièrement pour brouiller les pistes, ils se rendent cette fois dans la petite ville de Paradise où John essaie de se fondre dans la masse des collégiens. Mais comme c’est un mutant que Karl Lagerfeld n’aurait pas renié sur papier glacé, il attire les regards et les convoitises (on n’aurait pas déjà vu un vampire ténébreux à l’accent anglais faire ça dans Twilight  ? Edward Cullen, dégage de cette histoire originale !), tape dans l’œil de Sarah, et protège la tête de turc des grandes gueules de l’équipe de foot (on n’aurait pas déjà vu ça dans… Quoi ?! Autant de films !!! Affrétez des bus pour faire dégager tout ce monde de cette histoire originale !!).
Vient alors la révélation : John aurait des pouvoirs magiques, mais il fallait attendre les premiers poils sur les couilles pour qu’ils se manifestent. Il découvre ainsi avec effroi qu’il a des lampes de poche à l’uranium enrichi dans ses mains en plein cours ! (Hé, là-bas, Peter Parker : qu’est-ce que tu as à tisser de rire comme ça ? Dégage de cette histoire originale !) Henri lui apprend – surprise – qu’en les maîtrisant, il sera capable d’affronter les Mogadoriens. D’où entraînement intensif suivi de l’inévitable affrontement mais, chuuut, je ne veux pas vous gâcher la fin de l’histoire…

Voici donc un film que l’on peut qualifier de grosse arnaque : entre deux tranches de SF gavées de CGI, on a droit à un gros steak calibré, façon « Frères Scott à Dawson’s Creek », qui se déroule comme un juke-box visuel destiné à placer le futur top 50 des balades sirupeuses pour ados en émoi. On ne s’encombre pas non plus d’un semblant d’explication qui aurait alourdi le film en clarté (oui c’est antinomique). Pourquoi sont-ils neufs ? Où se trouvait leur planète ? Est-ce qu’ils ressemblent tous à des surfeurs blonds là-haut ? Qu’est-il arrivé aux numéros 1 et 2 ? Qui sont ces foutus Mogadoriens ? En l’absence de réponse à cette dernière question, j’hésite encore entre des habitants de Mogador, ville portuaire du Maroc, et des soiffards habitués du café Le Mogador à Ath.

Alex Pettyfer (Tormented, Beastly), qu’on verra dans le prochain Andrew Niccol, In Time, récite ses dialogues ineptes entre deux footings intensifs, Timothy Olyphant (The Crazies, Scream 2) cachetonne en attendant des bons scripts et Dianna Agron, transfuge de la série Glee, fait sa Juliette rebelle pour l’inévitable love story du film. Cela dit, ils n’y sont pour rien : ils sont mal servis, et ce n’est certainement pas de leur faute si le beagle s’en tire le mieux dans l’histoire.

Passant de The Salton Sea à ce brouet inénarrable, D.J. Caruso est la version hollywoodienne de Faust, vendant son âme et son talent à une super-production balisée et formatée à l’envi. I am Number Four n’est qu’une longue suite de lieux communs, de déjà-vu, de copier-coller qui recycle les grands succès, en espérant pallier le profond ennui narratif par de l’esbroufe visuelle. Et la fin, incroyablement présomptueuse, annonce carrément le début d’une franchise. Comme quoi, on n’a pas fini de nous prendre pour des cons…


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