Festival Offscreen

OFFSCREEN 2011

Dark star de John Carpenter

Projeté dans le cadre du cycle de s-f « Out of Space », Dark Star s’offrait en séance de minuit et copie 35mm, devant un public acquis à la cause.

Réalisé par le maître John Carpenter (Assaut, Halloween, Fog, The Thing, New York 1997, …), alors âgé de 25 ans, sur un scénario co-écrit par Dan O’Bannon (futur géniteur d’Alien, dont il est à l’origine du script, et réalisateur du culte The Return of the Living Dead), Dark Star (1974) était à la base le film de fin d’étude à l’USC (University of Southern California) des deux compères, exploité par la suite dans le réseau professionnel.

D’une durée originale de 45 minutes, le film fut rallongé pour le circuit des salles obscures (jusqu’à la durée « standard » de 83 min.), avec un budget final s’élevant à 60 000 dollars.

Dark Star - L’étoile noire (titre français) nous conte les péripéties de l’équipage du vaisseau éponyme (designé par Ron Cobb, que Dan O’Bannon retrouvera sur Alien - le huitième passager), spécialisé dans la destruction de planètes instables.

Décrit par Big John comme « En attendant Godot dans l’espace », le film nous entraîne doucement par la petite musique des « aventures » de ces astronautes « hippies » (dont Dan O’Bannon, dans le rôle de Pinback) et belle galerie de bras cassés (qui cherchent pendant une bonne partie du film à tuer le temps, vaquant à des activités anodines).

D’une réalisation plutôt simple (« minimaliste »), mais dévoilant des trésors d’ingéniosité, Dark Star laisse augurer de ce qui fera le sel de la suite de la carrière de Carpenter (efficacité « sèche » de la mise en scène, sens de l’espace et de la temporalité, personnages au statut d’outsiders, en marge de la société, … en passant par une BO synthétique entêtante, composée par Big John himself, ici réduite à sa plus simple expression) et ce qui sera la grande œuvre d’une vie pour O’Bannon ; la séquence de poursuite de l’E.T. dans les traverses du vaisseau constituant les prémices d’Alien.

Eclairé par Douglas Knapp (futur chef-op d’Assaut et des séries Star Trek : Voyager & Enterprise), le film s’appuie sur des effets spéciaux fauchés mais au charme certain (tel cet E.T. au look de ballon de plage, doublé par Nick Castle, immortel Michael Myers - The Shape de Halloween, aka La nuit des masques) et de nombreux ressorts comiques (comique de situation et burlesque), figurant une sorte de pastiche du 2001, l’odyssée de l’espace (1968) de Kubrick.
On le décèle à travers les échanges savoureux (voire absurdes) entre l’ordinateur de bord (la jolie voix de Cookie Knapp, originellement assistante de production sur le film) et le système de déclenchement de la bombe (rappelant la prise de conscience de HAL 9000 dans 2001), cet astronaute (Talby) fasciné/hypnotisé par l’immensité du cosmos, ou encore le système du vaisseau s’avérant finalement la source de sa propre annihilation.

Les puristes ne pourront pas non plus s’empêcher de relier la (courte) scène du « petit couteau » (Boiler s’ennuie dans la chambre, joue avec celui-ci et se plante vite la main) à celle mettant en scène Lance Henriksen (Bishop) dans le Aliens (1986) de James Cameron.
Dark Star, en plus de son importance dans le parcours des artistes pré-cités (tout y était en germe), se révèle touchant par son côté « lo-fi » et bricolé. Une sucrerie, qui se doit de fondre dans la bouche de chaque cinéphile qui se respecte.

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