Festival Offscreen

OFFSCREEN 2019 - Domestik

Anatomie du couple

Agacé de servir les leaders de son équipe et de jouer le rôle de domestique dans le peloton, Roman ambitionne de devenir un cycliste de top niveau, capable d’éblouir ses compères et de gravir les marches des podiums. Pour parvenir à ses fins, il prend le train en marche : régime strict, entraînement quotidien, protéines en veux-tu en voilà et, pourquoi pas l’une ou l’autre drogue illégale pour se gonfler la musculature et augmenter ses capacités. De son côté, Charlotte, son épouse, voudrait bien encourager son mari dans son désir de conquêtes sportives, mais elle préférerait qu’il lui remue le pistil un peu plus souvent, spécialement les jours d’ovulation parce que son truc à elle, c’est les moutards. Alors, entre deux tours de vélo d’appart, elle tente de le motiver à protéger ses burnes et à monter autre chose que sa selle...

Pour son premier film, le Tchèque Adam Sedlák part de la cellule minimale, à savoir un couple, et d’une situation simpliste (des aspirations différentes) pour faire naître le malaise conduisant doucement et lentement à l’explosion de ladite cellule menant vers l’horreur. À mesure que les deux êtres plongent un peu plus dans leurs obsessions, ils anéantissent l’autre et s’autodétruisent, aussi bien physiquement que moralement. D’abord anecdotiques (moins de gluten dans la bouffe, un peu plus de séances d’entraînement), les changements déstabilisent le délicat équilibre installé à force de s’additionner : le régime végan porteur pour la grossesse est une hérésie pour les sportifs, la tente à oxygène destinée à booster les performances et hissée sur le pieu, c’est pas glamour. Petit à petit, les relations se détériorent et chacun pousse son idée fixe jusqu’au point de non-retour.

Hélas, Domestik, situé à la lisière entre le drame domestique et l’horreur, ne s’inscrit jamais ni dans l’un ni dans l’autre genre. Avec sa mise en scène épurée, ses cadrages froids et son naturalisme constant, le film de Sedlàk se transforme à la longue en une anatomie du couple sans vrai relief qui recycle à l’envi le même type de scènes jusqu’à un dénouement assez tiède.

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